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Le premier tour des élections présidentielles du 22 avril 2007 vient donc de livrer son verdict. Cette échéance était attendue avec impatience. La clarté supposée de résultats bruts ne dispense pas de s’essayer au délicat exercice de l’analyse politique : il n’est pas aisé d’en décrypter les enseignements essentiels ressortant de ce grand vote.
Une lecture à double entrée peut effectivement être effectuée, pouvant donner matière à des interprétations contradictoires. On constate en effet très rapidement que coexistent des signes de satisfaction et d’espérance avec des éléments moins avenants ou même franchement plus inquiétants. Il est nécessaire d’en déterminer les parts respectives de chacun d’entre eux si l’on veut se forger une opinion un tant soit peu équilibrée et objective.
▲ Un taux de participation élevé
Le taux de participation particulièrement élevé constitue un premier élément positif enregistré à l’occasion de ce scrutin. Il contraste singulièrement avec la croissance continue de l’abstention observée depuis quelques années en France. Cela constituait un des symptômes de ce qui était considéré comme la crise du politique et témoignait du désintérêt croissant des citoyens à l’égard de la chose publique. La hausse de cette participation est également à rebours des évolutions constatées dans la plupart de nos voisins européens, sans parler de la situation alarmante prévalant aux Etats-Unis. Certains n’hésitent pas à parler de renversement historique et d’une amorce d’un processus de réhabilitation du fait politique. Ce serait cependant aller un peu vite en besogne que d’affirmer cela de manière aussi péremptoire.
Il convient en effet de nuancer un tel point de vue. Il est nécessaire de déterminer autant que faire se peut la part réelle de « conscientisation » contenue dans ce vote massif. Il résulte à notre avis davantage d’un vote dit utile, dans le prolongement du traumatisme du 21 avril 2002. Traumatisme dont il n’est pas inutile de rappeler qu’il a été complaisamment entretenu au cours de ces cinq dernières années et alimenté par la gigantesque entreprise de culpabilisation amorcée dès le lendemain de la qualification de Le Pen pour le second tour. Le message a été repris et martelé au cours de la campagne, aussi bien par des candidats que par la majorité des médias. L’impact en a été fort, occasionnant de la sorte une conséquence peu enthousiasmante : la faiblesse inquiétante du vote d’adhésion. Dans ces conditions, parler de réhabilitation du débat politique apparaît exagéré, le vote utile étant en définitive bien souvent un vote futile.
Les dérives d’une campagne à l’américaine ont par ailleurs subsisté et ne sauraient être passées sous silence. Elles ont même pris une ampleur encore jamais atteinte. La personnalisation à outrance du débat, l’utilisation frénétique des sondages, le primat accordé au marketing politique sur la réflexion idéologique ont imprimé leur sceau à la campagne électorale et contredisent la thèse d’une réhabilitation du fait politique que la participation élevée pourrait accréditer. L’élément peut-être le plus encourageant ne réside probablement pas dans le taux global de participation, mais plutôt dans la mobilisation accrûe des jeunes, notamment ceux issus des quartiers populaires.
▲ Le recul du Front National
La surprise de ce premier a été sans nul doute la baisse significative du pourcentage de voix recueillies par Jean-Marie Le Pen. Elle est d’autant plus forte que nombreux étaient les pronostiqueurs qui voyaient le Front National à un niveau jugé préoccupant pour l’état de la démocratie française. Les événements des banlieues de l’automne 2005, la persistance des problèmes d’insécurité, à la fois abondamment entretenus par le candidat Sarkozy et complaisamment relayés par des médias favorables à ce dernier, faisaient craindre le pire. Chacun estimait que le candidat du Front National était largement sous-estimé dans les différents sondages d’opinion. Beaucoup craignaient qu’il n’arrive en seconde position comme en 2002. En fin de compte, il se retrouve loin derrière, et au quatrième rang seulement.
Là aussi, il semble bien qu’il ne faille pas s’illusionner et crier victoire trop tôt. Plusieurs remarques incitent à garder vigilance et modération. Tout d’abord, on peut remarquer qu’en valeur absolue les voix en faveur de Le Pen n’ont pas véritablement diminué. Elles se stabilisent en fait autour de quatre millions d’unités, ce qui reste considérable. C’est en fait (mais pas seulement) un effet d’optique dû à la très forte participation qui conduit à un recul en pourcentage. Autre effet d’optique, le score élevé obtenu par les principaux candidats (vote utile aidant) offre un contraste saisissant avec la situation caractérisant Le Pen. Dernier effet optique, le fait qu’un troisième homme se soit intercalé, réduisant de la sorte en conséquence les chances d’une éventuelle qualification pour un second tour, a accentué l’impression de recul. Par conséquent, nous ne pouvons pas affirmer autant que nous le voudrions que le Front National se retrouve en déclin plus ou moins avancé.
Cette idée est puissamment confortée par la fait que les idées lepénistes restent indiscutablement présentes dans le débat public et dans les mentalités. Elles ont été partiellement récupérées et recyclées par Sarkozy, contribuant peut-être de cette manière à les banaliser, et donc par certains aspects à leur octroyer une légitimité inespérée et à les rendre d’autant plus dangereuses. Le problème de fond subsiste et n’est pas réglé. Dire cela ne doit cependant pas conduire non plus à surestimer le danger du Front National à des fins intéressées. Il faut cesser d’instrumentaliser le Front National en l’agitant comme un épouvantail au gré des circonstances : ce n’est pas le meilleur moyen de lutter efficacement contre les idées lepénistes. Cela ne doit pas non plus servir à masquer la vacuité d’un discours insuffisamment alternatif (à gauche et aussi à l’extrême-gauche) ou le cynisme d’un projet ouvertement néo-libéral singulièrement dépourvu d’humanité (à droite).
▲ Le retour à un duel Gauche/Droite
Le second tour opposera le candidat (annoncé) de la droite, Nicolas Sarkozy, à la candidate (annoncée) de la gauche, Ségolène Royal. En ce domaine, pas de surprise. Par certains aspects, cette configuration classique s’avère réconfortante après le choix tronqué et frustrant d’il y a cinq ans. Le retour à un duel mettant aux prises la droite à la gauche ne peut qu’être satisfaisant au regard des possibles duels que les sondages laissaient envisager.
Mais de là à faire de cette situation la concrétisation d’un choix idéologique de société, il y a un pas qu’il n’est pas possible de franchir sans exprimer la moindre réticence. Il est évident que le candidat de droite a élaboré un authentique programme de droite classique, programme ayant même eu tendance à se droitiser de manière significative, et ce malgré quelques impostures lexicales visant à courtiser de manière éhontée l’électorat populaire de gauche. On peut cependant regretter que la candidate de gauche ne se soit pas suffisamment appuyée, dans sa volonté d’opérer à un large rassemblement, sur un projet clairement orienté à gauche. Ce sentiment est par ailleurs renforcé par les multiples ouvertures en direction de François Bayrou et de l’électorat centriste entre les deux tours, même si l’on comprend bien que la volonté de se retrouver en capacité de gagner au soir du 6 mai nécessite de semblables exercices de style.
Ségolène Royal n’a pas su, pu ou voulu, dans le cadre du débat d’idées contradictoire avec son concurrent de droite, mettre au premier plan la question pourtant fondamentale du positionnement à adopter face à la déferlante de l’idéologie libérale favorisée par le contexte de mondialisation conquérante. L’impression que des militants de gauche ont ressentie était de considérer qu’une alternance de plus se préparait en lieu et place de la nécessaire alternative réclamée depuis plusieurs années par une majorité du peuple. Alternative pour laquelle le vote populaire et citoyen du 29 mai 2005 à l’occasion du référendum relatif au traité constitutionnel européen avait préparé le terrain, en ayant massivement rejeté le mode d’organisation de l’économie et de la société qui aurait été régenté par la fameuse « concurrence libre et non faussée ».
▲ L’émergence de François Bayrou
Même s’il n’est pas qualifié pour le second tour, François Bayrou peut s’ériger parmi les principaux bénéficiaires de ce scrutin. Les sondages ont longtemps oscillé entre deux cas de figures opposés : un score dérisoire guère plus élevé que celui réalisé il y a cinq ans, la possibilité d’être présent au second tour, ce qui aurait représenté pour le coup un véritable séisme sur l’échiquier politique. Il est à noter par exemple qu’il obtient autant de voix que Jacques Chirac n’en avait recueillies lors du premier tour de 2002. Comparaison utile et pleine de sens si l’on veut juger de la réalité politique de chacune des deux élections présidentielles.
Le vote Bayrou n’est pas aisé à cerner et à appréhender dans sa complexité notoire. Il constitue un amalgame de plusieurs tendances pas forcément compatibles les unes avec les autres. On ne saurait lui dénier une part non négligeable de vote d’adhésion à ses idées mais existent également un vote de contestation, lui-même de motivations et d’horizons divers, ainsi qu’un vote utile s’étant porté sur le candidat apparaissant comme le mieux placé pour battre Sarkozy dans un éventuel second tour. Pour obscurcir la réalité, rappelons que les citoyens ayant exprimé leur suffrage en sa faveur l’ont fait autant pour marquer leur proximité avec le contenu du projet que pour manifester une solidarité pour la posture incontestablement atypique et courageuse du leader centriste. Avec ce résultat, il semble bien qu’il existe désormais un centre en France. Du moins une expression électorale momentanée du centre, ce qui est loin d’être la même chose.
Mais cela n’est pas aussi évident qu’il n’y paraît à première vue. Il faut tout d’abord démasquer l’homme de droite (tout en lui reconnaissant la posture hardie d’un homme confronté à la machine à broyer de l’UMP qui, comme nous l’avons indiqué précédemment, lui a apporté sans nul doute sympathies et suffrages). Son programme est fondamentalement orienté à droite sur le fond : il défend une vision libérale de l’économie, acceptant sans sourciller la loi du marché, certes adoucie en paroles, la concurrence libre et non faussée rejetée par les citoyens français lors du référendum, et ne s’attaquant pas aux racines des inégalités sociales. L’ancrage d’un centre qui soit véritablement centre, et non satellite de la formation de droite majoritaire comme cela a été le cas presque systématiquement dans notre pays, n’est pas encore assuré. Il dépendra des législatives à venir en juin. C’est à cet instant que se décidera au final le sort de la tentative de Bayrou : les 19 % des présidentielles ne sont en rien déterminants et ne présagent aucunement de l’avenir. A cet égard, le ralliement de la grande majorité des députés et autres élus de l’UDF laisse planer de gros points d’interrogation sur la pérennité de l’entreprise menée par François Bayrou. C’est à ce moment que se jouera l’essentiel pour lui : le maintien d’un groupe parlementaire fourni est une condition sine qua non.
L’hypothétique émergence d’un centre pose des questions. Au premier chef, celle de la relation que devra adopter à son encontre le parti socialiste, et donc de ses futures alliances et de ses orientations stratégiques. Ensuite, celle de la constitution qui paraît inéluctable d’une force politique comparable au parti démocrate américain. Autour de qui s’organisera-t-elle ? Du parti socialiste au sein duquel la tentation sociale-libérale ou blairiste n’est pas négligeable, ou alors de l’UDF qui se sentirait pousser des ailes ? Là réside en fait la véritable question. Et ce n’est pas parce que quelqu’un aura préempté le terme de « parti démocrate » qu’il aura réussi l’opération. Quelle qu’en soit l’option qui s’imposera, les incidences sur la gauche ne seront pas anodines. Il s’agira d’un défi à relever au mieux. Se dirigera-t-on vers une bipolarisation molle ou une tripolarisation incertaine ? Quel avenir pour une force de gauche antilibérale ressourcée aux valeurs républicaines en capacité et en volonté de gouverner ?
▲ Les Verts au ras des pâquerettes
Le score véritablement pitoyable obtenu par Dominique Voynet interpelle et amène à s’interroger de manière approfondie en s’efforçant de dépasser tous les poncifs caractérisant traditionnellement, et parfois à juste titre, les écologistes et l’écologie. Il existe un problème à la fois de fond et de forme. La médiocre campagne menée par Dominique Voynet ne peut expliquer à elle seule l’étendue des dégâts. Non plus que les effets dévastateurs du vote utile. Pas davantage les désormais rituelles querelles et rancunes de personnes qui rendent peu crédibles l’appel à faire de la politique autrement. Les incohérences de méthode sont aussi récurrentes et apparaissent clairement : le discours est volontiers radical, voire imprécateur, mais on est trop facilement disponible pour participer à l’exercice des responsabilités, et pas uniquement au niveau national. Est-ce cela être une gauche responsable en oscillant de l’intransigeance calculée à l’appel de l’assiette au beurre ? Il y a de quoi déconcerter des bataillons entiers d’électeurs sincères.
L’anémie des Verts pose véritablement un problème et suscite des inquiétudes. Il existe réellement un risque de « désidéologisation » de l’écologie. On l’a vu au début de cette campagne avec l’initiative menée par Nicolas Hulot. Les impératifs environnementaux ne doivent en aucune manière être déconnectés des urgences sociales et des exigences républicaines. On a déjà vu les résultats catastrophiques que cela avait donnés avec Antoine Waechter. Force est de constater que les outrances dogmatiques de certains leaders écologistes (à ne pas confondre avec une nécessaire réflexion idéologique), ou au contraire les reniements en tous genres que Cohn-Bendit incarne à merveille, n’ont pas contribué pour peu à cet indiscutable fiasco.
▲ La gauche de la gauche atomisée
La gauche de la gauche est sensée regrouper toutes les composantes politiques se situant à la gauche du parti socialiste. Le fait que certains pans de celle-ci préfèrent se situer d’un point de vue sémantique à gauche de la gauche (serait-ce encore la gauche ?) ou se nommer extrême gauche n’est pas anodin, entretenant clivages et divisions. Les résultats du premier tour se sont révélés extrêmement mauvais pour les différents candidats en lice. L’émiettement représente une constante de cette mouvance et un premier facteur d’explication de cette débâcle. Cinq candidats pour un espace politique faiblement structuré, c’est évidemment excessif, voire carrément suicidaire.
L’échec d’une candidature unitaire dans la filiation de la campagne réellement unitaire du référendum du 29 mai 2005 renforce le sentiment de gâchis. Les patriotismes étriqués de chapelles partisanes et les ego surdimensionnés de têtes d’affiche l’ont finalement emporté sur la raison et l’intérêt général. Autre reproche qui peut être adressé : celui d’avoir voulu, chacun à sa manière, récupérer à son profit le non de gauche du 29 mai 2005. La gauche du non n’était pas circonscrite à l’espace occupé par les « 3 B », Buffet, Besancenot et Bové, encore moins à leurs états d’âme ou à leurs calculs tacticiens. Le non de gauche avait vocation à être majoritaire, pas de se contenter de témoigner de manière étriquée et stérile.
Le score historiquement bas du parti communiste est absolument consternant. Il frappe par sa faiblesse totalement inimaginable il y a encore quelques années, même si des signes annonciateurs d’un tel désastre pouvaient être perçus et peuvent atténuer l’effet de surprise. Il est le fruit d’une stratégie lamentable et d’un autisme d’autant plus désolant que de nombreux militants ou sympathisants communistes n’étaient pas en phase et avaient tiré avec perspicacité le signal d’alarme. La dégringolade est à la fois continue et forte, semblant désormais irrémédiable.
Il n’y a guère de raisons valables de se réjouir d’une telle chute. Les conséquences plausibles de ce déclin, voire de la disparition à plus ou moins court terme, du parti communiste sont plutôt inquiétantes. Il existe en effet un risque de déséquilibre au sein de la gauche de la gauche. Risque qui a toutes les chances d’être aggravé par le score non négligeable obtenu dans ces conditions par la LRC de Besancenot, et à un degré moindre par l’émergence de Bové. Le déséquilibre en question se situe au niveau des idées : les idées républicaines et sociales peuvent se retrouver encore plus marginalisées à l’intérieur de cet espace politique. On peut légitimement craindre pour le sort qui sera réservé à la laïcité, déjà malmenée par ceux qui sont nommés « islamogauchistes » par leurs adversaires, sur l’équilibre des droits et des devoirs, sur les modalités d’une indispensable régulation étatique, sur la vision de l’Ecole de la République pour ne citer que quelques exemples parmi les plus significatifs. Le PC, malgré quelques regrettables concessions à l’air du temps inspiré par le « bougisme » ou le « mouvementisme », représentait bien souvent un bloc de stabilité et de raison face aux outrances gauchistes de forces politiques peu au courant de l’exigence républicaine.
De surcroît, le score honorable réalisé par Besancenot (même s’il reste en deçà de la barre fatidique des 5%) peut entraîner de manière toute aussi dommageable de stérilisation d’une partie de l’extrême gauche avec l’intransigeance de la tendance majoritaire de la LCR. Son enfermement de principe dans une logique de refus de l’exercice des responsabilités gouvernementales n’est pas de nature à rendre service, ni dans l’immédiat ni à plus longue échéance, à l’ensemble de la gauche porteuse d’un projet alternatif et soucieuse de le rendre un jour opératoire. Cette gauche aurait plutôt besoin de rassembler ses forces afin de peser sur l’évolution de l’ensemble de la gauche.
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Le premier tour de l’élection présidentielle de 2007 ouvre la voie à davantage d’incertitudes qu’elle ne fournit de réponses définitives. Les clarifications attendues par de nombreuses personnes consécutivement à l’électrochoc du 21 avril 2002 ne sont pas arrivées. Les interprétations sont délicates à faire et les risques de contresens légions.
Il est pourtant indispensable de tirer avec netteté les enseignements pour le bien de la gauche. Ce qui apparaît très nettement, c’est que la gauche est en chantier. On peut discerner également non sans inquiétude un glissement du pays vers la droite. Plus que la répartition globale des voix constatée à ce scrutin, c’est la volatilité de l’électorat populaire qui doit nous interroger. Il n’est plus majoritairement acquis aux candidats de gauche et les constats faits au cours des élections précédentes se renforcent puissamment. L’ampleur des inversions sociologiques des bases électorales ne doit pas être minimisée. Pour contredire résolument ces tendances, la feuille de route est simple : il s’agira d’articuler le combat idéologique et les actions militantes pratiques. L’enjeu est clairement déterminé.
Il n’y a pas forcément de quoi se réjouir après ce premier tour : le score élevé obtenu par Nicolas Sarkozy constitue un élément de déséquilibre alarment et n’engage pas à un optimisme démesuré pour l’avenir. C’est bien à un choix de civilisation que nous récusons fermement auquel nous risquons d’être confronté pour les années à venir.
Francis DASPE
Membre de l’AGAUREPS-Prométhée
(Association pour la Gauche Républicaine et Sociale – Prométhée)
www.agaureps.net
Mai 2007
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