- Des résultats complexes et confus pour une Gauche en chantier
Le premier tour des élections présidentielles du 22 avril 2007 vient donc de livrer son verdict. Cette échéance était attendue avec impatience. La clarté supposée de résultats bruts ne dispense pas de s’essayer au délicat exercice de l’analyse politique : il n’est pas aisé d’en décrypter les enseignements essentiels ressortant de ce grand vote.
Une lecture à double entrée peut effectivement être effectuée, pouvant donner matière à des interprétations contradictoires. On constate en effet très rapidement que coexistent des signes de satisfaction et d’espérance avec des éléments moins avenants ou même franchement plus inquiétants. Il est nécessaire d’en déterminer les parts respectives de chacun d’entre eux si l’on veut se forger une opinion un tant soit peu équilibrée et objective.
▲ Un taux de participation élevé
Le taux de participation particulièrement élevé constitue un premier élément positif enregistré à l’occasion de ce scrutin. Il contraste singulièrement avec la croissance continue de l’abstention observée depuis quelques années en France. Cela constituait un des symptômes de ce qui était considéré comme la crise du politique et témoignait du désintérêt croissant des citoyens à l’égard de la chose publique. La hausse de cette participation est également à rebours des évolutions constatées dans la plupart de nos voisins européens, sans parler de la situation alarmante prévalant aux Etats-Unis. Certains n’hésitent pas à parler de renversement historique et d’une amorce d’un processus de réhabilitation du fait politique. Ce serait cependant aller un peu vite en besogne que d’affirmer cela de manière aussi péremptoire.
Il convient en effet de nuancer un tel point de vue. Il est nécessaire de déterminer autant que faire se peut la part réelle de « conscientisation » contenue dans ce vote massif. Il résulte à notre avis davantage d’un vote dit utile, dans le prolongement du traumatisme du 21 avril 2002. Traumatisme dont il n’est pas inutile de rappeler qu’il a été complaisamment entretenu au cours de ces cinq dernières années et alimenté par la gigantesque entreprise de culpabilisation amorcée dès le lendemain de la qualification de Le Pen pour le second tour. Le message a été repris et martelé au cours de la campagne, aussi bien par des candidats que par la majorité des médias. L’impact en a été fort, occasionnant de la sorte une conséquence peu enthousiasmante : la faiblesse inquiétante du vote d’adhésion. Dans ces conditions, parler de réhabilitation du débat politique apparaît exagéré, le vote utile étant en définitive bien souvent un vote futile.
Les dérives d’une campagne à l’américaine ont par ailleurs subsisté et ne sauraient être passées sous silence. Elles ont même pris une ampleur encore jamais atteinte. La personnalisation à outrance du débat, l’utilisation frénétique des sondages, le primat accordé au marketing politique sur la réflexion idéologique ont imprimé leur sceau à la campagne électorale et contredisent la thèse d’une réhabilitation du fait politique que la participation élevée pourrait accréditer. L’élément peut-être le plus encourageant ne réside probablement pas dans le taux global de participation, mais plutôt dans la mobilisation accrûe des jeunes, notamment ceux issus des quartiers populaires.
▲ Le recul du Front National
La surprise de ce premier a été sans nul doute la baisse significative du pourcentage de voix recueillies par Jean-Marie Le Pen. Elle est d’autant plus forte que nombreux étaient les pronostiqueurs qui voyaient le Front National à un niveau jugé préoccupant pour l’état de la démocratie française. Les événements des banlieues de l’automne 2005, la persistance des problèmes d’insécurité, à la fois abondamment entretenus par le candidat Sarkozy et complaisamment relayés par des médias favorables à ce dernier, faisaient craindre le pire. Chacun estimait que le candidat du Front National était largement sous-estimé dans les différents sondages d’opinion. Beaucoup craignaient qu’il n’arrive en seconde position comme en 2002. En fin de compte, il se retrouve loin derrière, et au quatrième rang seulement.
Là aussi, il semble bien qu’il ne faille pas s’illusionner et crier victoire trop tôt. Plusieurs remarques incitent à garder vigilance et modération. Tout d’abord, on peut remarquer qu’en valeur absolue les voix en faveur de Le Pen n’ont pas véritablement diminué. Elles se stabilisent en fait autour de quatre millions d’unités, ce qui reste considérable. C’est en fait (mais pas seulement) un effet d’optique dû à la très forte participation qui conduit à un recul en pourcentage. Autre effet d’optique, le score élevé obtenu par les principaux candidats (vote utile aidant) offre un contraste saisissant avec la situation caractérisant Le Pen. Dernier effet optique, le fait qu’un troisième homme se soit intercalé, réduisant de la sorte en conséquence les chances d’une éventuelle qualification pour un second tour, a accentué l’impression de recul. Par conséquent, nous ne pouvons pas affirmer autant que nous le voudrions que le Front National se retrouve en déclin plus ou moins avancé.
Cette idée est puissamment confortée par la fait que les idées lepénistes restent indiscutablement présentes dans le débat public et dans les mentalités. Elles ont été partiellement récupérées et recyclées par Sarkozy, contribuant peut-être de cette manière à les banaliser, et donc par certains aspects à leur octroyer une légitimité inespérée et à les rendre d’autant plus dangereuses. Le problème de fond subsiste et n’est pas réglé. Dire cela ne doit cependant pas conduire non plus à surestimer le danger du Front National à des fins intéressées. Il faut cesser d’instrumentaliser le Front National en l’agitant comme un épouvantail au gré des circonstances : ce n’est pas le meilleur moyen de lutter efficacement contre les idées lepénistes. Cela ne doit pas non plus servir à masquer la vacuité d’un discours insuffisamment alternatif (à gauche et aussi à l’extrême-gauche) ou le cynisme d’un projet ouvertement néo-libéral singulièrement dépourvu d’humanité (à droite).
▲ Le retour à un duel Gauche/Droite
Le second tour opposera le candidat (annoncé) de la droite, Nicolas Sarkozy, à la candidate (annoncée) de la gauche, Ségolène Royal. En ce domaine, pas de surprise. Par certains aspects, cette configuration classique s’avère réconfortante après le choix tronqué et frustrant d’il y a cinq ans. Le retour à un duel mettant aux prises la droite à la gauche ne peut qu’être satisfaisant au regard des possibles duels que les sondages laissaient envisager.
Mais de là à faire de cette situation la concrétisation d’un choix idéologique de société, il y a un pas qu’il n’est pas possible de franchir sans exprimer la moindre réticence. Il est évident que le candidat de droite a élaboré un authentique programme de droite classique, programme ayant même eu tendance à se droitiser de manière significative, et ce malgré quelques impostures lexicales visant à courtiser de manière éhontée l’électorat populaire de gauche. On peut cependant regretter que la candidate de gauche ne se soit pas suffisamment appuyée, dans sa volonté d’opérer à un large rassemblement, sur un projet clairement orienté à gauche. Ce sentiment est par ailleurs renforcé par les multiples ouvertures en direction de François Bayrou et de l’électorat centriste entre les deux tours, même si l’on comprend bien que la volonté de se retrouver en capacité de gagner au soir du 6 mai nécessite de semblables exercices de style.
Ségolène Royal n’a pas su, pu ou voulu, dans le cadre du débat d’idées contradictoire avec son concurrent de droite, mettre au premier plan la question pourtant fondamentale du positionnement à adopter face à la déferlante de l’idéologie libérale favorisée par le contexte de mondialisation conquérante. L’impression que des militants de gauche ont ressentie était de considérer qu’une alternance de plus se préparait en lieu et place de la nécessaire alternative réclamée depuis plusieurs années par une majorité du peuple. Alternative pour laquelle le vote populaire et citoyen du 29 mai 2005 à l’occasion du référendum relatif au traité constitutionnel européen avait préparé le terrain, en ayant massivement rejeté le mode d’organisation de l’économie et de la société qui aurait été régenté par la fameuse « concurrence libre et non faussée ».
▲ L’émergence de François Bayrou
Même s’il n’est pas qualifié pour le second tour, François Bayrou peut s’ériger parmi les principaux bénéficiaires de ce scrutin. Les sondages ont longtemps oscillé entre deux cas de figures opposés : un score dérisoire guère plus élevé que celui réalisé il y a cinq ans, la possibilité d’être présent au second tour, ce qui aurait représenté pour le coup un véritable séisme sur l’échiquier politique. Il est à noter par exemple qu’il obtient autant de voix que Jacques Chirac n’en avait recueillies lors du premier tour de 2002. Comparaison utile et pleine de sens si l’on veut juger de la réalité politique de chacune des deux élections présidentielles.
Le vote Bayrou n’est pas aisé à cerner et à appréhender dans sa complexité notoire. Il constitue un amalgame de plusieurs tendances pas forcément compatibles les unes avec les autres. On ne saurait lui dénier une part non négligeable de vote d’adhésion à ses idées mais existent également un vote de contestation, lui-même de motivations et d’horizons divers, ainsi qu’un vote utile s’étant porté sur le candidat apparaissant comme le mieux placé pour battre Sarkozy dans un éventuel second tour. Pour obscurcir la réalité, rappelons que les citoyens ayant exprimé leur suffrage en sa faveur l’ont fait autant pour marquer leur proximité avec le contenu du projet que pour manifester une solidarité pour la posture incontestablement atypique et courageuse du leader centriste. Avec ce résultat, il semble bien qu’il existe désormais un centre en France. Du moins une expression électorale momentanée du centre, ce qui est loin d’être la même chose.
Mais cela n’est pas aussi évident qu’il n’y paraît à première vue. Il faut tout d’abord démasquer l’homme de droite (tout en lui reconnaissant la posture hardie d’un homme confronté à la machine à broyer de l’UMP qui, comme nous l’avons indiqué précédemment, lui a apporté sans nul doute sympathies et suffrages). Son programme est fondamentalement orienté à droite sur le fond : il défend une vision libérale de l’économie, acceptant sans sourciller la loi du marché, certes adoucie en paroles, la concurrence libre et non faussée rejetée par les citoyens français lors du référendum, et ne s’attaquant pas aux racines des inégalités sociales. L’ancrage d’un centre qui soit véritablement centre, et non satellite de la formation de droite majoritaire comme cela a été le cas presque systématiquement dans notre pays, n’est pas encore assuré. Il dépendra des législatives à venir en juin. C’est à cet instant que se décidera au final le sort de la tentative de Bayrou : les 19 % des présidentielles ne sont en rien déterminants et ne présagent aucunement de l’avenir. A cet égard, le ralliement de la grande majorité des députés et autres élus de l’UDF laisse planer de gros points d’interrogation sur la pérennité de l’entreprise menée par François Bayrou. C’est à ce moment que se jouera l’essentiel pour lui : le maintien d’un groupe parlementaire fourni est une condition sine qua non.
L’hypothétique émergence d’un centre pose des questions. Au premier chef, celle de la relation que devra adopter à son encontre le parti socialiste, et donc de ses futures alliances et de ses orientations stratégiques. Ensuite, celle de la constitution qui paraît inéluctable d’une force politique comparable au parti démocrate américain. Autour de qui s’organisera-t-elle ? Du parti socialiste au sein duquel la tentation sociale-libérale ou blairiste n’est pas négligeable, ou alors de l’UDF qui se sentirait pousser des ailes ? Là réside en fait la véritable question. Et ce n’est pas parce que quelqu’un aura préempté le terme de « parti démocrate » qu’il aura réussi l’opération. Quelle qu’en soit l’option qui s’imposera, les incidences sur la gauche ne seront pas anodines. Il s’agira d’un défi à relever au mieux. Se dirigera-t-on vers une bipolarisation molle ou une tripolarisation incertaine ? Quel avenir pour une force de gauche antilibérale ressourcée aux valeurs républicaines en capacité et en volonté de gouverner ?
▲ Les Verts au ras des pâquerettes
Le score véritablement pitoyable obtenu par Dominique Voynet interpelle et amène à s’interroger de manière approfondie en s’efforçant de dépasser tous les poncifs caractérisant traditionnellement, et parfois à juste titre, les écologistes et l’écologie. Il existe un problème à la fois de fond et de forme. La médiocre campagne menée par Dominique Voynet ne peut expliquer à elle seule l’étendue des dégâts. Non plus que les effets dévastateurs du vote utile. Pas davantage les désormais rituelles querelles et rancunes de personnes qui rendent peu crédibles l’appel à faire de la politique autrement. Les incohérences de méthode sont aussi récurrentes et apparaissent clairement : le discours est volontiers radical, voire imprécateur, mais on est trop facilement disponible pour participer à l’exercice des responsabilités, et pas uniquement au niveau national. Est-ce cela être une gauche responsable en oscillant de l’intransigeance calculée à l’appel de l’assiette au beurre ? Il y a de quoi déconcerter des bataillons entiers d’électeurs sincères.
L’anémie des Verts pose véritablement un problème et suscite des inquiétudes. Il existe réellement un risque de « désidéologisation » de l’écologie. On l’a vu au début de cette campagne avec l’initiative menée par Nicolas Hulot. Les impératifs environnementaux ne doivent en aucune manière être déconnectés des urgences sociales et des exigences républicaines. On a déjà vu les résultats catastrophiques que cela avait donnés avec Antoine Waechter. Force est de constater que les outrances dogmatiques de certains leaders écologistes (à ne pas confondre avec une nécessaire réflexion idéologique), ou au contraire les reniements en tous genres que Cohn-Bendit incarne à merveille, n’ont pas contribué pour peu à cet indiscutable fiasco.
▲ La gauche de la gauche atomisée
La gauche de la gauche est sensée regrouper toutes les composantes politiques se situant à la gauche du parti socialiste. Le fait que certains pans de celle-ci préfèrent se situer d’un point de vue sémantique à gauche de la gauche (serait-ce encore la gauche ?) ou se nommer extrême gauche n’est pas anodin, entretenant clivages et divisions. Les résultats du premier tour se sont révélés extrêmement mauvais pour les différents candidats en lice. L’émiettement représente une constante de cette mouvance et un premier facteur d’explication de cette débâcle. Cinq candidats pour un espace politique faiblement structuré, c’est évidemment excessif, voire carrément suicidaire.
L’échec d’une candidature unitaire dans la filiation de la campagne réellement unitaire du référendum du 29 mai 2005 renforce le sentiment de gâchis. Les patriotismes étriqués de chapelles partisanes et les ego surdimensionnés de têtes d’affiche l’ont finalement emporté sur la raison et l’intérêt général. Autre reproche qui peut être adressé : celui d’avoir voulu, chacun à sa manière, récupérer à son profit le non de gauche du 29 mai 2005. La gauche du non n’était pas circonscrite à l’espace occupé par les « 3 B », Buffet, Besancenot et Bové, encore moins à leurs états d’âme ou à leurs calculs tacticiens. Le non de gauche avait vocation à être majoritaire, pas de se contenter de témoigner de manière étriquée et stérile.
Le score historiquement bas du parti communiste est absolument consternant. Il frappe par sa faiblesse totalement inimaginable il y a encore quelques années, même si des signes annonciateurs d’un tel désastre pouvaient être perçus et peuvent atténuer l’effet de surprise. Il est le fruit d’une stratégie lamentable et d’un autisme d’autant plus désolant que de nombreux militants ou sympathisants communistes n’étaient pas en phase et avaient tiré avec perspicacité le signal d’alarme. La dégringolade est à la fois continue et forte, semblant désormais irrémédiable.
Il n’y a guère de raisons valables de se réjouir d’une telle chute. Les conséquences plausibles de ce déclin, voire de la disparition à plus ou moins court terme, du parti communiste sont plutôt inquiétantes. Il existe en effet un risque de déséquilibre au sein de la gauche de la gauche. Risque qui a toutes les chances d’être aggravé par le score non négligeable obtenu dans ces conditions par la LRC de Besancenot, et à un degré moindre par l’émergence de Bové. Le déséquilibre en question se situe au niveau des idées : les idées républicaines et sociales peuvent se retrouver encore plus marginalisées à l’intérieur de cet espace politique. On peut légitimement craindre pour le sort qui sera réservé à la laïcité, déjà malmenée par ceux qui sont nommés « islamogauchistes » par leurs adversaires, sur l’équilibre des droits et des devoirs, sur les modalités d’une indispensable régulation étatique, sur la vision de l’Ecole de la République pour ne citer que quelques exemples parmi les plus significatifs. Le PC, malgré quelques regrettables concessions à l’air du temps inspiré par le « bougisme » ou le « mouvementisme », représentait bien souvent un bloc de stabilité et de raison face aux outrances gauchistes de forces politiques peu au courant de l’exigence républicaine.
De surcroît, le score honorable réalisé par Besancenot (même s’il reste en deçà de la barre fatidique des 5%) peut entraîner de manière toute aussi dommageable de stérilisation d’une partie de l’extrême gauche avec l’intransigeance de la tendance majoritaire de la LCR. Son enfermement de principe dans une logique de refus de l’exercice des responsabilités gouvernementales n’est pas de nature à rendre service, ni dans l’immédiat ni à plus longue échéance, à l’ensemble de la gauche porteuse d’un projet alternatif et soucieuse de le rendre un jour opératoire. Cette gauche aurait plutôt besoin de rassembler ses forces afin de peser sur l’évolution de l’ensemble de la gauche.
§ § § § § § §
Le premier tour de l’élection présidentielle de 2007 ouvre la voie à davantage d’incertitudes qu’elle ne fournit de réponses définitives. Les clarifications attendues par de nombreuses personnes consécutivement à l’électrochoc du 21 avril 2002 ne sont pas arrivées. Les interprétations sont délicates à faire et les risques de contresens légions.
Il est pourtant indispensable de tirer avec netteté les enseignements pour le bien de la gauche. Ce qui apparaît très nettement, c’est que la gauche est en chantier. On peut discerner également non sans inquiétude un glissement du pays vers la droite. Plus que la répartition globale des voix constatée à ce scrutin, c’est la volatilité de l’électorat populaire qui doit nous interroger. Il n’est plus majoritairement acquis aux candidats de gauche et les constats faits au cours des élections précédentes se renforcent puissamment. L’ampleur des inversions sociologiques des bases électorales ne doit pas être minimisée. Pour contredire résolument ces tendances, la feuille de route est simple : il s’agira d’articuler le combat idéologique et les actions militantes pratiques. L’enjeu est clairement déterminé.
Il n’y a pas forcément de quoi se réjouir après ce premier tour : le score élevé obtenu par Nicolas Sarkozy constitue un élément de déséquilibre alarmant et n’engage pas à un optimisme démesuré pour l’avenir. C’est bien à un choix de civilisation que nous récusons fermement auquel nous risquons d’être confronté pour les années à venir.
Francis DASPE
- « Du gauchisme au centrisme, qu’avez-vous fait de vos vingt ans ? »
Ce texte est également disponible sur le blog http://sr07.unblog.fr
Je ne porte pas de jugement monolithique et univoque sur les conséquences de l'agitation étudiante et du mouvement social de mai 68. Je retiens, dans la hiérarchie de leurs retombées, les acquis sociaux conjoncturels, en terme de pouvoir d'achat notamment, et structurels avec la reconnaissance de l'expression syndicale dans l'entreprise et surtout la dynamique en oeuvre dans la société civile : place des femmes, contraception, évolution des relations sociales et des rapports d'autorité, etc. Les idées de mai ont charrié, dans leur sillage, le meilleur et parfois le pire. N'oublions pas aussi l'aspect international de cette contestation des pouvoirs à l'Ouest et à l'Est.
▲ Mon propos s'intéresse au substrat idéologique des enfants de mai.
Les gauchistes libertaires ont cultivé à l'Université et dans les appareils idéologiques une approche centrée sur l'éclatement des pouvoirs. La contestation s'est organisée sur un mode nouveau : la société civile contre l'Etat, le mouvement social contre les appareils, la base contre le sommet, la périphérie contre le centre, la spontanéité contre l'organisation et le savoir structuré etc.
Cette vision manichéenne et simpliste contenait en germe une critique diffuse des institutions, traversant les appareils politiques de la gauche et accompagnant, paradoxalement, le mouvement des idées de la société bourgeoise en quête d'un nouveau libéralisme sans entrave et adapté à la marchandisation du monde.
▲ Les idées de mai ont été récupérées par un capitalisme avide de modernisation contre tous les archaïsmes.
Des discours managériaux nouveaux ont éclos dans ce nouvel esprit du capitalisme qui privilégie, dans l'entreprise, l'autonomie et la flexibilité à l'organisation pyramidale et aux rigidités organisationnelles, dans la société, le pédagogisme à la transmission des savoirs, l'individualisme au civisme et à l'engagement collectif, l'émotion à la raison et dans l'économie la main invisible du marché à la rationalité d'une planification démocratique et d'une impulsion de l'Etat.
▲ Des actions qui font l’impasse sur l’articulation avec le politique.
En politique ces tendances ont eu aussi leurs traductions avec la stratégie de conquête des pouvoirs à la base (« des Lip par milliers ») sur différents fronts sociaux (les luttes des femmes, des jeunes et étudiants, des gays et lesbiennes, des sans papier, des sans logement, des chômeurs et des précaires…).
Cette stratégie fait souvent l'impasse sur les articulations nécessaires entre les luttes sociales et politiques pour la transformation sociale. Impuissante à changer la donne, elle s'est parfois retournée contre ses protagonistes, isolés, sans perspective syndicale ou sans projet politique. Le néolibéralisme a su parfois phagocyter et pervertir cette démarche dans une modernisation des rapports sociaux.
▲ Le marché s’est imposé dans les têtes des élites.
La prédominance du marché et des politiques de l'offre semble devoir s'imposer dans les têtes des élites et des gouvernants en écho à cette critique diffuse de l'Etat et du modèle républicain de régulation économique et sociale. La machine à exclure s'est délestée d'un arsenal protecteur (assouplissement du droit du licenciement, déréglementation au profit du contrat, organisation flexible, remise en cause du système de retraites par répartition, etc.) quand, dans le même temps, de nouvelles protections ont pu être instituées ou revendiquées. La critique de la société de consommation s'est accompagnée d'une explosion sans précédent de la sphère marchande dans une société de marché inégalitaire et source d'exclusions.
▲ Le règne de la pensée unique.
Ce puissant mouvement de libéralisation explique l'entreprise de liquidation des institutions démocratiques : citoyenneté, République, Etat social, Etat-nation. Ces institutions sont pourtant le legs de la gauche républicaine attachée à la démocratie politique, économique et sociale. Quant au formidable effort de désidéologisation du marxisme, désencombré de la vulgate stalinienne, il est vilipendé par des idéologues repentis de leur effroyable orthodoxie d'hier, aujourd'hui véritables maîtres de la pensée unique.
Ce renouvellement de la pensée socialiste offrit pourtant des clefs à la compréhension du monde actuel, complétant utilement les grilles d'analyse marxiste de l'exploitation économique : le phénomène de domination idéologique au travers des écrits d'un Gramsci réhabilité et retrouvé; l'analyse de l'Etat et des rapports de classe dans l'oeuvre de Nicos Poulantzas; la question nationale dans l'austro-marxisme d'Otto Bauer… Le CERES a grandement contribué à ce réveil de la pensée politique critique dans les années soixante dix avant de mettre au coeur de sa perspective socialiste et républicaine la pensée de Jaurès si féconde et toujours incontournable.
▲ La liquidation de la pensée critique a produit ses effets dévastateurs.
Du gauchisme, privé de repères intellectuels pertinents et coupé des couches populaires, à la deuxième gauche, le pas fut vite franchi par les esprits favorables à cette liquidation d'une pensée critique au profit d'un élan messianique hérité du vieux fonds chrétien social. On sait ce qu'il advint de la CFDT recentrée ou du rocardisme, pour ne prendre que ces deux figures emblématiques de la nouvelle gauche dite aussi américaine.
Sans doute trop schématisé ici, ce glissement explique la mutation d'une importante fraction des intellectuels issus du gauchisme vers une acceptation des contraintes imposées par la mondialisation libérale. D'où l'évolution naturelle de nos gauchistes vers le centrisme. Car, si l'on devait chercher le trait commun à tous nos recentrés, ce serait peut être celui de leur jeunesse fascinée par le mouvement de mai.
Chacun comprendra en quoi le ségolisme, ni gauchiste ni centriste, peut être un jalon utile dans la mutation républicaine et sociale d'une gauche à la croisée des chemins.
Xavier DUMOULIN
- Les Brèves de l’AGAUREPS-Prométhée Avril 2007
- Taxe ou redevance pour la collecte des ordures ménagères ?
La collecte des ordures ménagères acquiert de plus en plus d’importance parmi les préoccupations quotidiennes des populations. Son mode de financement est sujet à débat : il est vrai qu’il s’agit en fin de compte d’une question éminemment idéologique, et certainement pas d’une simple question pratique d’ordre « domestique ».
Deux grandes façons de financer la collecte des ordures ménagères existent. La première de ces façons s’effectue par une taxe prélevée sur les impôts fonciers des propriétaires. Elle est déterminée en fonction de la valeur locative du bien immobilier. La redevance constitue la seconde possibilité. Elle est recueillie par la mairie (ou la communauté de communes) auprès de chaque foyer et tient compte davantage du volume de déchets produits car calculée selon le nombre d’habitants de chaque foyer.
Chacun de ses modes de financements possède des défauts et des avantages supposés que des cas particuliers mis en avant alimentent abondamment. Les partisans de la taxe avancent l’idée qu’il est plus juste et solidaire, en somme plus conforme à l’idéal de service public relevant de l’intérêt général, d’asseoir le financement sur la fiscalité. Ceux de la redevance estiment au contraire que cette dernière tient davantage compte du volume de déchets produits. Question éminemment idéologique disions-nous, et nous en avons la confirmation de manière éclatante par cette interrogation en apparence pratique : qui doit payer le plus entre une personne seule ayant les moyens de vivre dans une maison de standing mais produisant peu de déchets (la taxe lui sera défavorable) ou une famille nombreuse vivant chichement dans un logement dit social et produisant de fait une quantité élevée de déchets (la redevance l’obligera à contribuer assez fortement) ?
C’est qu’en réalité des logiques antagonistes sous-tendent chacune de ces deux options. Dans le cadre d’une logique de service marchand rendu à la personne considérée comme un client (que celui qui consomme le plus paie en proportion), c’est alors la redevance qui s’impose naturellement. Dans le cadre d’une autre logique de service public inspirée par le principe de solidarité, la taxe se révèle alors plus appropriée à la situation.
La taxe nous paraît évidemment plus juste. Car tous les impôts par tête (ou de capitation pour reprendre une expression d’Ancien Régime, ou ressemblant à la poll tax chère à Margaret Thatcher) sont vecteurs d’iniquités et d’injustices sociales flagrantes. Pour autant la taxe ne saurait être exempte d’insuffisances ou de critiques. Sa faiblesse provient du fait qu’elle est déterminée en fonction d’impôts locaux qui ne prennent pas en compte le revenu des contributeurs. Les impôts locaux, contrairement aux impôts sur le revenu, n’ont pas véritablement d’objectifs de redistribution des richesses. Une autre faiblesse relève des difficultés pratiques de mise en place, de recouvrement et de gestion au sein des syndicats intercommunaux. Ces écueils ne doivent pas être à la fois sous-estimés ou servir de prétexte facile pour justifier un éventuel renoncement.
La collecte des ordures ménagères doit relever d’un service public avec le respect de tous les principes inhérents à tout service public digne de ce nom (péréquation tarifaire, égalité d’accès, continuité territoriale, solidarité, monopole public, pour ne citer que les plus importants). Il s’agit d’un domaine où la culture du privé a trop longtemps prédominé : les multinationales ont souvent imposé leur loi, celle du profit.
Il nous paraît à cet égard alarmant que de nombreuses associations de protection de la nature ou d’usagers aient tendance de plus en plus en faveur de la redevance. Que l’argument ainsi utilisé consiste à dire que la taxe n’incite pas assez au tri sélectif des ordures peut être accepté comme une préoccupation légitime, mais il est navrant d’entendre affirmer que la redevance serait plus juste que la taxe !
En aucun cas, la protection de l’environnement ne saurait être dissociée des impératifs de justice sociale. Les écologistes se doivent de saisir les enjeux immédiats d’une articulation raisonnée entre ces deux objectifs. Le développement durable sera social ou ne sera pas…
Francis DASPE 06 / 04 / 2007
- Pour un Service Public de la Poste au service des usagers
Il s’agit d’une pétition lancée à l’initiative de l’association Résistance Sociale. Pour signer cette pétition, consulter le site internet de cette association : www.resistancesociale.fr
La Poste vient de proposer une sanction à l’encontre d’un facteur de Royère de Vassivière dans la Creuse pour service rendu aux usagers dans le cadre de ses fonctions.
Nous exigeons le retrait immédiat de la procédure en cours et dénonçons fortement la politique de la Poste visant à sanctionner des services rendus gratuitement par les facteurs notamment auprès d’une population âgée.
Nous n’acceptons pas que d’un côté la Poste sanctionne un facteur et de l’autre vende des services à la carte contre argent sonnant et trébuchant. Le facteur est et doit rester un lien social privilégié entre les usagers et leur service postal.
Nous dénonçons les directives européennes, acceptées ou initiées par nos gouvernants, qui conduisent à la liquidation du service public dont le service public Postal.
Transmis par Résistance Sociale 30 / 03 / 2007
- Pour une autre « politique »
La démarche des partis et organisations situées à la Gauche du « PS-Centre » a abouti à la désagrégation du mouvement mobilisateur, unitaire et antilibéral, que ce soit le PCF, la LCR, LO et même le PT (avec cet avatar original et sympathique de Schivardi).
Je l'ai dit à deux réunions au moins Collectif antilibéral de Bègles, en évoquant la question « Que dire à mon fils né en 1980 ? ».
Plus de trente années de luttes politiques ne révèlent qu'une extraordinaire incapacité des gens de Gauche (la vraie, solidaire des travailleurs) à travailler ensemble. Comme le problème se pose dans tous les partis quelle que soit leur ligne politique, j'en extrais deux questions :
Question 1 politique-philosophique
1.1 - Qui se croient-ils, ces responsables politiques qui se pensent définitivement indispensables à l'avancée des idées qui sauveront l'humanité ?
1.2 - Combien de remarquables militants dont la contribution est bloquée par la durée de « dirigeantisme » de caciques (et ce dans tous « nos » partis…) ?
Question 2 technique, celle du mandat de responsable politique
2.1 - par sa durée,
2.2 - par sa révocabilité
Piste de réflexion : réduire la durée du mandat politique ET de responsable de parti ou association politique à 10 ans maximum pour occupation d'un mandat électif, qu'il soit à scrutin (Maire, Conseiller général, Député) ou de responsable (dirigeant) avec obligation de retour à une vie professionnelle pendant au moins 5 ans.
Voila le seul combat où je me lancerai maintenant : celui d'une démocratisation de la Politique par une règle imposée aux politiciens (élus ou militants). Attention ! Qu'on ne me taxe pas de jeunisme ! Cela peut très bien se faire à toute période de la vie ...
Cela supposera simplement qu'un vrai statut de l'élu permette des cotisations de retraite et un plan de carrière. Cela aura l'énorme avantage de dégager tant de parts de notre société de ces combats de politiciens qui jouent leur survie au poste occupé, puisqu'ils ne savent plus rien faire d'autre ... et n'ont aucune perspective de retour à la vie civile ...
Cela supposerait aussi que dans les Associations politiques, (y compris les plus militantes pour une « vraie démocratie » !) certains acceptent de fermer leur gueule pendant 5 années, en n'occupant pas des postes décisionnels.
Cette proposition se prétend relever du principe premier de renversement du concept. Comme pour les banques de micro-crédit qui prêtent aux pauvres (c'est pas un renversement de concept ça !!!) et contribuent au développement local avec des taux d'acquittement des remboursements supérieurs à celui des entreprises et particuliers « plus aisés ».
Je prétends que faire taire les caciques permanents, que prévoir et organiser le remplacement des « membres permanents » :
- permettra de faire émerger une vraie école de citoyenneté, puisque les mandats seraient obligatoirement limités ;
- permettra de faire émerger une vraie dimension de la Politique, avec un grand P, celle du dévouement à la cause de la chose publique, la République.
Et qu'on ne vienne pas me faire mourir de rire avec la nécessaire « professionnalité des personnages politiques » ...
Si c'est pour la multiplication des privatisations la Gauche puis la Droite ont donné, également ... Si c'est pour les gaspillages, les Réformes à court terme (quand ce n'est pas « cours terme » ... pour la collusion avec la Bourse) la Gauche puis la Droite ont donné, également ...
Si c'est pour des comportements relevant plus de la « gouroutisation de groupes » que de la diffusion des idées politiques ... quel avantage, camarades, à aller obéir à des directives qui nous ont conduits à tant d'impasses successives en plus de 30 ans de vie politique ?
Et qu'on ne vienne pas me dire que je préconise ici un « NiNi », un « tous pourris » ou une démarche « nanarchisante ». Non ! Simplement je crois beaucoup plus en les militants politiques que certains qui voudraient les cantonner à ce rôle de « militants-votants ». Je crois beaucoup plus en la dimension d'éducation populaire que devraient comporter les Partis de Gauche (ceux qui m'intéressent) que nombre de leurs dirigeants qui devraient se déclarer disposés à laisser la place ... pour revenir militer dans des sections, cellules et autres groupes et collectifs ...
Rappelons-nous que le combat NON au TCE a été gagné avec cette dimension discussions, échanges, réflexion partagées, contributions écrites, lectures critiques
Ceci n'est qu'une toute petite première contribution ... Que ceux qui la partagent la relaient ... la partagent ... l'améliorent ... et, en attendant, discutons, échangeons pour que les toutes prochaines échéances ne sonnent pas le pire glas de ces 30 dernières années !
« Il n’est pas de sauveurs suprêmes : Ni dieu, ni césar, ni tribun ». Et profitons-en pour relancer les Amicales laïques comme autant de vrais creusets de la Laïcité. Ce combat sera convergent avec cette lutte pour une démocratie interne des partis, groupes et associations politiques.
Jean-Yves CHAMPIGNEUL 28 / 04 / 2007
- Pour sauver l’honneur d’ATTAC : revenir à sa raison d’être
Il s’agit d’un communiqué émanant des porte-parole du réseau Avenir d’ATTAC, Aurélien BERNIER, Michèle DESSENNE, Pascale FOURIER, Jacques NIKONOFF.
L'enjeu du deuxième tour de l'élection présidentielle, le 6 mai, est considérable. Jamais la France, depuis des décennies, n'avait été confrontée au risque d'une accélération sans précédent des politiques néolibérales – et même d'une « rupture »-, à laquelle s'ajoute la perspective d'un pouvoir particulièrement autoritaire.
C'est ainsi, par exemple, que la Ligue des droits de l'homme (LDH), dans un communiqué, rappelle qu'elle est une « association civique luttant contre l'arbitraire, l'injustice et l'intolérance », et qu'elle n'intervient dans le débat électoral « que si le bon fonctionnement de la démocratie, l'effectivité de la citoyenneté et le respect des principes de liberté, d'égalité et de fraternité sont en jeu ». Or, dans ce communiqué, la LDH estime de son « devoir d'alerter les citoyennes et les citoyens de ce pays : la poursuite et l'amplification de la politique menée depuis cinq ans ne serait pas un « rêve » mais un cauchemar ». Elle alerte sur le risque de l'élection de Nicolas Sarkozy dont le projet est une « démocratie muselée », et qui « attiserait le communautarisme, le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie et ouvrirait la voie aux révoltes sociales ». C'est la raison pour laquelle la Ligue des droits de l'Homme « appelle à voter et à faire voter, le 6 mai 2007, pour Ségolène Royal ».
De nombreux mouvements sociaux et plusieurs organisations fondatrices d'Attac se sont exprimées dans le même sens. Face à ce double enjeu – une nouvelle révolution conservatrice et un régime autoritaire – la mobilisation s'impose.
Pourtant le Conseil d'administration d'Attac, lors de sa réunion du samedi 28 avril, a décidé de ne pas appeler à faire barrage à Sarkozy et encore moins d'appeler à voter pour Ségolène Royal au second tour.
Le réseau Avenir d'Attac regrette cette décision et considère que la direction de l'association commet une grave erreur d'appréciation de la situation politique. Elle aura des conséquences néfastes pour la crédibilité de l'association à tous les niveaux : local, national et international. Attac passe ainsi à côté de sa raison d'être : la lutte contre le néolibéralisme. La direction actuelle d'Attac justifie cette défection majeure par les résultats d'une consultation des Comités locaux.
Celle-ci n'a strictement aucune légitimité. Les comités locaux ayant répondu ne sont que 56 sur 245. En outre, sur les 314 adhérents recensés qui se sont exprimés (sur plus de 10 000 à jour de cotisation), 136 étaient pour un appel et 136 étaient contre ! (les autres s'abstenant).
Le réseau Avenir d'Attac appelle à un ressaisissement pour un rassemblement et une mobilisation de tous les adhérents et comités locaux d'Attac en vue du deuxième tour.
- Que ceux des adhérents et des comités locaux qui n'étaient pas favorables à ce qu'Attac donne une consigne de vote se mobilisent néanmoins pour faire connaître les risques du programme de Sarkozy et sa contradiction totale avec le Manifeste d'Attac !
- Que ceux des adhérents et des comités locaux qui sont favorables à ce qu'Attac appelle à faire barrage à Sarkozy, sans appeler à voter Royal, se mobilisent également !
- Que ceux des adhérents et des comités locaux qui sont favorables à ce qu'Attac appelle à faire barrage à Sarkozy en appelant à voter Royal, se mobilisent aussi !
- Que tous les adhérents et comités locaux se mobilisent face aux enjeux cruciaux de ce deuxième tour et sauvent l'honneur d'Attac en lui redonnant sa raison d'être !
Communiqué d’Avenir d’ATTAC 30 / 04 / 2007
- Communiqué 2nd tour de l'Agaureps-Prométhée
A Langon, le 25 avril 2007,
L’AGAUREPS-Prométhée se félicite à double titre du taux de participation élevé à l’occasion du premier tour des élections présidentielles et de la possibilité offerte aux Français d’un véritable choix de société entre Gauche et Droite. Cette situation est à même de redonner toute sa valeur à l’expression de choix politiques et idéologiques effectués en toute conscience. Le score relativement bas de M. Le Pen, dont nous nous réjouissons, traduit cependant le transfert et l’inquiétante banalisation des idées de l’extrême droite dans les discours du candidat de la droite restant.
L’AGAUREPS-Prométhée, espace de convergence de différentes sensibilités de la mouvance de gauche républicaine et sociale, appelle à voter dimanche 06 mai 2007 en faveur de la candidate de gauche, Ségolène ROYAL, dont la victoire permettrait d’écarter l’inquiétant projet porté par son concurrent.
Au 2ème tour, la candidate pourra s’appuyer sur un projet clairement ancré à Gauche pour porter victorieusement les espoirs qu’elle a suscités chez nombre de nos concitoyens. Il le faut afin de changer la donne pour ceux qui en ont le plus besoin et qui, confrontés à Nicolas SARKOZY, le candidat des patrons du CAC 40 et des intérêts bousiers, seraient les premières victimes de ses agressions tant dans le domaine des droits collectifs et individuels que sur l’aspiration de chacun à vivre dignement des fruits de son travail.
Pour l’AGAUREPS-Prométhée,
Le président, François COCQ - Le secrétaire, Mathieu DUMOULIN - Le trésorier Francis DASPE
|