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La lettre du mois de
l'AGAUREPS-Prométhée

 

Octobre 2007

  • Dans les méandres de la recomposition   

Il s’agit d’un article publié dans le numéro 42 de Septembre 2007 (3° trimestre) d’Utopie Critique.

Les lecteurs attentifs d'Utopie Critique ont eu l'occasion dans le numéro précédent de prendre connaissance des analyses des principaux anciens leaders du Non au traité constitutionnel de 2005 qui se proposent de travailler à une recomposition à Gauche. De l'intérieur ou de l'extérieur du Parti Socialiste, tous savent la nécessité de reforger un idéal et de redéfinir des alliances, dans une période où grande est pour certains la tentation du centre.  Les pistes avancées alors ont depuis été précisées par un certain nombre d'appels qui ont fleuri, émanant de groupes de réflexion qui ont émergé, de clubs qui se sont constitués. Au-delà même, la mode de la refondation a gagné toute la Gauche, du PS à l'extrême Gauche. Des groupes ont été téléguidés pour véhiculer idées et projets. Il est donc important en cette rentrée de bien circonscrire le domaine occupé par chacun d'entre eux, mais aussi les frontières qu'ils entendent repousser. A la fois boîtes à idées mais aussi structures pour compter et regrouper leurs partisans, ces  espaces sont l'étape nécessaire et usuelle de toute période de transition qui précède une recomposition.
            La Gauche française vit une période charnière où elle doit se confronter enfin sur le fond, et sans concessions, au passage d'un capitalisme, autrefois national et industriel, vers un capitalisme désormais financiarisé et mondialisé. Elle doit donc refonder son socle idéologique tout en faisant face à l'évolution des partis. Ceux-ci changent tant du point de vue des mutations de leur sociologie interne que des attentes nouvelles qu'ils se doivent d'exprimer. Les congrès du PS et du PCF de 2008, s'ils peuvent être influencés par le travail dès à présent amorcé, ne manqueront pas de dessiner les contours d'une nouvelle donne à Gauche.
            Entre l'alliance au centre prônée par certains et le bougisme marginal et stérile entretenu par d'autres, il est nécessaire qu'émerge une gauche responsable et crédible, clairement antilibérale, qui assume et revendique sa vocation majoritaire. Or tous ne vont pas pour l'instant dans cette direction.

Des élections législatives en trompe-l'oeil

            Il nous faut avant toute chose intégrer, puisque ceci n'a pu être fait lors de la précédente table ronde, l'analyse qui peut et doit être faite des élections législatives de 2007. C'est en effet aussi sur ces résultats que s'appuient les groupes qui viennent de voir le jour.
            Les deux tours de scrutin du mois de juin ont tout d'abord permis d'évacuer l'illusion d'une repolitisation de la société française. Les taux de participation aux élections législatives se sont en effet trouvés de 20 % inférieurs à ceux enregistrés quelques semaines plus tôt lors de l'élection présidentielle. Le phénomène politique majeur est venu du rééquilibrage qui s'est opéré entre les deux tours, pour faire face à la vague bleue annoncée : malgré des taux de participation voisins lors des deux tours, de nombreux électeurs sont allés voter le deuxième dimanche alors qu'ils étaient restés chez eux la semaine précédente. Et inversement. Un résultat électoral dépend donc avant tout grandement de la capacité à mobiliser son propre camp.
Le sursaut du peuple de gauche,  pendant que les électeurs de droite avaient déjà pris acte de leur succès, a eu pour effet de limiter la victoire du clan Sarkozy. Ce phénomène a aussi avivé les regrets que peut nourrir la Gauche, au vu de son potentiel électoral. Lorsque les enjeux sont au coeur des préoccupations de son électorat, comme ce fut le cas avec la « TVA sociale » dénichée par Fabius au soir du premier tour, la Gauche retrouve enfin des couleurs.

            Malgré tout, force est de constater que la Gauche termine le printemps 2007 en lambeaux. Et nul ne peut être exempté de cet examen de conscience. Du point de vue des résultats proprement dits, le PS aurait tort de s'enorgueillir d'obtenir un groupe parlementaire plus conséquent que lors de la précédente législature. L'ambiguïté et les déchirements de l'entre-deux tours sur la tactique à adopter vis-à-vis du Modem de François Bayrou, sont sans aucun doute les prémices d'un changement radical d'alliances et d'idéologie au sein du Parti Socialiste.
Les Verts ont entendu les mêmes sirènes et certains n'y ont pas été insensibles. Ils peinent encore et toujours, plus de 10 ans après le tournant amorcé par Dominique Voynet, à s'inscrire durablement à Gauche. Au PRG, Jean-Michel Baylet a envisagé la possibilité de supprimer le « G » final. Le MRC et Chevènement lui-même ont senti le vent du boulet après la mascarade électorale dans laquelle ils s'étaient lancés depuis fin 2006, comme si, malgré les expériences Mitterrand et Jospin, le « Che » pensait encore avec Ségolène Royal pouvoir manipuler comme des marionnettes ceux qui détiennent le pouvoir à sa place.
Le PCF, pour sa part, a donné l'impression de limiter la casse avec 18 députés ou apparentés, mais le recul électoral se poursuit inexorablement, comme le note Roger Martelli dans un rapport interne. Quant au reste de la gauche, il s'est trouvé anéanti et paye là à la fois son manque d'implantation dans la société mais aussi les tactiques suicidaires de la présidentielle. La LCR n'a pu capitaliser sur le score d'Olivier Besancenot. Les bovistes ont lancé leur « troisième force » sur les ruines de collectifs antilibéraux dont ils ont éradiqué les dernières traces d'unité. LO et le PT sont, comme convenu, retournés à leur marginalité électorale.

Objectif 2012 au PS

            La Droite a donc gagné, largement, après avoir déjà largement vaincu à la présidentielle. Au PS en particulier, il n'est désormais plus permis de se cacher derrière des arguments fallacieux pour transformer des déroutes en victoires. Si Ségolène Royal croyait encore détenir un socle électoral de 17 millions de voix, elle a bien dû prendre conscience l'été venu que les votes qui s'étaient portés sur elle lors du 2ème tour de la présidentielle ne représentaient pas, loin s'en faut, une adhésion à son projet et/ou à sa personne (il était parfois difficile de distinguer l'un de l'autre !). Très vite, les règlements de compte ont commencé. Haro sur le premier secrétaire ! Haro sur les éléphants ! Haro sur la gauche archaïque ! Haro tardif sur le projet socialiste lui même par celle qui l'a pourtant porté!
            De cette mêlée spontanée, un constat a fait l'unanimité : le PS d'Epinay était mort. Un terme s'est également dégagé : « recomposition ». Les épisodes révolutionnaires de 1789 ou de 1848 et leur floraison de clubs ont depuis longtemps éprouvé la méthode de la réflexion préliminaire à celle-ci. La tradition s'est d'ailleurs par la suite perpétuée jusqu'à la seconde partie du 20ème siècle dans la sphère socialiste, où un groupe comme le CERES de Jean-Pierre Chevènement jouait sa partition au sein du parti, quand la Fondation Saint-Simon par exemple gravitait dans le même temps autour du PS. Il est en tout cas devenu urgent pour les différents protagonistes de mettre en place des outils pour élaborer une ligne, analyser le passé, penser le présent pour façonner l'avenir.
           
Ceci est d'autant plus nécessaire que l'assise, la nature même du PS ont été bouleversées par les adhésions à 20 € et par la campagne de Ségolène Royal. Celle-ci entend encore en profiter et abonde toujours dans le même sens en faisant vivre ses « Désirs d'avenir ». Nul ne peut nier le renouvellement qu'ils induisent. Mais il est plus inquiétant de constater que le nouvel endroit à la mode où il est de bon ton de parader est celui-là. Or, l'organisation de ces réunions se situe à mi-chemin entre le cours du soir d'apprentissage accéléré de l'anglais et la séance d'analyse d'un panel représentatif du « sympathisant type ». Ségolène Royal croit ainsi pouvoir dérouler indéfiniment le fil de sa campagne présidentielle, quand elle apportait une réponse quasi métaphysique à une génération en manque de nouvelles croisades.
Malgré l'idolâtrie que lui vouent encore certaines de ses anciennes ouailles, cela risque d'être insuffisant pour la simple présidente de région Poitou-Charentes alors que s'ouvre une période de cinq ans sans élection majeure. Ne sous-estimons pas pour autant sa capacité à se jouer de la superstructure du PS pour apporter sinon une réponse, du moins une forme de réponse, plus en phase avec la société actuelle. Le prochain congrès du parti sera à cet égard pour elle capital. Autant elle a pu repartir du Mans en 2005 avec la perspective de lancer la machine médiatique qui l'a si bien servie, autant elle aura besoin cette fois de s'appuyer sur la force constituée que représente le parti socialiste.

            Car le défi de reconquête au sein du PS est désormais double : à la fois tactique et idéologique. L'un ne pouvant aller sans l'autre. Et ils sont nombreux à vouloir le relever. Si Dominique Strauss-Kahn s'est fait plus discret, après qu'il eut pu mesurer que ses remarques sur la candidate au soir du 2ème tour de la présidentielle n'avaient pas été digérées par nombre de socialistes, il possède avec « A gauche en Europe » une assise qui lui permet de patienter sur la scène française. Il développe, dans le même temps, son image d'homme d'état à la présidence du Fonds Monétaire International (FMI). Pour autant, il pourrait tout aussi bien s'agir là d'un piège auquel il ne sera pas aisé de se soustraire le moment venu, même si, dans une étude récente, le député de Sarcelles semble pour l'instant être le meilleur des leaders possibles pour la Gauche.
Bertrand Delanoë active quant à lui ses réseaux et revient sur le devant de la scène en espérant bien pouvoir prétendre, sous réserve d'un succès aux municipales de 2008 à Paris, au premier rôle lors du prochain congrès. Dans l'entourage même du premier secrétaire François Hollande, on réfléchit à une façon de rebondir au plus vite pour espérer en 2012 jouer le rôle qu'il pensait dès cette fois lui être dévolu.
            Pour bien marquer sa volonté de recomposition, chacun se croit obligé de donner l'illusion du renouvellement. De (fausses) nouvelles têtes ont ainsi depuis juin émergé. Elles n'en sont pas moins les éclaireurs de leurs glorieux aînés, malgré l'opposition qu'elles feignent d'entretenir entre les lionceaux et les éléphants (Montebourg). Elles servent parfois à défricher des terrains glissant (Manuel Valls envisageant ouvertement des discussions avec le gouvernement). Elles peuvent aussi consister à envoyer des soldats au feu (attaques de Gaëtan Gorce contre François Hollande). Elles permettent enfin de consolider des positions au sein du parti (Benoît Hamon et sa « Forge », Vincent Peillon...). Le président du MJS Razzie Hammadi bénéficie quant à lui de la campagne contre le CPE au printemps 2006 et de son opposition affichée à Ségolène Royal pour  tenter de s'installer durablement dans le paysage.

            Pour trouver une initiative concrète de plus grande ampleur, il faut donc  chercher du côté de l'autre grand battu de la primaire socialiste : Laurent Fabius. Elle a pris la forme d'un groupe de réflexion appelant à la refondation idéologique de la gauche : « Gauche d'avenir ». Derrière l'ironie de son titre, en  référence aux tristement célèbres « Désirs d'avenir » de Ségolène Royal, cet appel était téléguidé par les fabiusiens et la direction du PCF. Parmi les premiers signataires, on retrouvait notamment côté politique : Marie-Noëlle Lienemann, Paul Quilès ou encore Jean-Claude Gayssot et Francis Wurtz. Cela donnait certes consistance au projet, mais le débouché reste lui encore à définir. Afin de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier, et parce que la route est longue jusqu'au prochain scrutin présidentiel, Laurent Fabius peut compter sur « Gagner 2012 » initié par Guillaume Bachelay. Ajoutez à cela le très officiel « Rassembler à Gauche » qu'il anime et l'on constate que l'ancien Premier Ministre demeure un homme de réseau avec un certain savoir-faire.

Die Linke ?

            Dans le même temps, Jean-Luc Mélenchon suivait avec la plus grande attention ce que réussissaient nos camarades d'outre-Rhin avec la création de Die Linke, « la Gauche ». Ce parti de plus de 70 000 membres, regroupant des néo-communistes de l'ex-RDA et de nombreux déçus de la social-démocratie ouest-allemande, a porté à sa tête le duo Lothar Bisky - Oskar Lafontaine. En prônant un socialisme démocratique, il s'impose déjà dans le paysage politique allemand comme la quatrième force politique du pays, et jouit d'un potentiel électoral autour des 10%. Cela ne manque pas d'interroger aussi bien la droite que le SPD. Si ce parti s'est construit en prenant acte des dérives du SPD, il ne rejette pas pour autant le parti encore majoritaire à gauche aux oubliettes de l'histoire et entend bel et bien changer la gauche dans son ensemble. Pour accréditer la thèse d'une telle possibilité dans notre pays, Jean-Luc Mélenchon donnait force interview, en particulier à L'Humanité, et rédigeait une tribune avec deux de ses camarades de « Pour la République Sociale ». La convention nationale de PRS, qui se tenait  les 30 juin et 1er juillet 2007, entérinait justement ces convictions en adoptant un texte intitulé « La Gauche d'après ».
En observateurs attentifs mais pas naïfs, nous nous souviendrons tout de même que la personnalité d'Oskar Lafontaine, ancien ministre des finances de Gerard Schröeder avec lequel il fut un temps en concurrence pour prendre les rênes du parti, n'est pas pour rien dans le succès et l'espoir que suscite Die Linke en Allemagne. A l'heure des choix importants, après le pêché originel que fut la signature de la synthèse du Mans lors du congrès du PS en 2005, le moment est sans doute venu cette fois pour Mélenchon d'assumer de l'extérieur les espoirs qu'il suscite jusqu'à l'intérieur du Parti Socialiste. En tout état de cause, il n'a plus grand chose à attendre de ce parti si Ségolène Royal réussit son OPA ou si la dérive centriste se concrétise notamment à l’occasion des prochaines élections municipales comme l’envisage ouvertement Mme Royal.

Repenser la Gauche en grand pour sortir de la petite

            Or si l'on attend d'un Mélenchon qu'il franchisse le Rubicon, il ne faut pas non plus se bercer d'illusions et croire qu'il le fera simplement par défi ou par bravade. Il lui faudra alors une structure à même de l'accueillir, de confirmer son implantation électorale et de porter la construction du mouvement à venir. Le lancement du club « Maintenant à Gauche » ne l'a d'ailleurs pas  laissé insensible. François Delapierre, délégué général de PRS, s'étonnait même lors de la réunion de lancement le 7 juillet des convergences de vue entre son organisation et « Maintenant à Gauche ». Marc Dolez, animateur de « Forces militantes » au sein du PS, et lui aussi présent début juillet à Paris, faisait également part de son intérêt.
Un appel avait précédé ce premier rendez-vous parisien. On retrouvait parmi les premiers signataires Clémentine Autain, Eric Coquerel, président du MARS-Gauche Républicaine, Claude Debons, grand animateur des collectifs antilibéraux du temps de leur splendeur, des communistes unitaires comme Roger Martelli, des syndicalistes, et le courant « Unir » de la LCR emmené par Christian Picquet. Ce club s'est rapidement doté d'outils d'expression communs comme un blog et se pense comme un carrefour où peuvent venir se discuter les modalités de la recomposition. Mais l'objectif est clair : changer globalement la donne à gauche.        
Le centre de gravité d'une recomposition crédible et parlant au plus grand nombre ne peut aujourd'hui se situer dans la gauche simplement contestataire. Si elle veut assumer son ambition majoritaire, elle se devra d’intégrer toute la frange qui, jusqu'au sein du Parti Socialiste, ne se résigne pas à l'adaptation décomplexée au capitalisme et à ses nouvelles variantes. Elle devra aussi intégrer bien sûr la composante communiste, qui ferait alors ce choix jusque dans son appareil. Jean-Luc Mélenchon a  d'ailleurs clairement fait de cette bougée la condition de sa participation à une telle force lors d'un débat qui s'est tenu le 15 septembre à la fête de l'Humanité, en présence de tous ceux qui, de près ou de loin, regardent attentivement le devenir de ce club. Au final, il faudra donc déboucher sur une force enfin puissante, cohérente, responsable, et malgré tout clairement antilibérale. Une telle construction pourrait se faire en cercles concentriques et aboutir à une confédération, qui permettrait à chacun de conserver son identité et aux nouveaux venus d'intégrer directement la structure ainsi formée.
            Le rôle à venir des collectifs antilibéraux est quant à lui plus complexe, après l'ambiguïté qu'a laissé planer ces derniers mois leur secrétariat. Les « Bovistes » (aujourd'hui réduits aux Alternatifs et à quelques Verts) appellent à des assises pour la rentrée tout en voulant dès à présent se constituer en 3ème force à gauche. Nombre de collectifs n'ont certes pas suivi l'assimilation bovétiste. S'ils furent et demeurent un remarquable outil de terrain, ils ne peuvent aujourd'hui, chargés du poids de leur histoire et de la situation nouvelle issue de la présidentielle, constituer le coeur de la recomposition à venir. Les structures qui ont dans la tourmente su préserver l'unité, mais aussi celles qui ont su préserver leur capacité à travailler collectivement, ont bien sûr un rôle à jouer qu'il s'agit encore de préciser. Mais nourris des enseignements du passé, il faut prendre acte que la recomposition ne peut plus se faire autour d'elles.

Espoirs et désillusions des « organisés »

            Les deux grosses formations (à des degrés très différents!) à la Gauche du PS que sont le PCF et la LCR, si elles ont l'une et l'autre présenté leur propre candidat lors de la présidentielle, n'ont pour autant pas suivi la même démarche depuis plusieurs mois.
            La « Ligue » a très tôt (été 2006) considéré que la situation lui offrait la possibilité de prendre le dessus sur son éternel rival. Piètre ambition. Mais elle y est parvenue pour partie sur deux tableaux lors de l'élection présidentielle : son candidat était celui qui s'en tirait le mieux, et de loin, dans ce microcosme, et sa non participation au processus unitaire de la gauche antilibérale avait limité encore la possibilité pour celui-ci d'aboutir, faisant de fait du PCF une victime collatérale. La LCR espérait bien capitaliser sur cet acquis dès les législatives, en présentant un maximum de candidats. L'échec lors des scrutins de juin ne l'a pas refroidie et la LCR s'est entêtée dans l'idée de constituer une nouvelle force... autour d'elle-même. Une super-LCR en somme ! Constatant en effet l'échec de Lutte ouvrière de faire fructifier le score d'Arlette Laguiller à la présidentielle en 2002, la LCR a choisi pour sa part de rafler immédiatement la mise et de se renforcer en terme d'organisation. Passer peut-être de 3000 à 5000 membres. Nul doute par contre que du point de vue de la transformation sociale, ce nouveau parti, qui s'annonce déjà « mi-guévariste, mi libertaire » et qui tourne le dos aussi bien à l'héritage du trotskysme et du front uni qu'à l'histoire de sa propre organisation, n'a pas vocation à changer réellement la donne. Quelques militants supplémentaires auront beau surfer sur le souffle de la campagne Besancenot, cela réduit la LCR à demeurer le poil à gratter de la Gauche. Ce dont elle se satisfait pleinement. 

            Au sein du parti communiste, la situation est plus compliquée encore, après la tentative désespérée de Marie-Georges Buffet de s'imposer chez les antilibéraux et les 1,9 % qui ont résulté de son cavalier seul. Les résultats des législatives ont en un sens donné au  PCF une bouffée d'oxygène. Cela  retardera l'examen de conscience de quelques mois seulement. Car nul doute que malgré son implantation, le parti communiste risque gros lors des municipales à venir. Un net recul mettrait encore un peu plus le feu aux poudres. Pour l'heure, et malgré un congrès exceptionnel prévu pour la fin de l’année, le vrai congrès (avec vote) a lui été maintenu en 2008. Une consultation a également été lancée auprès des militants communistes afin de redéfinir ce que c'est qu'être communiste en ce début de XXIème siècle. Preuve supplémentaire si nécessaire que ce parti n'a pas encore trouvé la réponse à cette question.
            En attendant, nombreux sont ceux qui rêvent d'en prendre les rênes, avec des options radicalement différentes. La direction, un temps abasourdie par l'échec présidentiel, a semble-t-il explosé et la marche arrière enclenchée par Marie-Georges Buffet a laissé bien malgré elle quelques forces aux avant-postes. Le casting pour sa succession à la tête du parti en est l'illustration. Celui-ci met notamment en scène Patrice Bessac, responsable parisien du parti, jeune apparatchik pur sucre, et Olivier Dartigolles, porte-parole de la campagne de Marie-Georges Buffet . Ce dernier s'affranchit peu à peu de la tutelle de l'ancienne candidate et affiche publiquement sa volonté de faire participer les communistes à l'émergence d'une nouvelle force à gauche, tout en préservant bien sûr leur identité. Un signal similaire a d'ailleurs été lancé par Patrice Cohen-Séat, ancien directeur de campagne de Marie-Georges Buffet, dans son dernier ouvrage.
Au-delà, les grandes manoeuvres ont depuis longtemps commencé. Les orthodoxes rêvent du communisme d'antan, dont ils espèrent qu'il parlera encore un jour à quelques nostalgiques. Les refondateurs se cherchent une issue entre mouvement social et communisme, un pied dedans, l'autre en dehors. Certains partisans de Robert Hue comptent à la fois sur les municipales et sur les difficultés du parti socialiste pour se croire indispensables et préparent leur entrée au PS, quand d'autres autour de Jean-Claude Gayssot n'excluent pas l'idée d'une force nouvelle à gauche. Et comme dans toutes les organisations, les retournements d'alliance à l'approche des échéances internes, même les plus improbables, ne sont pas à exclure. La situation a donc encore besoin de se décanter au PCF. 2008 sera à coup sûr une année charnière avec les municipales et le congrès pour catalyseurs. Se dessinera alors l'avenir d'un parti qui, malgré ses 130 000 militants et ses nombreux exécutifs locaux, se retrouve à chaque scrutin un petit peu plus en marge des grands enjeux nationaux.

Se précipiter sereinement

            Cet examen rapide et non exhaustif donne l'impression que la gauche est encore perdue dans des brumes qui tardent à se dissiper. Chacun semble surtout intéressé à compter ses troupes en attendant les batailles d'appareil à venir afin de rafler la mise. Or si la longue période qui s'offre à la Gauche pour se reforger une identité semble lui offrir la possibilité d'entreprendre le vaste travail de fond nécessaire, elle peut également s'avérer être un piège. Les échéances de 2008 risquent bien de museler les recompositions qui n'auraient pas su au préalable jeter leurs propres bases.
Ainsi, paradoxalement, alors que le temps est à la réflexion et à la discussion, c'est aussi déjà l'heure des choix. Il s'agit aujourd'hui de faire un pas en avant et d'affronter les luttes internes en préparant l'avenir. Car au delà de l'année 2008, s'ouvrent les échéances européennes de 2009 et régionales de 2010 avec leurs scrutins à la proportionnelle qui peuvent elles aider à un rassemblement qui aurait pris son envol. Mais il faudra pour cela être déjà en ordre de bataille.

            L'ambition idéologique et les questions stratégiques sont à nouveau imbriquées  comme elles ne l'avaient plus été depuis longtemps. C'est pourquoi il faut les traiter ensemble et rester ferme face aux renoncements possibles ou envisagés. Comme François Mitterrand avait vu avant les autres tout l'intérêt qu'il aurait au programme commun avec le PCF,  les leaders de la gauche ne doivent pas réfléchir à courte vue et se lancer dans une arithmétique électorale qui ajouterait le centre et le parti socialiste. L'air du temps est à la fronde face au modèle néolibéral. Elle est encore parfois timide et trop souvent sporadique. Mais une conscience populaire nouvelle a émergé ces dernières années pour décrypter la machine capitaliste. Ceux qui n'auraient pas saisi que ces craintes nouvelles se traduisent d'abord par un mouvement de repli conservateur, faute de débouchés, risquent fort de rater le wagon de l'histoire. Cela devrait interroger à la fois ceux qui succombent à la tentation du centre, et ceux qui n'ont que la gesticulation pour ambition.
            L'avenir du parti socialiste et le devenir du parti communiste intéressent bien sûr toute la gauche. Le meilleur de ces deux idéaux se doit d'être la matrice d'un mouvement qui se voudrait majoritaire. L'identité républicaine doit en être le ciment. On peut bien sûr vouloir faire de la politique autrement. Mais le plus grand nombre doit savoir ce que l'on veut faire pour lui pour changer les choses. C'est en assumant et en affichant cette volonté de transformation profonde que la Gauche a gagné en 1981 et en 1997. Cela reste encore et toujours le meilleur moyen pour être majoritaire et répondre à ses attentes. Voilà des expériences que tous les regroupements en germe devraient méditer.

François COCQ

  • Brèves du mois de septembre 2007

    • An 01 de la gauche, on arrête tout, on réfléchit

Il s’agit d’un extrait d’un article de Jean de Bricmont paru dans « Le Monde Diplomatique » du mois d’Août 2007.

Sur le plan pratique, la principale initiative de la gauche a été de se lancer dans « la construction européenne ». Laquelle a eu pour principal effet de rendre impossible toute alternative au néolibéralisme. Les socialistes et les Verts, en encourageant cette construction au nom de leurs « valeurs », principalement l'antinationalisme, ont mis en place un dispositif institutionnel visant à les prémunir contre leurs propres audaces, ou plutôt contre celle de leur base. L'idée étant d'isoler le processus politique de l'influence des citoyens, en confiant un maximum de décisions à une bureaucratie non-élue et ouverte à l'influence de tous les groupes de pression privés. Les élections peuvent continuer à avoir lieu, elles n'ont que peu d'importance : aucune alternative politique sérieuse ne peut être proposée, aucun « New Deal », aucune réforme de structure, aucun « programme commun de la gauche », aucune « voie italienne vers le socialisme ».
Il n'est pas étonnant qu'à ce jeu-là la droite la plus dure l'emporte. Elle possède son propre discours sur les « valeurs », la discipline, l'ordre, la Nation, etc., qui est bien plus populaire que celui de la gauche sur les minorités. Après tout, les discours sur les valeurs ont le plus souvent pour fonction de permettre à ceux qui les tiennent de se donner bonne conscience à bon marché, sans se poser trop de questions sur la nature réelle des rapports de forces dans le monde. Et, pour la plupart des gens, il est plus facile de se dire qu'on est un « bon français » plutôt qu'un « bon anti-raciste ». Au demeurant, la politique économique de la droite est en parfait accord avec celle des structures européennes mises en place par la Gauche et les Verts. Sur les deux plans, l'Europe et les valeurs, c'est la droite qui gagne, mais c'est en grande partie la gauche qui a choisi ces terrains de bataille, sur lesquels elle ne pouvait que perdre.

Transmis par Danielle BERNA  05 / 08 / 2007

    • Il avait dit « mettre à l’honneur le travail et le mérite »…

En l’espace d’un mois, la session parlementaire extraordinaire a traduit en lois plusieurs des projets du candidat Nicolas Sarkozy. Quatre textes législatifs ont été votés par les députés de la majorité présidentielle. Les deux premières lois ont concerné l’autonomie des universités et les peines en cas de récidive.
            Les deux autres mettaient en jeu une des promesses phare du candidat de revaloriser le travail et le mérite que des slogans se voulant percutants avaient portées (la France qui se lève tôt ou travailler plus pour gagner plus). C’est le cœur de la loi appelée TEPA (travail, emploi, pouvoir d’achat), appelée avec plus de justesse nous semble-t-il « paquet fiscal ». Il est vrai que les dispositions fiscales prédominent l’ensemble : l’abaissement du bouclier fiscal à 50% des revenus, la suppression de nouveaux droits de succession, la création d’un crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt immobilier, l’exonération fiscale du travail étudiant (comme si beaucoup d’étudiants payaient l’impôt sur le revenu pour leurs petits boulots destinés à financer leurs études !), l’exonération fiscale pour les heures supplémentaires (on « valorise » le travail par son intensification…). Bref, des mesures qui s’adressent presque exclusivement aux nantis, aux privilégiés, aux possédants, aux rentiers, aux détenteurs de patrimoines. Rien ou presque rien à destination des travailleurs modestes ! En quoi serait-ce favoriser le travail et le mérite ?
            Et pour couronner le tout, la quatrième loi votée cherche à limiter autant que possible le droit de grève (c’est l’objet de la loi sur le service minimum dans les transports publics terrestres qui constitue un ballon d’essai que l’on essaiera d’étendre tôt ou tard à d’autres secteurs). C’est vouloir enlever aux salariés un des moyens d’expression principaux dont ils disposent.
            Autrement dit, les promesses du nouveau président de la République sont déjà oubliées de la manière la plus cynique. De mauvaise augure, mais guère surprenant…

Francis DASPE  07 / 08 / 2007

    • Pragmatisme ou dogmatisme ?

Ce texte est paru dans la rubrique « Journal des lecteurs » de Marianne du 4 au 11 août 2007.

On a bien du mal à définir la doctrine économique du président. Les zigzags sont tels qu’on finit par parler de pragmatisme, pour être positif. On pourrait tout aussi bien parler d’incohérence, tant il est difficile de trouver un sens à ce patchwork.
Une constante se dessine pourtant, la propension à suivre des croyances tenaces. Les économistes s’accordent pour dire que les cadeaux fiscaux coûteux octroyés aux 10% les plus riches sont inefficaces. Le dogme est là, avantager les plus riches comme seule issue pour relancer la croissance, en dépit des contre-exemples des pays scandinaves aux impôts progressifs élevés, au haut niveau de prestations sociales, à la forte croissance et au chômage faible.
Autre postulat, les fonctionnaires seraient coûteux et improductifs. La solution ? Ne pas en remplacer un sur deux, soit 35 000 postes. Sans parler du fond contestable, l’économie se limite à 1,5 milliards d’euros. A comparer aux 15 milliards de cadeaux fiscaux. A comparer aux 70 milliards d’économies qu’il faudra trouver pour financer la baisse promise de 4 points des prélèvements. Le malheur est que ces préjugés contredits par les chiffres, comme d’autres (les salariés français travailleraient moins que les autres, les riches fuiraient le pays, les droits de succession frapperaient tout le monde, l’héritage serait le fruit exclusif du travail), sont à l’origine de mesures à l’efficacité improbable, plus dogmatiques que pragmatiques. 

Vincent MAROT  10 / 08 / 2007

    • Communiqué du MRC sur la rentrée scolaire

Michel VIGNAL est secrétaire national à l’Education du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC).

Nicolas Sarkozy et le gouvernement Fillon accentuent les méfaits de la politique aveugle et régressive qui sévit depuis plusieurs années vis-à-vis de l’école publique. Après les importantes suppressions de postes répétées des budgets précédents, ce sont 11.200 postes qui disparaîtront en 2008. Cette coupe de grande ampleur compromettra la relève des graves défis que doit affronter l’Ecole.
Alors qu’un nouveau rapport, après bien d’autres sur le système éducatif, souligne les graves insuffisances des résultats de trop nombreux élèves à l’école primaire, situation qui contribue aux difficultés et échecs au collège et au lycée, le gouvernement renonce au redressement nécessaire et aux nécessaires mesures de réorientation que Jean-Pierre Chevènement et le M.R.C. proposent avec constance depuis plusieurs années.
Le Mouvement Républicain et Citoyen a depuis longtemps analysé les ratés, en particulier le manque d’exigences et de qualité, d’un système victime de réformes successives marquées par la facilité, la démagogie, et finalement l’abandon de l’impératif du savoir pour le plus grand nombre d’élèves.

La démocratisation nécessaire exige tout à la fois de mettre l’accent sur l’effort, le travail et la considération du savoir, et aussi sur des moyens budgétaires convenables. Ce n’est pas en taillant dans les postes d’enseignants pour des raisons étroitement comptables et par clientélisme fiscal qu’on permettra le soutien scolaire individuel ou collectif, ni que l’on garantira l’exigence de l’enseignement. Celle-ci dépend de la pertinence des programmes, de la valorisation de la mission des maîtres, mais aussi d’horaires suffisants pour les principaux champs du savoir. La solution aux difficultés et aux défis de l’école publique n’est donc certes pas dans une nouvelle réduction du nombre d’heures enseignées, comme l’envisage le ministre Darcos, poussé par le président Sarkozy qui veut réduire le nombre de fonctionnaires, mais au contraire dans la sauvegarde de ces horaires et leur relèvement chaque fois que nécessaire.
La République, pour rétablir une juste confiance dans son Ecole, doit garantir et conforter partout et pour tous sa qualité. Cela exige que l’on conjugue volonté politique, clarté des orientations et cohérence budgétaire.

Michel VIGNAL  01 / 09 / 2007

    • Accession à la propriété pour tous…

Monsieur le Président, je vous fais une lettre que vous lirez peut-être si vous avez le temps. Sinon, transmettez-la à votre épouse qui ne sera pas traduite devant la cour martiale.
Monsieur le Président vous n’êtes pas sans savoir que le montant des loyers est excessivement élevé et il n’est pas nécessaire d’aller en vacances dans un palace aux USA pour s’en convaincre ; il suffit de consulter les vitrines des agences immobilières, même en province, pour constater que se loger en tant que locataire est devenu un luxe en France pour toutes les personnes qui n’ont pas accès aux habitations à loyer modéré. Vous vous souvenez que Messieurs Barre et Méhaignerie ont tout fait pour que le secteur public ne fasse pas de concurrence « déloyale » au secteur privé. Vous étiez déjà membre du RPR. Cette loi et ses conséquences ne vous ont pas scandalisé, pas plus à cette époque que maintenant.
Je suppose que c’est pour pallier cette situation que vous proposez que tous les français (ou plutôt tous les habitants de France) deviennent propriétaires de leur logement.
Ne doutant de votre bonne foi et de votre attachement aux « choses sociales », je suppose que vos conseillers vous ont caché une partie de la réalité.

En effet, si tous les locataires deviennent propriétaires, les logements appartenant aux personnes aisées et peu scrupuleuses qui ont suivi les conseils de Messieurs Barre et Méhaignerie et bénéficié des mesures de défiscalisation mises en place par tous les gouvernements (le conseil constitutionnel n’a rien trouvé à dire concernant ces mesures) ne vont plus trouver de pigeons pour louer leurs « biens ». Pensez aussi aux agences immobilières, aux huissiers…Et n’oubliez pas M. le Président que ce sont vos électeurs.
M. le Président réveillez-vous, c’est un mauvais rêve que vous êtes en train de faire et vous le savez bien, vous qui arrivez des USA ; ce ne sont pas les riches qui perdent mais les pauvres, dont les maisons sont saisies par les huissiers et rachetées pour une bouchée de pain par les requins de l’immobilier.
J’ai un doute, et si mon axiome (votre bonne foi et votre attachement aux « choses sociales ») était faux, je serai alors en droit de conclure que c’est de manière délibérée et démagogique que vous faites miroiter cette accession à la propriété pour tous à des fins purement électoralistes.

Jacques DELAVEAU  10 / 09 / 2007

    • Humour à l’attention des plaisantins, crédules et serviles…

Mesdames et Messieurs les chefs d’établissements publics,

Ne doutant pas de votre attachement au statut de cadre de la fonction publique, je m’adresse à vous suite aux déclarations du candidat Sarkozy devenu depuis le Président de tous les français. Vous comprenez que je fais référence à son slogan « travailler plus, pour gagner plus ».
Votre attachement au dit statut ne peut que vous pousser à faire en sorte que les promesses du Président deviennent réalité. Je pense donc que vous allez tout faire pour créer des heures supplémentaires pour tous les actifs et les jeunes retraités de la fonction publique qui souhaitent arrondir leurs fins de mois. Vous n’ignorez pas que les montants des salaires et des pensions sont faibles. J’ose espérer que vous n’allez pas les réserver exclusivement à ceux qui ne font ou n’ont jamais fait grève pour obtenir des augmentations de salaires ou pour améliorer les services publics… 
Si cela n’est pas possible, je serai en droit de considérer qu’il y a eu mensonge de la part de ce candidat devenu Président. Si par contre, c’est un refus de votre part je ne sais comment va le prendre le Président lorsque je l’informerai de votre décision.

Je comprends votre gêne car donner des heures supplémentaires à tous ceux qui en ont réellement  besoin (temps partiels imposés, contractuels, vacataires, petits salaires et petites retraites),  cela va être difficile.
Vous devez vous dire en me lisant que vous avez affaire à un petit plaisantin. Détrompez-vous car il y 53% des français qui ont voté pour que ce slogan, qui ne peut être concrétisé, devienne réalité !
N’est-il pas plus porteur d’espoir pour l’avenir d’avoir affaire à des plaisantins qu’à des crédules ou (et) à des serviles ?

Jacques DELAVEAU  10 / 09 / 2007

    • Sept bonnes raisons de voter NON

Le traité dit « modificatif » ou  traité simplifié viendrait  amender deux  traités le Tue (traité sur l’Union européenne) et le Tfue (traité sur le fonctionnement de l’Union européenne) ; il donne mandat à une conférence intergouvernementale pour élaborer un texte  modificatif  définitif qui serait  ratifié par les états membres avant 2009.

Il convient de relever plusieurs points pour penser que nos députés nationaux ne devront pas voter ce texte.
1/ en ce qui concerne la révision des traités,  que ce soit par une procédure standard ou par une procédure simplifiée, elle continuera à requérir la double unanimité des états et des chefs d’état, ce qui à 27 rendra quasi impossible la révision de ce traité.
2/ le budget de l’Ue  devra être en équilibre, ce qui exclut toute politique keynésienne de relance par l’emprunt.
3/ Certes les termes « concurrence libre et non faussée » disparaissent des objectifs de l’Ue mais restent présents dans les politiques de l’Union.
4/ Il n’y a rien de nouveau sur les objectifs de La Bce dont on sait pourtant quel rôle crucial elle joue par des temps de crise financière. Celle ci n’est toujours pas responsable devant un  organe politique; sa mission reste la lutte contre l’inflation.
5/ en ce qui concerne la charte, il est précisé « quelle n’établit aucun pouvoir ni tâche pour l’union », de plus elle ne s’applique pas au Royaume Uni.
6/ toute mesure fiscale permettant une avancée en matière d’environnement, ne pourra être adoptée qu’à l’unanimité.
7/ enfin et peut être surtout ce texte devrait être ratifié par référendum et non pas par voie parlementaire.

Régine ROSSIGNOL  16 / 09 / 2007

    • M. Sarkozy ébranle les fondements de la République

Il s’agit d’un communiqué de presse de Résistance Sociale.

Mme Parisot s’est félicitée du discours « fondateur, historique » de M. Sarkozy. C’est en réalité un discours destructeur, mettant fin à notre modèle social républicain, issu du Conseil National de la Résistance.
Ce modèle s’est caractérisé par un fort secteur public, les nationalisations, l’Education nationale, la Recherche publique, la Sécurité Sociale pour tous, la retraite à 60 ans, les 35 heures, les protections contre le chômage,  le CDI, le Code du travail et  les conventions collectives, l’échelle mobile des salaires jusqu’en 1983… Cette politique a permis à la France de devenir la 4ème puissance du monde, à la population de voir son niveau de vie augmenter.

Certes la mondialisation libérale initiée par Reagan et Thatcher, relayée en France par tous les gouvernements depuis 1983,  a déjà beaucoup écorné notre modèle social. Mais M. Sarkozy veut y mettre un point final en imposant son « nouveau contrat », qui n’est que le retour au 19ème siècle : 

      1. Offensive contre la Sécurité Sociale : nouvelles franchises, TVA sociale bientôt (mais nouvelles exonérations de cotisations employeurs), allongement de l’âge de la retraite (la référence à  60 ans étant remplacée par l’activité des 55/65 ans), sortie du 100 % de la Sécurité Sociale des maladies mortelles coûteuses (Sida, cancer, diabète, Alzheimer…), des handicapés, des dépendants, sommés de prendre des assurances privées, capitalisation, …
      2. Dans le Privé fin des 35 heures, flexibilité, mobilité, fin du CDI,  diminution de la sécurité que représentent encore les indemnités chômage et les indemnités de licenciement lorsqu’il est abusif, fin du SMIC, conventions collectives vidées de contenu par la primauté de la négociation au niveau entreprise…
      3. Dans le Public suppression de postes par dizaines de milliers, y compris les secteurs régaliens, fin du statut, mépris des fonctionnaires affublés d’un droit au départ avec pécule, privatisations...

Il n’y a aucun dialogue social: juste une piètre parodie des pires méthodes de gestion du privé infligée aux syndicats, genre: « JE fixe les objectifs, intangibles, vous mettez au point et exécutez ». Et en plus Sarkozy remet en cause le droit de grève dans les transports dans un 1er temps.

M. Sarkozy a parfois vis-à-vis de l’Europe des propos qu’on pourrait approuver (critique de l’Euro fort, de l’indépendance de la BCE…). Mais c’est une ruse : dans la réalité il tente de faire approuver dans le dos du peuple le « mini Traité » qui est  la reprise quasiment à l’identique de la Constitution rejetée par les français. Ce traité modificatif grave dans le marbre  l’indépendance de la BCE. Comme dit le père de la Constitution, Giscard d’Estaing : « Les gouvernements européens se sont mis d’accord sur des changements cosmétiques à la Constitution pour qu’elle soit plus facile à avaler ».
Sarkozy a promis à Bruxelles que ses reformes leur plairait. C’est exact. Bon élève il respecte absolument toutes les lignes directrices et autres livres blancs

Résistance Sociale  20 / 09/ 2007

    • Equité et dignité

Ce texte est paru dans la rubrique « Courrier de lecteurs » de Sud-Ouest Dimanche du 23 septembre 2007.

Le gouvernement a choisi d’exploiter les dissensions et les pulsions de l’opinion. Pour tous les maux, un accusé est jeté en pâture à la vindicte populaire : BCE, 35h, impôts, immigrés, chômeurs, fonctionnaires, Justice… Cette stratégie démagogique a l’avantage de calmer à moindre frais l’opinion et de donner l’illusion de l’action. D’où une côte de popularité au beau fixe. Mais elle a l’inconvénient de ne rien régler.
Dernier exemple, le financement des retraites, question dont les enjeux méritent un débat raisonné et un exposé complet des faits et des solutions. Au lieu de ça, le gouvernement désigne un coupable, les régimes spéciaux, qui représentent 5 milliards d’euros, à peine 4% du déficit, et un mobile, l’équité. Situation « indigne » selon le Président. Assez pour rassasier l’opinion, mais rien pour résoudre l’équation. Sans parler des 15 milliards de cadeaux fiscaux offerts aux plus privilégiés, comment peut-on prétexter l’équité tout en retardant le débat sur la pénibilité et en acceptant des inégalités bien plus « indignes » ? Entre 33 et 36 milliards par an d’exonérations sur des revenus échappant aux cotisations (stocks options, épargne entreprise, participation, intéressement, indemnités de retraite et licenciement) et dont profite une minorité de salariés du privé (Rapport de la Cour des Comptes), et 25 milliards par an d’exonérations de cotisations accordées sans contrepartie et sans évaluation aux entreprises pour baisser le coût du travail.
A quand une répartition des efforts vraiment équitable, et « digne » ?

Vincent MAROT  23 / 09 / 2007


Utopie Critique n° 41, 2ème trimestre 2007

Le Monde du 3 juillet 2007

Sondage LH2-Libération paru le 22août 2007

Mouvement des Jeunes Socialistes

Contrat Première Embauche

Le Monde du 15 juin 2007

Marianne du 30 juin 2007

On notera que le Parti des Travailleurs, malgré le score calamiteux de Gérard Schivardi lors de la présidentielle, entendait lui aussi constituer autour de sa personne un grand parti des travailleurs...

Le nom de Marie-Pierre Vieu est également de ceux qui circulent dans les couloirs de « Fabien », siège du PCF

Le Monde du 13 septembre 2007

Communisme, l'avenir d'une espérance, chez Calmann Lévy