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Pour des clivages politiques renouvelés: vers des reclassements |
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La différenciation du champ politique entre une droite et une gauche remonte à la Révolution française. Cette distinction est une tradition politique fortement enracinée dans la conscience des Français, leur servant de repère dans les engagements personnels et les débats démocratiques. En effet, dans le langage politique coutumier, ces deux termes désignent deux grands courants de l'opinion publique s'affrontant dans le pays depuis le XIX0 siècle. Cette séparation trouve son origine dans les assemblées parlementaires, que l'on peut diviser en deux parties, l'une siégeant à la droite, l'autre à la gauche du président de séance. I-Le clivage droite-gauche traditionnelLes notions de droite et de gauche sont en réalité bien plus complexes qu'il n'y paraît au premier abord. Evoquer l'existence de camps constitués de manière homogène, à l'image de blocs uniformes, serait erroné. Effectivement, dans un pays comme la France, où la vie politique s'est toujours caractérisée par une extrême diversité en raison de l'emprise vigoureuse des idéologies et des souvenirs historiques, la gauche et la droite ont été dès le début au plus haut degré plurielles. A droite, au gré des événements, les spécialistes ont établi des typologies distinguant droite légitimiste ou traditionnelle, droite orléaniste ou libérale, droite bonapartiste, droite antiparlementaire, droite nationaliste. Dans l'autre camp, les analystes percevaient une gauche libérale, une gauche républicaine, une gauche radicale, une gauche socialiste et une gauche révolutionnaire. Droite et gauche s'apparentent davantage à un kaléidoscope de tendances mouvantes. Cependant, la pente naturelle à un fractionnement de chacun des camps ne doit pas faire oublier que le clivage droite- gauche possède une existence réelle et une validité incontestable. Cette césure reposait sur des éléments structurants du débat politique français. Trois questions fondamentales, centrales, rendaient compte avec un maximum de fidélité de la nature de ce clivage. Les questions institutionnelle, religieuse et sociale fixaient une ligne de séparation nette entre les gauches et les droites. 1-Trois critères canoniquesLa gauche militait pour la forme républicaine du régime et revendiquait avec
ferveur l'héritage idéologique de la philosophie des Lumières et de la Révolution
française. Une hostilité franche et résolue, puis une méfiance plus ou moins contenue
mais tenace, servirent de référence à la droite pour qualifier une République à laquelle
on n'hésitait pas à accoler l'adjectif de gueuse. La gauche endossa précocement le
combat de la laïcité, jugeant l'influence de la religion et de l'Eglise sur la société trop
forte. La fameuse apostrophe de Gambetta "le cléricalisme, voilà l'ennemi !", indique
sans équivoque que la gauche considérait l'emprise du fait religieux comme un obstacle
à la mise en place d'un régime démocratique. L'incompatibilité s'avérait irréductible : la
République serait laïque ou ne serait pas. Bien entendu, la droite s'inscrivait en faux
contre cette vision et ne pouvait concevoir de forme d'organisation socio-politique qui
n'accordât une fonction privilégiée à la religion afin d'en garantir la stabilité. Une école
sans références marquées à Dieu représentait un sacrilège difficilement pardonnable.
Les rapides transformations de la société induites par l'évolution du système productif
caractérisée par le concept de révolution industrielle conduisirent à mettre sur le devant
de la scène la question économico-sociale. La gauche souhaitait ardemment l'intervention de l'Etat dans le champ économique, non seulement au titre d'arbitre ou
de régulateur, mais aussi en tant qu'acteur à part entière. Le rôle de l'Etat consistait
également à jouer un rôle actif dans le domaine des relations sociales en favorisant
l'adoption d'une législation sociale destinée à apporter des améliorations significatives
au sort souvent peu enviable des catégories populaires. Pour la droite, l'Etat devait
limiter ses interventions économiques et sociales et laisser la liberté aux initiatives
individuelles des acteurs ainsi qu'à la loi du marché. En ces domaines qui ne relevaient
pas de sa sphère de compétences particulières, l'Etat devait se faire "minimum". Une
vision conflictuelle de ces antagonismes idéologiques en matière économique et
sociale s'incarnera dans l'analyse marxiste de la lutte des classes. 2-Le dépassement de la question institutionnelleForce est de reconnaître que la question institutionnelle ne représente plus un motif de désaccord fondamental entre les deux camps. Le consensus semble s'être réalisé depuis la fin de la deuxième guerre mondiale quant à la forme républicaine du régime. Deux moments capitaux dans l'Histoire de France ont favorisé cette convergence, à droite comme à gauche, autour de l'idée de République : l'épreuve de la Résistance entre 1940 et 1944, puis la synthèse gaulliste de 1958 à 1962. La défense commune de l'intégrité de la nation et du territoire français contre l'occupant nazi et le régime de Vichy, pourfendeurs de la démocratie et de la république, amena lors de la Libération, la réhabilitation de la République, ce que la charte du Conseil national de la Résistance en date du 15 mars 1944 avait préparé dans l'ombre. Le retour de De Gaulle aux affaires contribua, en fin de compte, malgré la vigueur et le caractère passionnel des débats de l'époque, au règlement de la question institutionnelle. La double adoption par référendum, de la Constitution de la V° République en 1958 et de l'élection au suffrage universel du président de la République en 1962, mit en sourdine les polémiques et les débats en la matière. Le peuple fut sollicité et trancha, désavouant par la même occasion la majorité des partis politiques coalisés dans le cartel des non. La synthèse gaulliste constitua un point d'équilibre acceptable pour tous, à droite comme à gauche de l'échiquier politique, clôturant presque deux siècles de divergences. Depuis 1962, les adversaires intransigeants de la République, qu'ils soient ouvertement déclarés ou qu'ils évoluent de manière larvée (il est nécessaire de ne point sous- estimer la seconde catégorie), en sont réduits à l'état groupusculaire. La question institutionnelle ne représente plus un clivage droite-gauche significatif. La République n'est plus une question institutionnelle majeure pour l'heure. Par contre, le contenu à donner à la République, en somme sa substantifique moelle, pose des questions fondamentales au politique et détermine des oppositions nettement individualisables. Nous aurons l'occasion de revenir sur la nature de cette transformation. 3-L'amenuisement du clivage de la laïcitéDes remarques à peu près similaires peuvent être faites à propos de la question religieuse. Un consensus a émergé concernant la laïcité au cours de la deuxième moitié du XX° siècle : peu nombreuses sont les personnes qui remettent en cause le principe de base d'une République laïque. La société a entériné dans ses pratiques au quotidien la prégnance de cette évolution. De la même manière que pour la question institutionnelle, l'hostilité frontale et résolue à la laïcité relève de minorités groupusculaires plus ou moins teintées de marginalité. Il est à noter, par contre, un renversement a priori surprenant des positions de chacun des deux camps. La droite s'est transformée en gardienne vigilante de la laïcité, parfois par une sorte de crispation en définitive très peu idéologique, car l'adoption de cette posture volontiers intransigeante ne signifie pas nécessairement l'intériorisation sincère des implications concrètes de la laïcité au quotidien. De son côté, la gauche, ou plutôt une certaine gauche, convient-il de préciser, sous couvert de tolérance et d'adaptation à une drôle de modernité, n'hésite pas le moins du monde à faire quelques entorses à ce qui constituait par le passé une valeur intangible et sacro-sainte. Ainsi, il est véritablement significatif de noter que, dans les propos de Dominique Voynet et des Verts, le terme de "laïcard" possède un sens résolument péjoratif, voire même franchement injurieux. Drôle d'invective pour une drôle de gauche ! Là aussi, l'enjeu du débat s'est transformé : aujourd'hui, il s'agit davantage de veiller à ce que la laïcité, unanimement révérée, ne devienne une coquille vide ou une simple caution à un label de républicanité et de démocratie. Elle ne doit pas être vidée de son contenu par des discours d'apparat creux et inconsistants. 4-Un double processus de convergence dans le domaine économique et socialLa question économique et sociale connut un destin plus tourmenté dans le
dernier demi-siècle qui vient de s'écouler. Un double mouvement de convergence se
réalisa. Dans les deux cas, le contexte joue un rôle déterminant dans ces
rapprochements. A l'issue de la grave dépression économique des années 1930 et de
la deuxième guerre mondiale, la nécessité de l'intervention d'un Etat fort et actif se fit
sentir et fut généralement admise par l'ensemble des forces politiques. Les théories
keynésiennes devinrent hégémoniques, supplantant les thèses libérales qui avaient fait
preuve de leur inefficacité devant l'ampleur de la crise économique. Après 1945, l'Etat
fut convié à assumer sa responsabilité en matière économique et sociale, ce à quoi la
doctrine libérale ne le conviait pas en principe. Les mesures adoptées instituèrent l'Etat-
Providence, Welfare State en anglais. Des vagues de nationalisations d'entreprises
évoluant dans des secteurs jugés stratégiques (énergie, transports), la mise sur pied
d'un système de sécurité et de protection sociales, l'instauration d'une planification
souple et indicative, le choix d'une fiscalité davantage redistributive en constituèrent les
linéaments essentiels. Le rapprochement s'effectua sur la base d'idées
traditionnellement classées à gauche. Les historiens qualifient ce processus de
convergence de consensus corporatiste. La droite s'y rallia dans son ensemble, avec
plus ou moins d'enthousiasme et de zèle, effectuant de la sorte ce qu'il est convenu
d'appeler son "chemin de Canossa". Il semble significatif de constater qu'en France, le
programme fut réalisé par un gouvernement dirigé par un homme classé à droite (en
dépit de sa volonté de se positionner au-dessus des partis politiques), le général De
Gaulle. C'est aussi mettre en exergue la dimension sociale du gaullisme que ceux qui
s'en réclament les héritiers aujourd'hui, parfois mollement d'ailleurs, ont mis entre
parenthèses, en dépit de quelques palinodies démagogiques comme, par exemple,
avec le thème de la fracture sociale vite oublié une fois les élections passées. Affirmer que le sujet ne détermine plus de clivages nets est une chose, se résigner à ce qu'il en soit ainsi une autre, dénier à l'économique et au social toute pertinence à caractériser des césures, une dernière. Au renoncement des uns, n'ajoutons pas d'autres renoncements. II- Des critères pour réactiver le clivageIl apparaît clairement que les trois clivages classiques ne correspondent plus à des oppositions indiscutables. Ils sont devenus inopérants pour délimiter une gauche et une droite dont les contours puissent être facilement visualisables par les citoyens. Est- ce à dire que toute division entre une gauche et une droite soit désormais obsolète ? Non, absolument pas. Mais il devient plus que jamais nécessaire de redonner vie et cohérence à des critères éculés ne permettant plus de déterminer aujourd'hui des camps distincts. Il s'agit également de prendre appui sur des clivages nouveaux transcendant les antagonismes traditionnels qui structuraient le champ politique. Cet effort de réflexion doit être entrepris au plus vite, même s'il a toutes les chances de mener à un éclatement des repères classiques auxquels nous nous étions accoutumés. 1-La souveraineté populaireAu cours de l'Histoire, la gauche a toujours accordé une importance particulière
à la souveraineté du peuple. L'article 3 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du
Citoyen du 26 août 1789 affirmait que "le principe de toute souveraineté réside
essentiellement dans la nation". La gauche en a fait son cheval de bataille et s'est
évertuée à transcrire ce principe dans les faits et dans les pratiques. Aujourd'hui, nous
estimons que le respect de la souveraineté d'un peuple composé de citoyens souffre de
graves entorses et est menacé dans ses fondements mêmes. Plusieurs éléments se
sont coalisés au cours des dernières décennies afin de supplanter la légitimité
populaire. La manière dont fut menée la construction européenne a représenté un
puissant dissolvant de la souveraineté populaire. A l'heure actuelle, les trois-quarts des
lois et des règlements qui régissent la vie quotidienne des Français émanent de l'Union
Européenne, et notamment de la Commission de Bruxelles qui ne possède pourtant
aucune légitimité démocratique et populaire. Le traité de Maastricht, et principalement
les fameux critères de convergence en vue de la qualification à l'Euro, limite
significativement la marge de manoeuvre des gouvernements pour mener une politique
économique alternative au catéchisme libéral (cela est d'autant plus vrai que la volonté
en a souvent fait défaut). En somme, quand les citoyens expriment par le vote leur
souhait de voir menée une autre politique économique, cela n'a en définitive que peu
d'importance et ne changera rien à l'affaire : on leur expliquera que faire le contraire de
ce qu'ils ont exprimé est la seule voie possible et qu'il n'y a pas d'alternative. Au
besoin, on les stigmatisera, en décrétant l'irréversibilité du processus : ne soyez pas
ringards, ne soyez pas moisis ! La dilution de la souveraineté populaire risque d'être
accentuée par des projets, parfois flous et contradictoires, visant à renforcer la
supranationalité. A cet égard, il est édifiant de constater que les deux têtes de l'exécutif,
Jacques Chirac et Lionel Jospin, se sont accordées pour confier à Valéry Giscard
d'Estaing la présidence de la convention devant débattre de l'avenir de l'Europe. 2-La vertu du volontarisme en politiqueLe volontarisme en matière de politique constitue également une autre
composante du patrimoine génétique de la gauche. Le politique est fondamentalement
une affaire de volonté et la résignation en est la négation profonde. Sous la monarchie
de Juillet, après les Trois Glorieuses de Juillet 1830, on distinguait un parti du
mouvement d'un parti de la résistance. La gauche, c'est le parti pris du mouvement.
Mais encore faut-il comprendre le sens du mouvement afin de lui adjoindre une raison
d'être et une cohérence. Le mouvement ne saurait être assimilé à un vague suivisme : il
n'a pas pour finalité de coller au premier phénomène à la mode, à la dernière gabegie
tendance offrant l'apparence de la modernité. Il n'est pas non plus un simple bougisme :
la gesticulation ostentatoire et stérile sombre très vite dans le ridicule et le pathétique.
Le bougisme, c'est de l'agitation statique et donc inutile. Le mouvement ne saurait être
confondu avec la réformite aiguë qui semble toucher bon nombre de formations
politiques. Réformer à tour de bras pour mieux perpétuer les injustices ou, pire encore,
les accroître à moyen terme, ne correspond pas à la vision que nous nous faisons du
mouvement et du volontarisme. Réformer afin de détruire l'actuel pour revenir à ce qui
avait cours au XIX0 siècle au temps de Zola, relève sans conteste du rétrograde et d'un
véritable archaïsme. En fait, pour synthétiser, le mouvement ne doit pas conduire à une
fuite en avant éperdue, sans quoi il équivaudrait à une stratégie de la mystification
éhontée. L'illusion, et l'effet d'optique, doivent être rejetés et démasqués fermement. 3-Réhabiliter le socialCette dernière remarque sert de transition avec un troisième clivage devant
servir à distinguer des camps sur l'échiquier politique : le social. La question sociale
telle qu'elle se pose aujourd'hui ne correspond plus exactement avec celle du siècle
passé. Les termes et les enjeux ont évolué et se sont transformés progressivement. Le
clivage social doit être renouvelé en raison principalement de la déformation dont il a
été l'objet depuis plusieurs années. Il convient de réhabiliter la notion de social en
écartant les éléments qui ont engendré sa dévalorisation et sa dénaturation. Tout
d'abord, le social a été fortement remis en cause par les discours économistes et
productivistes ayant émergés avec la vogue des théories ultra-libérales. Il n'y a rien
d'illogique à la situation et il ne peut s'agir en aucune manière d'une surprise : le
libéralisme est congénitalement antagoniste aux préoccupations sociales et s'attache
donc à restreindre les acquis sociaux et à circonscrire les dispositifs de protection
sociale. L'altération du social provient, de manière pernicieuse, de confusions
entretenues par des courants de pensée revendiquant de manière traditionnelle et
rituelle un attachement indéfectible à l'impératif social. Parfois, il devient nécessaire de
se méfier d'amis qui vous veulent (trop) de bien ! Les préoccupations sociales se
transforment trop souvent en revendications sociétales : alors que les premières
s'adressent prioritairement aux catégories populaires et visent à l'amélioration concrète
de leurs conditions de vie, les secondes concernent principalement les classes
moyennes, voire même des couches situées plus haut dans l'échelle sociale. En effet, le
glissement ainsi observé correspond à des évolutions sociologiques qui marquent la
seconde moitié du XX° siècle. La baisse de la part des ouvriers dans la population
active au profit du secteur tertiaire, évolution dont la formule indiquant que les "cols
blancs" supplantent les "cols bleus" rend compte assez fidèlement de manière imagée,
l'élévation du niveau de qualification des travailleurs, l'avènement de la société de
consommation et de loisirs sont parmi les plus significatives que l'on puisse relever. Les
revendications sociétales sont l'expression de l'importance croissante d'un groupe
social en expansion, les bohèmes-bourgeois, les désormais fameux bo-bo. L'inspiration
semble être clairement libérale-libertaire. L'amplification de la thématique sociétale
possède l'inconvénient majeur de tendre à mettre en veilleuse les impératifs d'une
politique sociale digne de ce nom. Le sociétal abusif étouffe le social pourtant
nécessaire. 4-La conception du citoyen et de la société : une vision de la République et de la NationLa conception de la place du citoyen dans la structuration de la société et de la
République renvoie à une autre forme de clivage potentiel. Nous avons déjà évoqué le
glissement progressif transformant le citoyen en consommateur. C'est un des éléments
du processus de confiscation de la part inaliénable de souveraineté que possède
chaque citoyen. La conversion au marché d'une partie de la gauche amène à repenser
la question de l'expression concrète de la souveraineté du corps des citoyens. Jamais,
d'une façon même insidieuse et larvée, le marché ne pourra se substituer au grand
forum citoyen garant du respect de l'exigence démocratique. Il y a là assurément un
risque majeur qu'une politique déterminée d'accès à la citoyenneté en direction des
jeunes doit s'efforcer d'endiguer. Plus que jamais, l'énergie et le volontarisme doivent
être convoqués d'urgence. 5-La défense des services publicsL'attitude envers les services publics constitue un point de désaccord entre droite et gauche. La défense des services publics qualifie une gauche fidèle à ses ancrages idéologiques. Leur privatisation, même sous une forme déguisée ou atténuée, disqualifie aujourd'hui une gauche au pouvoir qui a érigé en absolu le renoncement en presque tous les domaines. Le maintien de services publics équitablement répartis sur l'ensemble du territoire, facilement accessibles à chaque citoyen, disposant des moyens nécessaires afin d'en garantir l'efficacité, représente un élément fondamental non négociable du patrimoine génétique de la gauche. Les remises en cause des services se font de plus en plus nombreuses et de plus en plus insistantes depuis quelques années. Les moyens utilisés à cette fin sont divers, confinant parfois au prétexte. Sous couvert de réforme de l'Etat, parfois nécessité par ailleurs, de projet de cure d'amaigrissement ou de dégraissage, de prévision du non remplacement des départs à la retraite de la génération du baby-boom, les attaques se multiplient et se font convergentes. La sauvegarde des services publics touche au coeur même de l'ambition et de l'exigence républicaines : la recherche du bien commun et de l'intérêt général au service du citoyen. Conclusion : Des repères clairs pour procéder à des nécessaires reclassements et sauvegarder un patrimoine de gaucheLa répartition actuelle des formations politiques entre une gauche et une droite
ne correspond plus à une réalité et ne satisfait plus grand monde. Les positionnements
politiques sont devenus d'une complexité accrue. Il devient ainsi particulièrement
difficile de s'y retrouver en raison d'un manque de repères clairs et structurants. En effet,
les repères traditionnels qui servaient à différencier globalement deux camps se sont
progressivement estompés. Ils sont devenus inopérants, du moins dans leur formulation
antérieure. Si la grande majorité semble avoir accepté le régime républicain et le
principe de la laïcité, cela ne signifie pas pour autant que République et laïcité soient
totalement à l'abri de menaces ou de remises en cause, que ce soit de manière ouverte
ou insidieuse. C'est ainsi que la laïcité se trouve véritablement maltraitée par les dérives
libérales-communautaristes. C'est ainsi que les atteintes portées à la souveraineté
populaire ou aux services publics et les manquements répétés au volontarisme, vident
de son sens Fambition républicaine. En fait, les lignes de partages se sont déplacées,
ou même parfois imbriquées. La nécessité de déterminer de nouveaux clivages se fait
plus forte que jamais, faute de quoi la désagréable impression de flou artistique et de
pareil au même prédominera en contribuant à détacher les citoyens des débats
politiques.
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