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La lettre du mois de
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Les Brèves de l’AGAUREPS-Prométhée Juin 2007
Le nouveau Ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, entend faire passer au pas de charge un certain nombre de réformes. Ses premières annonces ne manquent pas d’indigner toutes celles et tous ceux qui sont attachés à un vrai service public d’éducation affichant sa volonté d’égalité entre les élèves mais aussi entre les territoires. Le MARS-Gauche Républicaine est de ceux-là. Or si la carte scolaire répondait en 1963, lors de son instauration, à une volonté de planification pour faire face à l’explosion d’offre éducative, elle s’est progressivement muée en un outil de mixité sociale. C’est cette dernière que le Ministre entend remettre en cause, sous couvert du respect de la liberté pour chacun de choisir son établissement d’accueil. Il est pourtant très clair que cette liberté ne pourra être saisie que par ceux qui disposent des moyens, en particulier financiers et logistiques, pour la mettre en pratique. Pour les autres, il s’agira ni plus ni moins que d’un enfermement supplémentaire et d’une accentuation de la ghettoïsation. Le MARS-Gauche Républicaine dénonce avec force l’abandon programmé de la carte scolaire. Celle-ci est un outil nécessaire pour permettre aux élèves de s’ouvrir aux autres et pour empêcher l’Ecole de rentrer dans une logique concurrentielle. Il est aujourd’hui à craindre que le gouvernement Sarkozy-Fillon ne fasse de l’école une machine à aggraver les inégalités sociales. MARS-Gauche Républicaine 22 / 05 / 2007 Nicolas Sarkozy met le turbo. Il veut coûte que coûte assurer la victoire de sa majorité à l'Assemblée Nationale. Et il donne de la voix pour masquer, derrière une vision très idéologique, des mesures véritablement inéquitables. Prenons la franchise fiscale et sociale sur les heures supplémentaires. Il n'y a pas pire programme pour dissuader d'embaucher les demandeurs d'emploi, interdire une augmentation des heures de travail aux salariés à temps partiel exclus de la mesure, avantager le patronat seul maître du jeu et, en final, priver la nation de recettes utiles à la solidarité. Il en résultera une flexibilité accrue d'un salariat éclaté toujours plus corvéable. Jusqu'où ira ce détricotage déjà largement amorcé ? Le président entend bien garder la main et ne renoncera jamais à sa volonté de rupture libérale animée par le retour d'une idéologie néo-conservatrice. Derrière des slogans de campagne (« travailler plus pour gagner plus », « responsabiliser les usagers », etc.) se cachent de profondes remises en cause de notre modèle social, par ailleurs très attendues du MEDEF. Il n'y a qu'une seule façon de contrer cette droite impériale et offensive. Seule, la volonté populaire peut, grâce au bulletin de vote, mettre à mal la velléité de totale hégémonie d'une droite déjà trop puissante. Xavier DUMOULIN 30 / 05 / 2007 http://sr07.unblog.fr
Qu'il ose déclarer que le bac « est un véritable examen qui n'est pas bradé… Il est important que la France continue à faire monter le niveau de qualification de sa population » me consterne. Nous sommes bien placés pour voir que les élèves travaillent de moins en moins, passent dans les années supérieures à l'ancienneté avec des gouffres de lacunes en français, maths etc, et avec une culture littéraire, scientifique et historique réduite au minimum. J'affirme, Monsieur Darcos, que le bac est bien dévalué ; nous en avons la preuve : le nombre plus qu'élevé de jeunes qui échouent en faculté. Ils n'ont ni l'habitude de travailler, ni les acquis nécessaires, ni l'autonomie et la volonté qui leur ouvriraient des portes. C'est honteux, Monsieur Darcos, il n'est plus d'égalité républicaine dans ce pays, il n'est plus possible à un enfant socialement défavorisé de s'en sortir grâce à l'école : comment faire émerger l'école de l'excellence et des élites, voulue par J. Ferry, dans ces classes où les élèves font de l'inertie, sinon la loi, accaparent l'enseignant et intimident ceux qui voudraient travailler : « sale intello, va ! » ??? Christine TASIN 07 / 06 / 2007 http://christinetasin.over-blog.fr
Il s’agit d’un communiqué du Mouvement de Sauvegarde, de Promotion et de Démocratisation des Services Publics en Sud-Gironde. Une directive européenne va ouvrir à la concurrence, à partir du 1° juillet 2007, les marchés de l’électricité et du gaz pour les particuliers français. Deux possibilités s’offriront alors à eux : Nous souhaitons alerter nos concitoyens sur quelques unes des dispositions qui peuvent occasionner à plus moins brève échéance des déconvenues. Dès lors que le consommateur aura fait le choix de souscrire à une offre au prix de marché, il ne lui sera plus possible de revenir au tarif réglementé. De plus, le changement éventuel de contrat n’est pas lié à la personne qui le souscrit, mais à l’habitation : par conséquent, en cas de déménagement, le nouvel occupant de l’habitation, qu’il soit propriétaire ou locataire, se verra imposer le fournisseur choisi par l’ancien occupant, tout retour aux tarifs réglementés étant désormais impossible. Nous dénonçons les risques de très fortes augmentations des prix sur le marché libre. A titre d’exemple et de comparaison, on peut signaler que l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité pour les entreprises effectuée précédemment s’est soldée par une hausse de 65 % de la facture annuelle. L’abandon des tarifs réglementés se révèlera sans aucun doute comme une illusion aux conséquence négatives et coûteuses pour les particuliers. Il s’agit d’une nouvelle illustration du dogme libéral prôné par la Commission européenne de Bruxelles et validé par le gouvernement français. Illustration pour le moins curieuse qui imposera de fait au consommateur, au nom de la concurrence, un renchérissement de la facture d’électricité, alors que l’argument couramment utilisé par les tenants de la concurrence à tout crin fait miroiter un gain financier pour les consommateurs. Il n’en sera rien pour l’électricité. L’irréversibilité du choix qui serait fait en faveur des tarifs libres est également choquante : les entreprises ont gardé la possibilité de retour au tarif réglementé qui est dénié aux particuliers ! Francis DASPE 24 / 06 / 2007 Les Brèves du mois de l’AGAUREPS-Prométhée Eté 2007
La Gauche n’est pas atone. La Gauche n’est pas inaudible. Elle est dépecée, vidée de sa substance par le nouveau grand prêtre élyséen. Sous couvert de références aux figures historiques telles Blum, Jaurès ou Guy Moquet, celui-ci la convie à glisser hors de ses bases. Pas forcément pour rejoindre celles que lui-même a dessinées, mais au moins pour désorienter un peu plus cette gauche en manque de repères. On sait que la Droite actuelle s’est en grande partie constituée sur une vision économiste des choses. Que ce soit pour les classiques ou les néo-classiques des XVIII° et XIX° siècles, avec toutes les nuances qui s’imposent, les inégalités matérielles sont les sources mêmes de l'efficacité sociale. Pour les libéraux, si la liberté individuelle peut et doit se coupler à l'égalité juridique, elle n'est en aucun cas compatible avec l'égalité des biens. A l’inverse, si la Gauche prend acte de différences initiales, elle attribuait jusqu'alors celles-ci aux conditions d’existence ou plus prosaïquement à l'histoire des rapports de classe, ou encore en termes marxistes aux rapports de classe dans l'Histoire. D’où la nécessité, pour une Gauche, qui s’était forgée sur des valeurs morales, de ne pas se résigner à cet état de fait et de le corriger. L'égalité était alors bien plus qu'un but vers lequel tendre : c'était le stade qui permettrait l'épanouissement de chacun et l'émancipation de tous. L'égalité républicaine. Cette distinction insidieuse entre les deux gauches, nous la voyons à l’œuvre depuis de trop longues années. Elle a été l’une des causes de la vague du sociétal, qui s’est substituée, depuis le début des années 80, et plus encore à la chute du mur de Berlin, à la question des rapports de classes. Conjuguée à la prégnance nouvelle des droits de l'homme, elle a entériné une situation d'hétérogénéité entre les individus en offrant à chacun la liberté de s'en sortir. Ou non...Elle a aussi été décisive dans le discours de la candidate socialiste lors de la dernière campagne présidentielle. Sous couvert de justice (ordre juste etc...), elle voulait responsabiliser encore un peu plus chaque français. Et ne nous y trompons pas: il ne s'agissait en aucune façon de détails sémantiques mais d'expressions employées à dessein afin d'inculquer aux électeurs ce que devaient être les nouvelles valeurs de gauche. Il est heureux de constater que ces derniers, nourris au plus profond d'eux même de l'héritage et des valeurs de leur camp, ont accompagné sans enthousiasme Ségolène Royal dans son duel contre Nicolas Sarkozy. Avant tout, pour rassembler la gauche, il faut lui rester fidèle. François COCQ 28 / 06 / 2007
L'annonce ce jeudi par Xavier Darcos, au détour d'une interview, de la suppression de 10 000 postes dans l'Education Nationale, ne manque pas de nous interpeller. Au delà de la volonté du gouvernement de ne remplacer qu'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, il y a bien là un mouvement de fond qui vise à démanteler le service public d'éducation. La logique comptable du ministre ne saurait en effet répondre à l'approche qualitative qui devrait être privilégiée pour notre Ecole. Il est paradoxal de lui trouver les pires maux lorsqu'il s'agit du diagnostic et de supprimer des moyens lorsqu'il s'agit d'apporter des réponses concrètes. L'éducation nationale n'est plus désormais pour le gouvernement Sarkozy-Fillon qu'une simple variable d'ajustement comptable. Tout cela est décidément bien loin du service public d'éducation que défend le MARS-Gauche Républicaine. Parce que l'Ecole doit être à la fois un lieu d'épanouissement personnel et le levier pour trouver sa place dans la société et dans le monde, nous nous devons de lui donner les moyens de répondre à ces exigences. Les coupes sombres qu'on lui réserve attestent que malheureusement cette ambition est loin d'être partagée par la nouvelle équipe gouvernementale. MARS / Gauche Républicaine 28 / 06 / 2007 Depuis les premières générations de socialistes révolutionnaires, il est d'usage à gauche de marquer son territoire idéologique à l'encre rouge. Karl Marx, le premier, s'insurgeait contre les anarchistes avant de s'en prendre au programme platement réformiste des socialistes allemands. Son gendre, Paul Lafargue, à qui l'on doit l'importation en France d'un pseudo-marxisme, dogmatique, mécaniste et sectaire, très éloigné de l'œuvre originale et géniale, fut avec Jules Guesde un terrible pourchasseur des hérésies socialistes au premier rang desquelles, jugeaient-ils alors, figurait la puissante pensée de Jean Jaurès. Il fallut des hommes comme Edouard Vaillant (lui-même originairement blanquiste et donc à la fois jacobin, patriote et révolutionnaire) pour concilier enfin les protagonistes. Et je pourrais citer les interminables polémiques entre « possibilistes », guesdistes et d'autres tendances comme celle qu'incarnait alors Jean Allemane, authentique figure du prolétariat révolutionnaire et de laquelle se réclamait Lucien Herr dont l'influence intellectuelle sur Jaurès fut parait-il décisive dans sa « conversion au marxisme ». Allemane, à l'origine de tendance possibiliste, devint vite scissionniste du parti de Paul Brousse et fonda le PSOR. Y aurait-il un destin du socialisme français condamné à reproduire les mêmes tares séculaires ? La réalité actuelle pousserait à considérer les choses sous cet angle si nous n'avions par ailleurs ces puissants modèles rédempteurs au travers d'hommes de synthèse au génie intellectuel et politique reconnu de tous. Je veux évoquer Jean Jaurès, l'homme de la synthèse républicaine et socialiste, et Pierre Mendes-France, ce rénovateur du radicalisme, tout à la fois pragmatique et visionnaire. Tous deux savaient modérer l'appétit de pouvoir. Tous deux s'appliquaient à mettre en harmonie la parole et les actes. La vérité guidait leurs pas.
La méthode de Fillon c’est d’essayer de pervertir, de manipuler progressivement, pour mieux les asphyxier, les réflexes de défense des droits sociaux élémentaires. C’est bien Fillon qui a dit : « on ne peut pas remettre en cause les 35 h tout de suite, les esprits ne sont pas mûrs, ce sera pour la législature suivante ». Il fait pareil pour le droit de grève, il prétend s’appuyer sur la défense des usagers contre les cheminots, et puis, il parle d’étendre cela aux enseignants: il teste. Fillon commence par exiger que les grévistes et non grévistes se « dénoncent » à leurs directions hiérarchiques 48 h avant la grève ! Imaginez les ravages d’une telle loi : celui qui se déclare risque les pressions les pires, celui qui ne se déclare pas, ne peut se raviser, et on n’a pas le droit libre d’hésiter ! Le rejet de cette atteinte fondamentale, anticonstitutionnelle, au droit de grève doit donc être le fait de toutes les catégories de salariés… Gérard FILOCHE 18 / 07 / 2007
Il s’agit d’un communiqué de la Convergence Nationale des Collectifs de Défense et de Développement des Services Publics relatif à la loi instituant un service minimum dans les transports. Mais justement, de qui se moque-t-on ? Des usagers qui manifestaient ce 18 juillet pour la modernisation de la ligne Béziers-Neussargues, après des années de lutte pour le développement des dessertes voyageurs nationales et régionales, la reprise d’un trafic marchandise et le ferroutage ? Les Collectifs de défense et de développement des services publics et donc les usagers qui les composent, aux côtés de salarié-e-s et d’élu-e-s, savent depuis longtemps que ce ne sont pas les grèves qui sont responsables de la détérioration du service rendu aux usagers ! Bien qu’elles leur coûtent chères, elles sont autant de signaux d'alarme lancés en désespoir de cause par les salarié-e-s aux gouvernants et aux dirigeants d’entreprises pour alerter sur les conséquences dramatiques des réductions de moyens et des abandons de missions que ces derniers ont décidés et dont l'ensemble des citoyen-ne-s, notamment les plus démuni-e-s, souffrent au quotidien ! Transmis par Christian NGUYEN 20 / 07 / 2007 Monsieur Sarkozy a de la suite dans les idées mais il a de bien mauvaises idées. Il croit à son génie et à sa destinée. Vous allez voir ce que vous allez voir, se convainc sans doute ce président agité en pressant son entourage de conduire à pas de jogging son satané programme ! Mesures symboliques et réformes profondes s'enchevêtrent pour signifier à une opinion engourdie et ébahie sa fidélité à son projet de rupture. Enrichissez-vous ! A bas le fiscalisme et dehors la chienlit ! La droite, la vraie, gouverne… et ne fait pas semblant. Et tous les empêcheurs de tourner en rond n'ont qu'à bien se tenir ! Avis aux grévistes ! Et pas de quartier pour les récidivistes et les clandestins ! La logique de cette politique repose sur une vision économique libérale couplée d'une idéologie néo-conservatrice sur fond de volontarisme, un peu Second Empire. La cohérence ? Inutile de se prendre la tête. On fait dans la caricature : d'un côté l'ordre, l'initiative, le travail, l'argent, l'effort récompensé ; de l'autre le laxisme, l'assistanat et la bureaucratie envahissante et parasitaire. Les réponses ne coulent-elles pas de source ? Pour donner le change N. Sarkozy use de faux-semblants et de longues litanies ; les franchises sont pour la recherche et la prise en charge de l'Alzeimer, les exonérations des cotisations, pour permettre aux salariés de gagner plus, les suppressions de postes dans la fonction publique, pour mieux payer les fonctionnaires… Comment aller à l'encontre de si bonnes intentions ? Franchement, les yeux dans les yeux… Le sens caché de cette boulimie de réformes - autant iniques qu'ineptes - mérite d'être dénoncé avec la sévérité qui sied à pareille entreprise de destabilisation économique, sociale et idéologique. Le non sens est au pouvoir d'un pouvoir pourtant chargé de sens. Xavier DUMOULIN 01 / 08 / 2007 http://sr07.unblog.fr |
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