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La lettre du mois de
l'AGAUREPS-Prométhée

 

Septembre 2007

Les Brèves de l’AGAUREPS-Prométhée Juin 2007

  • Communiqué relatif à la suppression de la carte scolaire

Le nouveau Ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, entend faire passer au pas de charge un certain nombre de réformes. Ses premières annonces ne manquent pas d’indigner toutes celles et tous ceux qui sont attachés à un vrai service public d’éducation affichant sa volonté d’égalité entre les élèves mais aussi entre les territoires. Le MARS-Gauche Républicaine est de ceux-là.
Enrobées dans un discours bienveillant à l’égard du corps enseignant, les propositions avancées par le Ministre ne tromperont personne quant au public qu’elles entendent satisfaire. Le démantèlement de la carte scolaire est ainsi sur les rails. Il devrait même débuter dès la prochaine rentrée avec un « assouplissement » qui concernerait entre 10 % et 20 % des affectations.

Or si la carte scolaire répondait en 1963, lors de son instauration, à une volonté de planification pour faire face à l’explosion d’offre éducative, elle s’est progressivement muée en un outil de mixité sociale. C’est cette dernière que le Ministre entend remettre en cause, sous couvert du respect de la liberté pour chacun de choisir son établissement d’accueil. Il est pourtant très clair que cette liberté ne pourra être saisie que par ceux qui disposent des moyens, en particulier financiers et logistiques, pour la mettre en pratique. Pour les autres, il s’agira ni plus ni moins que d’un enfermement supplémentaire et d’une accentuation de la ghettoïsation.
A défaut de proposer une réforme d’ampleur qui s’attellerait à développer une offre éducative diversifiée sur tout le territoire, à défaut de rendre une dimension humaine à nombre d’établissement, à défaut d’améliorer les conditions d’accueil pédagogiques des enfants en limitant le nombre d’élèves par classe, on nous propose encore une fois une réforme clientéliste qui brisera un peu plus l’égalité républicaine et détruira les derniers lieux de fermentation de la cohésion nationale. La suppression de la carte scolaire ne se limite pourtant pas qu’à cela. Il est en effet à craindre que ce ne soit que la première étape vers une autonomie des établissements, lesquels n’auront plus alors à s’affranchir de la moindre contrainte pour choisir leurs « consommateurs ».  Il suffit de voir la situation dans les lycées dans lesquels la carte scolaire a quasiment disparu pour vérifier la perversité de la réforme promise, puisque le choix des parents est en réalité conditionné par  celui des établissements qui sélectionnent leur population !

Le MARS-Gauche Républicaine dénonce avec force l’abandon programmé de la carte scolaire. Celle-ci est un outil nécessaire pour permettre aux élèves de s’ouvrir aux autres et pour empêcher l’Ecole de rentrer dans une logique concurrentielle. Il est aujourd’hui à craindre que le gouvernement Sarkozy-Fillon ne fasse de l’école une machine à aggraver les inégalités sociales.

MARS-Gauche Républicaine  22 / 05 / 2007

Nicolas Sarkozy met le turbo. Il veut coûte que coûte assurer la victoire de sa majorité à l'Assemblée Nationale. Et il donne de la voix pour masquer, derrière une vision très idéologique,  des mesures véritablement inéquitables.

Prenons la franchise fiscale et sociale sur les heures supplémentaires. Il n'y a pas pire programme pour dissuader d'embaucher les demandeurs d'emploi, interdire une augmentation des heures de travail aux salariés à temps partiel exclus de la mesure, avantager le patronat seul maître du jeu et, en final, priver la nation de recettes utiles à la solidarité. Il en résultera une flexibilité accrue d'un salariat éclaté toujours plus corvéable.
Restons encore dans les franchises et, notamment, celles qui portent sur le déremboursement des soins. Il n'y a pas pire programme quand on connaît la part des personnes et familles exclues du soin. Il faut n'avoir vraiment rien compris aux enjeux sanitaires et sociaux pour avancer tranquillement de telles solutions qui vont immanquablement creuser les inégalités devant les soins et la santé. C'est parfaitement révélateur d'une approche technocratique arrogante qui n'a qu'une vision comptable de la maîtrise des dépenses de santé. C'est l'assurance d'une santé à deux vitesses !

Jusqu'où ira ce détricotage déjà largement amorcé ? Le président entend bien garder la main et ne renoncera jamais à sa volonté de rupture libérale animée par le retour d'une idéologie néo-conservatrice. Derrière des slogans de campagne (« travailler plus pour gagner plus », « responsabiliser les usagers », etc.) se cachent de profondes remises en cause de notre modèle social, par ailleurs très attendues du MEDEF. Il n'y a qu'une seule façon de contrer cette droite impériale et offensive. Seule, la volonté populaire peut, grâce au bulletin de vote, mettre à mal la velléité de totale hégémonie d'une droite déjà trop puissante.

Xavier DUMOULIN  30 / 05 / 2007   http://sr07.unblog.fr

  • Xavier Darcos serait-il au P.S. ?

Qu'il ose déclarer que le bac « est un véritable examen qui n'est pas bradé… Il est important que la France continue à faire monter le niveau de qualification de sa population »  me consterne. Nous sommes bien placés pour voir que les élèves travaillent de moins en moins, passent dans les années supérieures à l'ancienneté avec des gouffres de lacunes en français, maths etc, et avec une culture littéraire, scientifique et historique réduite au minimum. J'affirme, Monsieur Darcos, que le bac est bien dévalué ; nous en avons la preuve : le nombre plus qu'élevé de jeunes qui échouent en faculté. Ils n'ont ni l'habitude de travailler, ni les acquis nécessaires, ni l'autonomie et la volonté qui leur ouvriraient des portes.
Le P.S. nous avait habitués au même discours, par pure démagogie, par volonté de niveler le niveau par le bas, par pseudo-égalitarisme .... Et vous, quel est votre intérêt ? Je crois que je le devine trop bien : laisser pourrir le système public, obligé de gérer, supporter et simplement garder « la piétaille » pour permettre aux classes privilégiées de suivre un enseignement digne de ce nom dans l'école privée ... 

C'est honteux, Monsieur Darcos, il n'est plus d'égalité républicaine dans ce pays, il n'est plus possible à un enfant socialement défavorisé de s'en sortir grâce à l'école : comment faire émerger l'école de l'excellence et des élites, voulue par J. Ferry, dans ces classes où les élèves font de l'inertie, sinon la loi, accaparent l'enseignant et intimident ceux qui voudraient travailler : « sale intello, va ! »  ???

Christine TASIN  07 / 06 / 2007  http://christinetasin.over-blog.fr

  • Communiqué relatif à l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité et du gaz aux particuliers

Il s’agit d’un communiqué du Mouvement de Sauvegarde, de Promotion et de Démocratisation des Services Publics en Sud-Gironde.

Une directive européenne va ouvrir à la concurrence, à partir du 1° juillet 2007, les marchés de l’électricité et du gaz pour les particuliers français. Deux possibilités s’offriront alors à eux :
soit rester aux tarifs réglementés, fixés par les pouvoirs publics et uniquement délivrés par EDF et Gaz de France, en ne souscrivant à aucune nouvelle offre.
soit quitter les tarifs réglementés et choisir une offre aux prix de marché. Ces offres seront proposées par tous les fournisseurs, y compris EDF et Gaz de France.

Nous souhaitons alerter nos concitoyens sur quelques unes des dispositions qui peuvent occasionner à plus moins brève échéance des déconvenues. Dès lors que le consommateur aura fait le choix de souscrire à une offre au prix de marché, il ne lui sera plus possible de revenir au tarif réglementé. De plus, le changement éventuel de contrat n’est pas lié à la personne qui le souscrit, mais à l’habitation : par conséquent, en cas de déménagement, le nouvel occupant de l’habitation, qu’il soit propriétaire ou locataire, se verra imposer le fournisseur choisi par l’ancien occupant, tout retour aux tarifs réglementés étant désormais impossible.
Il était initialement prévu que le tarif réglementé ne puisse pas s’appliquer pour les contrats concernant les logements neufs après le 1° juillet 2007. Mais un amendement dans la loi sur le droit opposable au logement de mars 2007 a limité cependant les dégâts : il stipule que le tarif réglementé demeure applicable aux contrats souscrits pour des logements neufs jusqu’au 1° juillet 2010 (ce sursis de 3 ans pour l’électricité est certes bienvenu, mais il ne s’appliquera pas pour les contrats de gaz pour lesquels les tarifs réglementés seront prohibés dès le 1° juillet 2007 !).

Nous dénonçons les risques de très fortes augmentations des prix sur le marché libre. A titre d’exemple et de comparaison, on peut signaler que l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité pour les entreprises effectuée précédemment s’est soldée par une hausse de 65 %  de la facture annuelle. L’abandon des tarifs réglementés se révèlera sans aucun doute comme une illusion aux conséquence négatives et coûteuses pour les particuliers.

Il s’agit d’une nouvelle illustration du dogme libéral prôné par la Commission européenne de Bruxelles et validé par le gouvernement français. Illustration pour le moins curieuse qui imposera de fait au consommateur, au nom de la concurrence, un renchérissement de la facture d’électricité, alors que l’argument couramment utilisé par les tenants de la concurrence à tout crin fait miroiter un gain financier pour les consommateurs. Il n’en sera rien pour l’électricité. L’irréversibilité du choix qui serait fait en faveur des tarifs libres est également choquante : les entreprises ont gardé la possibilité de retour au tarif réglementé qui est dénié aux particuliers !
Nous recommandons par conséquent à chacun de conserver les tarifs réglementés qui offrent une garantie de sécurité face aux risques d’inflation incontrôlée. Il sera également sûrement nécessaire et prudent de résister aux démarchages abusifs s’appuyant sur des propositions, apparaissant au premier abord alléchantes, qui ne manqueront pas de se multiplier, sous peine de déchanter très rapidement, comme l’on fait amèrement bon nombre d’entreprises tentées par les sirènes du marché libre.

Francis DASPE   24 / 06 / 2007

Les Brèves du mois de l’AGAUREPS-Prométhée Eté 2007

  • Réhabiliter l'égalité

La Gauche n’est pas atone. La Gauche n’est  pas inaudible. Elle est dépecée, vidée de sa substance par le nouveau grand prêtre élyséen. Sous couvert de références aux figures historiques telles Blum, Jaurès ou Guy Moquet, celui-ci la convie à glisser hors de ses bases. Pas forcément pour rejoindre celles que lui-même a dessinées, mais au moins pour désorienter un peu plus cette gauche en manque de repères.
A l’heure où chaque sensibilité, courant, organisation, appelle à la refondation, il va tout de même être nécessaire en préalable d’en définir le substrat idéologique. Et d’établir par là même naturellement des clivages. Cela est nécessaire, non pas pour le plaisir de s’affirmer ou de se singulariser, dans une période où l’on voudrait pourtant que nous nous fondions tous dans une même soupe originelle, mais parce que  les bases sur lesquelles repose notre vision de la société ne sont tout simplement pas les mêmes.
Nous ne proposons pas d’établir ici un catalogue, même si une analyse plus ou moins exhaustive s’imposera à terme. Examinons modestement une idée sur laquelle s’est affermie historiquement la notion de gauche et de droite et qui sépare encore fortement aujourd’hui, dans l’analyse qu’ils en font, les femmes et les hommes des deux camps : la notion d’inégalités.

On sait que la Droite actuelle s’est en grande partie constituée sur une vision économiste des choses. Que ce soit pour les classiques ou les néo-classiques des XVIII° et XIX° siècles, avec toutes les nuances qui s’imposent, les inégalités matérielles sont les sources mêmes de l'efficacité sociale. Pour les libéraux, si la liberté individuelle peut et doit se coupler à l'égalité juridique, elle n'est en aucun cas compatible avec l'égalité des biens. A l’inverse, si la Gauche prend acte de différences initiales, elle attribuait jusqu'alors celles-ci aux conditions d’existence ou plus prosaïquement à l'histoire des rapports de classe, ou encore en termes marxistes aux rapports de classe dans l'Histoire. D’où la nécessité, pour une Gauche, qui s’était forgée sur des valeurs morales, de ne pas se résigner à cet état de fait et de le corriger. L'égalité était alors bien plus qu'un but vers lequel tendre : c'était le stade qui permettrait l'épanouissement de chacun et l'émancipation de tous. L'égalité républicaine.
Or ces dernières années, le terme égalité a été décliné sous diverses formes. A son sujet, plusieurs ambitions se côtoient désormais et plusieurs gauches peuvent donc se distinguer. L’une d’entre elles croit aujourd’hui être au bout du chemin. Elle considère en effet que l’égalité des droits, pour partie acquise, constitue la condition nécessaire et suffisante pour que chacun puisse jouir dignement de sa vie et en tirer le parti qu’il souhaite. Il ne s'agit pourtant là à la vérité que d’un glissement vers une culture libérale, car elle confère à chaque individu la responsabilité pleine et entière de sa propre situation.
            L’aspiration à une vraie égalité doit, elle, viser à corriger les inégalités sociales afin que chacun puisse bénéficier dans les mêmes conditions des mêmes droits. A cet égard, elle se doit d'être ambitieuse sur les moyens à mettre en oeuvre pour y parvenir : éducation, services publics, accès à la culture, mais aussi protection sociale, droits de succession et politique de l'impôt redistributive.

Cette distinction insidieuse entre les deux gauches, nous la voyons à l’œuvre depuis de trop longues années. Elle a été l’une des causes de la vague du sociétal, qui s’est substituée, depuis le début des années 80, et plus encore à la chute du mur de Berlin, à la question des rapports de classes. Conjuguée à la prégnance nouvelle des droits de l'homme, elle a entériné une situation d'hétérogénéité entre les individus en offrant à chacun la liberté de s'en sortir. Ou non...Elle a aussi été décisive dans le discours de la candidate socialiste lors de la dernière campagne présidentielle. Sous couvert de justice (ordre juste etc...), elle voulait responsabiliser encore un peu plus chaque français. Et ne nous y trompons pas: il ne s'agissait en aucune façon de détails sémantiques mais d'expressions employées à dessein afin d'inculquer aux électeurs ce que devaient être les nouvelles valeurs de gauche. Il est heureux de constater que ces derniers, nourris au plus profond d'eux même de l'héritage et des valeurs de leur camp, ont accompagné sans enthousiasme Ségolène Royal dans son duel contre Nicolas Sarkozy. Avant tout, pour rassembler la gauche, il faut lui rester fidèle.
Alors il serait sans doute abusif de dire qu’une certaine gauche court après la Droite. Mais il faut reconnaître que par peur d’être stigmatisée et traitée d'archaïque, elle n’ose plus assumer ses ambitions. Cette gauche a ouvert la porte du rassemblement à Nicolas Sarkozy. La refondation et la reconquête passent pourtant par le fait de savoir qui l'on est et d’où l’on vient. Car les rapports de classe n’ont malheureusement pas encore suffisamment changé, bien au contraire, pour que l’on puisse se passer d’œuvrer en leur nom à la transformation sociale et à l'avènement de la République. Face à une droite décomplexée, la gauche doit être fière d’elle-même et se revendiquer encore et toujours comme une force de progrès. Donc travailler encore et toujours à l'égalité.

François COCQ  28 / 06 / 2007       
 

  • Communiqué du MARS-Gauche Républicaine relatif à la suppression de 10 000 postes dans l'Education Nationale

            L'annonce ce jeudi par Xavier Darcos, au détour d'une interview, de la suppression de 10 000 postes dans l'Education Nationale, ne manque pas de nous interpeller. Au delà de la volonté du gouvernement de ne remplacer qu'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, il y a bien là un mouvement de fond qui vise à démanteler le service public d'éducation.

            La logique comptable du ministre ne saurait en effet répondre à l'approche qualitative qui devrait être privilégiée pour notre Ecole. Il est paradoxal de lui trouver les pires maux lorsqu'il s'agit du diagnostic et de supprimer des moyens lorsqu'il s'agit d'apporter des réponses concrètes. L'éducation nationale n'est plus désormais pour le gouvernement Sarkozy-Fillon qu'une simple variable d'ajustement comptable.
            Il est également important de rapprocher cette annonce de l'abrogation progressive de la carte scolaire qui rentrera tant bien que mal en vigueur à la rentrée prochaine et qui génère un certain affolement dans les inspections académiques du fait de la précipitation et du flou des directives de mise en oeuvre. Ces suppressions de postes vont toucher en premier lieu les assistants d'éducation et les personnels d'encadrement dont beaucoup travaillent dans les établissements réputés difficiles. Moins d'adultes dans ces établissements, un départ des élèves moteurs, tous les ingrédients sont réunis pour que certains collèges et lycées deviennent de vrais ghettos scolaires. Il sera facile alors de stigmatiser certains publics !

            Tout cela est décidément bien loin du service public d'éducation que défend le MARS-Gauche Républicaine. Parce que l'Ecole doit être à la fois un lieu d'épanouissement personnel et le levier pour trouver sa place dans la société et dans le monde, nous nous devons de lui donner les moyens de répondre à ces exigences. Les coupes sombres qu'on lui réserve attestent que malheureusement cette ambition est loin d'être partagée par la nouvelle équipe gouvernementale.

MARS / Gauche Républicaine  28 / 06 / 2007

Depuis les premières générations de socialistes révolutionnaires, il est d'usage à gauche de marquer son territoire idéologique à l'encre rouge. Karl Marx, le premier, s'insurgeait contre les anarchistes avant de s'en prendre au programme platement réformiste des socialistes allemands. Son gendre, Paul Lafargue, à qui l'on doit l'importation en France d'un pseudo-marxisme, dogmatique, mécaniste et sectaire, très éloigné de l'œuvre originale et géniale, fut avec Jules Guesde un terrible pourchasseur des hérésies socialistes au premier rang desquelles, jugeaient-ils alors, figurait la puissante pensée de Jean Jaurès. Il fallut des hommes comme Edouard Vaillant (lui-même originairement blanquiste et donc à la fois jacobin, patriote et révolutionnaire) pour concilier enfin les protagonistes. Et je pourrais citer les interminables polémiques entre « possibilistes », guesdistes et d'autres tendances comme celle qu'incarnait alors Jean Allemane, authentique figure du prolétariat révolutionnaire et de laquelle se réclamait Lucien Herr dont l'influence intellectuelle sur Jaurès fut parait-il décisive dans sa « conversion au marxisme ». Allemane, à l'origine de tendance possibiliste, devint vite  scissionniste du parti de Paul Brousse et fonda le PSOR.
Tout dans l'histoire socialiste est affaire de débats d'une richesse parfois phénoménale mais souvent pervertie par une dérive sectaire générant divisions de chapelles et excommunications… L'histoire des congrès ouvriers de la période post-communarde en constitue une excellente illustration. C'est grâce à la soif d'unité d'un Jaurès que se réalisa enfin, en 1905 au congrès du globe à Paris,  l'unité organique du prolétariat dans la section française de l'internationale ouvrière.

Y aurait-il un destin du socialisme français condamné à reproduire les mêmes tares séculaires ? La réalité actuelle pousserait  à considérer les choses sous cet angle si nous n'avions par ailleurs ces puissants modèles rédempteurs au travers  d'hommes de synthèse au  génie intellectuel et politique  reconnu de tous. Je veux évoquer Jean Jaurès, l'homme de la synthèse républicaine et socialiste, et Pierre Mendes-France, ce rénovateur du radicalisme, tout à la fois pragmatique et visionnaire. Tous deux savaient modérer l'appétit de pouvoir. Tous deux s'appliquaient à mettre en harmonie la parole et les actes. La vérité guidait leurs pas.
Aujourd'hui la gauche du  vingt et unième siècle a d'autres horizons. Elle n'est pas dépourvue d'hommes et de femmes de tempérament, d'expérience et de talents et il n'y a aucune fatalité de l'échec et de la division. Pour peu que la raison l'emporte sur les passions, de grandes choses restent encore possibles.  A la base nous attendons des paroles et des actes à la hauteur des défis de cette période quand  triomphe l'esprit de lucre au détriment des valeurs républicaines. En hommes libres et égaux, nous voulions retrouver jadis les chemins de l'émancipation et de la fraternité. Beaucoup d'esprit civique et une conduite vraiment citoyenne ne nous rapprocheraient-ils pas d'un tel idéal ? Alors, serait-ce vraiment trop demander aux héritiers de l'esprit des Lumières de bien vouloir écouter leur raison pour purger ce « tout à l'ego » et promouvoir l'universel ?
 
                        Xavier DUMOULIN  28 / 06 / 2007   http://sr07.unblog.fr

  • L’attaque contre le droit de grève prend de l’ampleur… et contre tout le code du travail !

La méthode de Fillon c’est d’essayer de pervertir, de manipuler progressivement, pour mieux les asphyxier, les réflexes de défense des droits sociaux élémentaires. C’est bien Fillon qui a dit : « on ne peut pas remettre en cause les 35 h tout de suite, les esprits ne sont pas mûrs, ce sera pour la législature suivante ». Il fait pareil pour le droit de grève, il prétend s’appuyer sur la défense des usagers contre les cheminots, et puis, il parle d’étendre cela aux enseignants: il teste.
Pour arriver à ses fins, Fillon est obligé de mentir et d’aller, masqué, pas à pas : sa loi contre le droit de grève, ce n’est pas pour défendre, comme il le prétend, les usagers ou les parents d’élèves contre les cheminots et les profs, au contraire c’est pour empêcher les cheminots et les enseignants de défendre les usagers et les parents d’élèves.
Chacun sait que seulement 2 % des dysfonctionnements des transports proviennent des grèves, et 98 % de l’insuffisance des services publics (investissements, effectifs, matériels,…). Pareil à l’école, où Fillon, aux dernières nouvelles, veut supprimer 17 000 postes. (Forcément, il faut compenser les 15 milliards de remises d’impôt accordées aux familles les plus riches !).

Fillon commence par exiger que les grévistes et non grévistes se « dénoncent » à leurs directions hiérarchiques 48 h avant la grève ! Imaginez les ravages d’une telle loi : celui qui se déclare risque les pressions les pires, celui qui ne se déclare pas, ne peut se raviser, et on n’a pas le droit libre d’hésiter !
Puis, il exige qu’ils votent à bulletins secrets, au bout de huit jours de grève… Imaginez le moyen de pression, de chantage patronal ! Cela, pas seulement pour le secteur public mais pour toutes les entreprises !
Car, à partir des cheminots, Fillon, en plein été, est passé aux enseignants, et  des enseignants, il est passé aux 16 millions de salariés du privé. On n’en est plus à assurer le service minimum dans les transports, on en est à une atteinte généralisée contre le droit constitutionnel de grève. C’est le dessus et le dessous de l’iceberg, tout cela ne concerne en fait plus du tout le « service minimum » : cela concerne tous les métiers et le droit de grève en général…

Le rejet de cette atteinte fondamentale, anticonstitutionnelle, au droit de grève doit donc être le fait de toutes les catégories de salariés…
Ne pas se laisser saucissonner, comme Fillon l’a fait sur les retraites, en opposant privé et public, 37 et 40 annuités, pour ensuite tirer vers 41 et 42 annuités : sa méthode est la plus virulente, la plus perverse pour mettre à bas l’édifice de notre droit social et de notre droit du travail.
Il veut aussi supprimer le « premier tour » des élections professionnelles réservé aux syndicats : il facilitera avec un seul tour, les officines para syndicales, anti-syndicales, créées par les patrons eux-mêmes. Il veut aussi restaurer le travail dominical interdit à l’unanimité depuis 1906… Il veut et cela rôde secrètement derrière tout cela, réécrire totalement un nouveau code du travail, cent ans de reculs, qui entrera en vigueur pour sa partie législative le 1er septembre 2007, pour ses parties réglementaires les 1er janvier et 1er mars 2008. Unité intersyndicale public et privé, en défense des droits fondamentaux des salariés !

Gérard FILOCHE  18 / 07 / 2007

 

  • François Fillon confond démocratie et démagogie

Il s’agit d’un communiqué de la Convergence Nationale des Collectifs de Défense et de Développement des Services Publics relatif à la loi instituant un service minimum dans les transports.            
Le premier ministre, en exécuteur zélé des décisions sarkoziennes, a une obsession : « aller vite ! ». Tout en parlant quotidiennement dans les médias, de dialogue et de négociation, sans jamais prendre le temps de les organiser vraiment, Il veut faire avaliser par le Parlement, pendant la période estivale, tout un arsenal de projets de loi remettant profondément en cause, aussi bien dans l’entreprise que hors du travail, le système de protection sociale et les libertés publiques.  
            Avec le projet  sur le service minimum,  voulu aujourd'hui dans les transports, évoqué pour demain dans l'éducation nationale et pourquoi pas ensuite étendu à l'ensemble du salariat, une attaque décisive contre le droit de grève est déclenchée. Elle s’accompagne des grosses ficelles de mise en scène habituelles que sont les propos rassurants et surtout la division entre les usagers et les travailleurs. 
            Comme le dit Matignon, « il n'y a pas de sujet interdit quand il s'agit de rendre le meilleur service aux usagers ».

            Mais justement, de qui se moque-t-on ? Des usagers qui manifestaient ce 18 juillet pour la modernisation de la ligne Béziers-Neussargues, après des années de lutte pour le développement des dessertes voyageurs nationales et régionales, la reprise d’un trafic marchandise et le ferroutage ?
            Ou peut-être de ceux qui défendent leurs hôpitaux et maternités de proximités comme au Pertuis, à Ambert ou Qimperlé afin d'obtenir une égalité d'accès aux soins partout sur le territoire ?
            A moins que ce ne soit des parents d'élèves qui vont de nouveau entrer en résistance contre les fermetures de classes à la rentrée de septembre, conséquences logiques des 17 000 postes que le gouvernement compte supprimer ?
            Ou encore plus globalement des usagers de l'ensemble des services publics qui voient depuis plus de 20 ans disparaître cette garantie d'égalité et de solidarité que représente encore le service public, aux seuls motifs de rentabilité et de spéculation des groupes privés comme le démontrent par exemple les scandales de la tarification de l'eau ou des renseignements téléphoniques?

            Les Collectifs de défense et de développement des services publics et donc les usagers qui les composent, aux côtés de salarié-e-s et d’élu-e-s, savent depuis longtemps que ce ne sont pas les grèves qui sont responsables de la détérioration du service rendu aux usagers ! Bien qu’elles leur coûtent chères, elles sont autant de signaux d'alarme lancés en désespoir de cause par les salarié-e-s aux gouvernants et aux dirigeants d’entreprises pour alerter sur les conséquences dramatiques des réductions de moyens et des abandons de missions que ces derniers ont décidés et dont l'ensemble des citoyen-ne-s, notamment les plus démuni-e-s, souffrent au quotidien !
            Plus globalement, nous estimons nécessaire et urgent de FAIRE CONVERGER L’ENSEMBLE DES LUTTES pour l’existence et la qualité du service public, qu'il s'agisse des franchises médicales, de la directive postale, de l'ouverture du marché de l'énergie à la concurrence ou encore de l’éducation nationale et des transports. 
            Face à la démagogie, offrons un cadre unitaire avec l'ensemble des salariés des services publics et du privé, les usagers et les élus, pour affirmer qu'il ne peut y avoir de « République sans Service Public » !.

Transmis par Christian NGUYEN  20 / 07 / 2007

Monsieur Sarkozy a de la suite dans les idées mais il a de bien mauvaises idées. Il croit à son génie et à sa destinée. Vous allez voir ce que vous allez voir, se convainc sans doute ce président agité en pressant son entourage de conduire à pas de jogging son satané programme ! Mesures symboliques et réformes profondes s'enchevêtrent pour signifier à une opinion engourdie et ébahie sa fidélité à son projet de rupture. Enrichissez-vous ! A bas le fiscalisme et dehors la chienlit ! La droite, la vraie, gouverne… et ne fait pas semblant. Et tous les empêcheurs de tourner en rond n'ont qu'à bien se tenir ! Avis aux grévistes ! Et pas de quartier pour les récidivistes et les clandestins !

La logique de cette politique repose sur une vision économique libérale couplée d'une idéologie néo-conservatrice sur fond de volontarisme, un peu Second Empire. La cohérence ? Inutile de se prendre la tête. On fait dans la caricature : d'un côté l'ordre, l'initiative, le travail, l'argent, l'effort récompensé ; de l'autre le laxisme, l'assistanat et la bureaucratie envahissante et parasitaire. Les réponses ne coulent-elles pas de source ? Pour donner le change N. Sarkozy use de faux-semblants et de longues litanies ; les franchises sont pour la recherche et la prise en charge de l'Alzeimer, les exonérations des cotisations,  pour permettre aux salariés de gagner plus, les suppressions de postes dans la fonction publique,  pour mieux payer les fonctionnaires…  Comment aller à l'encontre de si bonnes intentions ? Franchement, les yeux dans les yeux…
Cette ambiance idéologique délétère se répand dans la plus grande confusion des genres. En réalité, d'où vient l'argent facile ? De quelques aides aux plus fragiles, toujours allouées sous conditions sociales peu enviables quand les revenus du travail décrochent par rapport à ceux du capital ?   Ou bien des stock-options, des revenus du capital et de la rente ? Mais qui sont alors  les profiteurs du système ?
Les remèdes de chien de notre docteur Diafoirus, partent d'un diagnostic vicié pour une thérapie de choc qui pourrait bien être fatale. La redistribution à l'envers c'est un manque à gagner considérable avec un effet mécanique sur le niveau d'endettement sauf à tailler dans le vif des dépenses publiques, d'où les suppressions de postes de fonctionnaires par dizaines de milliers. C'est assurément de l'argent qui va à l'argent et non à la consommation dont on connait l'impact décisif sur la croissance et l'emploi. Les franchises, ce sont des bombes à retardement pour tous ceux qui diffèrent les soins et se trouvent ensuite dans une situation sanitaire aggravée. Ce dispositif n'est-il pas la négation d'une politique de prévention dont on sait l'importance ? En raison d'un prétendu service minimum, c'est la remise en question du droit de grève. Dans tous les domaines, c'est le triomphe d'une réaction contre l'Etat social, la protection des travailleurs et des plus vulnérables.

Le sens caché de cette boulimie de réformes - autant iniques qu'ineptes - mérite d'être dénoncé avec la sévérité qui sied à pareille entreprise de destabilisation économique, sociale et idéologique. Le non sens est au pouvoir d'un pouvoir pourtant chargé de sens.

Xavier DUMOULIN  01 / 08 / 2007   http://sr07.unblog.fr