|
||||||||||||||||||
|
Télécharger |
INTERVENTION AU NOM DU M.A.R.S. AU MEETING DU PC SUR LES EUROPEENNES |
||||||||||||||||
| Alain BOUSQUET A Bègles, le 15 Mai 2004 D’abord, il convient de se féliciter de construire une offre politique nouvelle à l’occasion de ces élections européennes. Une offre politique unitaire, pas autant que nous l’aurions espérée mais unitaire quand même, et surtout déterminée sur une charte que nous avons co-élaborére ensemble, militants communistes, alternatifs, altermondialistes, représentants des mouvements sociaux, syndicalistes, républicains et socialistes, puisque c’est ainsi que pour ma part j’entends me définir. Je suis persuadé que cette nouvelle démarche peut nous permettre de créer, ensemble, la bonne surprise de ces élections. Ces élections, qui malgré la machinerie mise en œuvre pour les éloigner des citoyens, sont de la plus grande importance, car il nous revient tout simplement d’être à la hauteur du message envoyé majoritairement par notre peuple aux régionales. Comme ils le font depuis plus de 20 ans, dans les mouvements sociaux et dans les urnes, les citoyens français ont dit non au libéralisme. Il faut saluer cette fermeté alors même que plus aucun projet alternatif au libéralisme ne leur est proposé ; alors même qu’ils sont soumis à un véritable bourrage de crâne qui veut nous persuader que le libéralisme est un nouveau droit naturel et que le marché roi est notre seul horizon. Aux régionales, le message des électeurs a été clair, lucide, éminemment politique : battre la droite et, quand il en a eu la possibilité, favoriser les listes qui voulaient également changer la gauche. Oui après avoir mi KO la droite, les électeurs doivent cette fois ci se doter d’une bonne gauche. Une gauche qui soit capable, sans sectarisme, de montrer que la volonté de transformation sociale n’est pas marginale en France. Une gauche qui a l’ambition non pas de protester inutile, dans son coin, mais de changer toute la gauche. Cette gauche là, les élections européennes lui offrent une occasion rêvée, ou plus exactement utile, de se manifester quelques jours avant le prochain sommet européen qui en juin a prévu de relancer la constitution. Il faut le dire haut et fort : on ne peut avoir dit non au gouvernement Raffarin et se préparer à dire oui, ou oui mais ce qui est pareil, à la constitution Giscard. Parce que nous ne désespérons pas de l’Europe, parce que nous sommes internationalistes, nous devons avoir le courage et la lucidité politique de proposer une liste de rupture avec l’Europe libérale et non démocratique qui se construit sous peine de laisser le peuple qui n’en peut plus de ces décisions prises sans qu’il ne les contrôle en rien, de cet avenir qu’on lui trace sans qu’il ait son mot à dire, dans les bras des nationalistes réactionnaires, populistes et xénophobes. Oui, dire que nous sommes pour une autre Europe passe d’abord par un non clair à la constitution et c’est bien sur ce point que les électeurs devront trancher parce que l’on ne peut se dire antilibéral et s’embarquer dans un dispositif qui inscrit le libéralisme dans les tables de la loi. C’est aujourd’hui, comme hier d’ailleurs, la ligne de fracture essentielle à gauche. La Charte pour une autre Europe, texte sur lequel nous avons travaillé ensemble depuis février, dit ensuite quelle Europe nous souhaitons promouvoir : Une Europe sociale qui insuffle de véritables progrès pour tous les travailleurs du continent, et non celle de la casse industrielle, des délocalisations, du chômage et de la fin programmée des services publics. Une Europe qui défend, restaure, développe la souveraineté populaire dont aujourd’hui les peuples se sentent à juste raison dessaisis. Disons-le, il y a là débat entre nous mais qui ne nous paraît pas nous empêcher de nous battre ensemble dès lors que nous nous opposons à l’Europe libérale et que nous reconnaissons que construire l’Europe ne vaut en aucun cas de reculer sur le contrôle des peuples à leur destinée. De notre point de vue, cette Europe ne peut faire l’économie aujourd’hui des Etats-nations comme cadre de cette souveraineté. Oui, l’Europe doit promouvoir la démocratie dans tous les domaines : la démocratie représentative que nous devons défendre contre ceux qui rêvent d’une démocratie désincarnée à l’américaine, soit celle qui ne sert plus qu’à varier sur la façon de conduire le libéralisme avec 60% d’abstention non occasionnelle mais enracinée, la démocratie participative sur laquelle nous devons travailler, et la démocratie sociale car la citoyenneté ne doit pas s’arrêter aux portes des entreprises. Une Europe indépendante des Etats-Unis et de l’OTAN et promouvant de nouveaux rapports dans le monde en rupture avec la mondialisation libérale, pour la paix et contre l’impérialisme, le saccage de la planète et l’exploitation des pays du sud. C’est un beau défi que celui de reconstruire un projet. Et nous avons la force de croire que le modèle républicain tel qu’il s’est développé ici est encore de ce point vue porteur d’un message universel qui explique d’ailleurs pourquoi c’est ici que le libéralisme rencontre le plus d’obstacles. Non pas celui d’une France éternelle, mais celui qui est née d’une révolution, l’une des seules aujourd’hui dont la mémoire et la trace restent d’actualité et qui soit porteuse d’un message positif. Une République qui s’est régénérée dans les combats sociaux, qui est celle de la défense du bien commun et donc des services publics, d’une citoyenneté basée sur des concepts politiques et non ethniques, d’une République enfin qui ne peut être figée, qui n’a de sens qu’en mouvement et épousant tous les meilleurs apports du socialisme et des luttes sociales. Donc évidemment de gauche. Bref d’une République sociale. Voici le travail qui est devant nous et que ces élections peuvent servir à poursuivre et accélérer. Il est nécessaire pour la France, l’Europe, le monde et l’espoir en un avenir meilleur qui nous réunit ici. Il vaut le coup que nous le menions ensemble.
|
||||||||||||||||||