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Et si on parlait du Service Public des Ponts et Chaussées…

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Par Jacques DELAVEAU
Jacques DELAVEAU est président du Mouvement de Sauvegarde, de Promotion et de Démocratisation des Services Publics en Sud-Gironde. Il est aussi membre de l’AGAUREPS-Prométhée.

Une fausse évidence

Le « désaménagement » du territoire met de plus en plus en évidence le rôle fondamental des voies de communication routières et le développement du trafic routier. Ce que nous regrettons pour des raisons économiques, sociales et écologiques…
         Certains nous proposent une augmentation des carburants et des tarifs des péages (ce mot et son sens ne sont-ils pas archaïques ?) des autoroutes pour faire baisser le volume de la circulation routière. Les carburants sont fort chers, les péages (injustes car ne dépendent pas du revenu, et on ne choisit pas son lieu de travail) se généralisent, il devient de plus en plus nécessaire de prendre les autoroutes (nationales et départementales saturées donc dangereuses).
         Et pendant ce temps le trafic routier ne cesse d’augmenter. Cette proposition qui semblait frappée du bon sens est donc une fausse piste qu’il faut combattre car le seul effet des mesures préconisées et mises en place est d’amputer le pouvoir d’achat des salariés.

Faisons tout d’abord un petit rappel historique

Le service public des Ponts et Chaussées qui s’appelle depuis quelques décennies l’équipement (l’évolution sémantique n’est pas anodine) et qui doit être décentralisé, est venu mettre fin à des siècles de péage et d’incohérence dans le domaine du non aménagement routier du territoire.
         Ce service public a permis la réalisation de routes, à l’accès gratuit (réseau routier national, départemental et communal fort dense) même dans les départements pauvres. Puis vint l’époque de la départementalisation de nombreuses nationales et la réalisation des voies rapides qui dans certaines régions s’appellent des autoroutes et sont donc payantes et dans d’autres régions (qui votaient « bien ») des 2 fois 2 voies qui sont, elles, gratuites.
         Le gouvernement actuel souhaite accentuer ce désengagement de l’Etat. Pour cela, il régionalise et départementalise à tout va les routes qui étaient encore nationales (les impôts départementaux, régionaux et communaux sont injustes car ne dépendent pas du revenu). L’accès aux ouvrages d’art est maintenant systématiquement payant et les 2 fois 2 voies deviennent payantes.
Les régions et les départements pourraient imiter l’Etat en se défaussant sur l’échelon inférieur, c’est à dire les communautés de communes voire les communes. Il y a service public lorsque des routes, des ponts…sont réalisés grâce à l’impôt (le seul impôt juste étant celui sur le revenu car progressif) et que l’accès est gratuit pour tous. Il est évident qu’il n’y a plus de service public national des Ponts et Chaussées !

L’utilisation intempestive de la voiture et du camion résulte de choix politiques tels que :
         - L’abandon du train tant au niveau voyageur que du fret.
         - La faible attractivité des autres moyens de transport en commun.
         - Un urbanisme parcellisé, gaspilleur de territoire, exigeant en réseau routier, car il éloigne les salariés de leurs lieux de travail.
         - La disparition de nombreuses mini entreprises en zone rurale.
         - Des horaires de travail fortement fractionnés imposés par le patronat des grandes surfaces.
         - Une politique dans le domaine du logement qui provoque une inflation du prix du terrain à bâtir (donc on construit de plus en plus loin) et des loyers.

Que faire ?

La mise en place d’une politique volontariste dans le domaine des transports en commun et du réaménagement du territoire.
         Que le prix du transport du salarié soit pris partiellement en charge par les employeurs.
         Que les autoroutes et l’ensemble des ouvrages d’art nécessaires à la libre circulation soient gratuits (sinon seuls les riches pourront se déplacer. Où est l’égalité ?).
         Que des moyens d’incitation autres que le prix du carburant et les péages soient mis en place (TVA faible pour les véhicules peu consommateurs, transports en commun gratuits dans les grandes agglomérations…) pour réduire l’utilisation de la voiture.
         Programmation de la construction de logements collectifs de qualité, à loyer modéré, dans les agglomérations par les organismes publics, financée par l’impôt. (Il est urgent d’arrêter de financer les propriétaires privés pour qu’ils exploitent leurs locataires).
         Arrêter de construire des villes à la campagne, c’est-à-dire rapprocher les salariés de leur lieu de travail.


Jacques DELAVEAU
Membre de l’AGAUREPS-Prométhée
(Association pour la Gauche Républicaine et Sociale – Prométhée)
Janvier 2005
www.agaureps.net