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Les Brèves du mois de l'AGAUREPS-Prométhée

 

Juin 2007

  • Communiqué relatif à la suppression de la carte scolaire

Le nouveau Ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, entend faire passer au pas de charge un certain nombre de réformes. Ses premières annonces ne manquent pas d’indigner toutes celles et tous ceux qui sont attachés à un vrai service public d’éducation affichant sa volonté d’égalité entre les élèves mais aussi entre les territoires. Le MARS-Gauche Républicaine est de ceux-là.
Enrobées dans un discours bienveillant à l’égard du corps enseignant, les propositions avancées par le Ministre ne tromperont personne quant au public qu’elles entendent satisfaire. Le démantèlement de la carte scolaire est ainsi sur les rails. Il devrait même débuter dès la prochaine rentrée avec un « assouplissement » qui concernerait entre 10 % et 20 % des affectations.

Or si la carte scolaire répondait en 1963, lors de son instauration, à une volonté de planification pour faire face à l’explosion d’offre éducative, elle s’est progressivement muée en un outil de mixité sociale. C’est cette dernière que le Ministre entend remettre en cause, sous couvert du respect de la liberté pour chacun de choisir son établissement d’accueil. Il est pourtant très clair que cette liberté ne pourra être saisie que par ceux qui disposent des moyens, en particulier financiers et logistiques, pour la mettre en pratique. Pour les autres, il s’agira ni plus ni moins que d’un enfermement supplémentaire et d’une accentuation de la ghettoïsation.
A défaut de proposer une réforme d’ampleur qui s’attellerait à développer une offre éducative diversifiée sur tout le territoire, à défaut de rendre une dimension humaine à nombre d’établissement, à défaut d’améliorer les conditions d’accueil pédagogiques des enfants en limitant le nombre d’élèves par classe, on nous propose encore une fois une réforme clientéliste qui brisera un peu plus l’égalité républicaine et détruira les derniers lieux de fermentation de la cohésion nationale. La suppression de la carte scolaire ne se limite pourtant pas qu’à cela. Il est en effet à craindre que ce ne soit que la première étape vers une autonomie des établissements, lesquels n’auront plus alors à s’affranchir de la moindre contrainte pour choisir leurs « consommateurs ».  Il suffit de voir la situation dans les lycées dans lesquels la carte scolaire a quasiment disparu pour vérifier la perversité de la réforme promise, puisque le choix des parents est en réalité conditionné par  celui des établissements qui sélectionnent leur population !

Le MARS-Gauche Républicaine dénonce avec force l’abandon programmé de la carte scolaire. Celle-ci est un outil nécessaire pour permettre aux élèves de s’ouvrir aux autres et pour empêcher l’Ecole de rentrer dans une logique concurrentielle. Il est aujourd’hui à craindre que le gouvernement Sarkozy-Fillon ne fasse de l’école une machine à aggraver les inégalités sociales.

MARS-Gauche Républicaine  22 / 05 / 2007

Nicolas Sarkozy met le turbo. Il veut coûte que coûte assurer la victoire de sa majorité à l'Assemblée Nationale. Et il donne de la voix pour masquer, derrière une vision très idéologique,  des mesures véritablement inéquitables.

Prenons la franchise fiscale et sociale sur les heures supplémentaires. Il n'y a pas pire programme pour dissuader d'embaucher les demandeurs d'emploi, interdire une augmentation des heures de travail aux salariés à temps partiel exclus de la mesure, avantager le patronat seul maître du jeu et, en final, priver la nation de recettes utiles à la solidarité. Il en résultera une flexibilité accrue d'un salariat éclaté toujours plus corvéable.
Restons encore dans les franchises et, notamment, celles qui portent sur le déremboursement des soins. Il n'y a pas pire programme quand on connaît la part des personnes et familles exclues du soin. Il faut n'avoir vraiment rien compris aux enjeux sanitaires et sociaux pour avancer tranquillement de telles solutions qui vont immanquablement creuser les inégalités devant les soins et la santé. C'est parfaitement révélateur d'une approche technocratique arrogante qui n'a qu'une vision comptable de la maîtrise des dépenses de santé. C'est l'assurance d'une santé à deux vitesses !

Jusqu'où ira ce détricotage déjà largement amorcé ? Le président entend bien garder la main et ne renoncera jamais à sa volonté de rupture libérale animée par le retour d'une idéologie néo-conservatrice. Derrière des slogans de campagne (« travailler plus pour gagner plus », « responsabiliser les usagers », etc.) se cachent de profondes remises en cause de notre modèle social, par ailleurs très attendues du MEDEF. Il n'y a qu'une seule façon de contrer cette droite impériale et offensive. Seule, la volonté populaire peut, grâce au bulletin de vote, mettre à mal la velléité de totale hégémonie d'une droite déjà trop puissante.

Xavier DUMOULIN  30 / 05 / 2007   http://sr07.unblog.fr

 

  • Xavier Darcos serait-il au P.S. ?

Qu'il ose déclarer que le bac « est un véritable examen qui n'est pas bradé… Il est important que la France continue à faire monter le niveau de qualification de sa population »  me consterne. Nous sommes bien placés pour voir que les élèves travaillent de moins en moins, passent dans les années supérieures à l'ancienneté avec des gouffres de lacunes en français, maths etc, et avec une culture littéraire, scientifique et historique réduite au minimum. J'affirme, Monsieur Darcos, que le bac est bien dévalué ; nous en avons la preuve : le nombre plus qu'élevé de jeunes qui échouent en faculté. Ils n'ont ni l'habitude de travailler, ni les acquis nécessaires, ni l'autonomie et la volonté qui leur ouvriraient des portes.
Le P.S. nous avait habitués au même discours, par pure démagogie, par volonté de niveler le niveau par le bas, par pseudo-égalitarisme .... Et vous, quel est votre intérêt ? Je crois que je le devine trop bien : laisser pourrir le système public, obligé de gérer, supporter et simplement garder « la piétaille » pour permettre aux classes privilégiées de suivre un enseignement digne de ce nom dans l'école privée ... 

C'est honteux, Monsieur Darcos, il n'est plus d'égalité républicaine dans ce pays, il n'est plus possible à un enfant socialement défavorisé de s'en sortir grâce à l'école : comment faire émerger l'école de l'excellence et des élites, voulue par J. Ferry, dans ces classes où les élèves font de l'inertie, sinon la loi, accaparent l'enseignant et intimident ceux qui voudraient travailler : « sale intello, va ! »  ???

Christine TASIN  07 / 06 / 2007  http://christinetasin.over-blog.fr

 

  • Non, la laïcité n’est pas négociable !

Il s’agit de l’éditorial à paraître dans la Lettre du mois n° 41 de Juillet-Août 2007 de l’AGAUREPS-Prométhée.

A l’issue du marathon électoral qui vient de s’achever ce 17 juin, bien des interrogations ne sont toujours pas dissipées et subsistent au contraire très largement. Encore moins que n’importe qui d’autre, la gauche n’y échappe bien évidemment pas. Les défaites qu’elle a subies tant aux élections présidentielles que législatives lui donnent obligation d’entreprendre un important travail de réflexion sur elle-même. Il est vrai que perdre avec le sourire est tout de même perdre, que perdre moins que craint ou initialement prévu revient également à perdre, les artifices de communication les plus au point ne peuvent aller à l’encontre de cette incontournable réalité du verdict des urnes.
            Il n’est désormais question que de reconstruction de la gauche, de sa rénovation, de sa refondation ou de sa réorganisation (la langue française prouvant pour l’occasion sa richesse), sans que l’on sache véritablement les réalités concrètes que de tels termes recoupent dans la bouche de ceux qui les emploient à satiété. Il est certain qu’une telle entreprise ne pourra se faire que si on parvient à mener de front en les articulant au mieux deux chantiers cruciaux pour l’avenir de la gauche : le chantier des valeurs et celui des alliances.

            Dans cette optique, le débat sur la laïcité est assurément fondamental et ne saurait être occulté. Voilà une valeur qui est souvent évoquée, voire invoquée, mais qui dans le même élan se retrouve facilement maltraitée, dénaturée et fort mal comprise. La laïcité constitue le substrat pour de nombreuses autres valeurs comme la recherche de l’égalité, l’exercice de la souveraineté populaire, la garantie des libertés fondamentales, la détermination de l’intérêt général ou le fonctionnement de services publics efficaces et solidaires[1]. Sans elle, point de tout cela. Elle se situe au cœur du pacte républicain et social sur lequel repose notre vivre ensemble.
            Pour toutes ces raisons, la laïcité n’est pas négociable. On ne peut se résoudre à la voir vidée de sa substance même par des concepts hasardeux comme celui de « laïcité ouverte » ou des confusions regrettables entre « droit à la différence » et « différence des droits ». Dans une logique identique, on peut affirmer que des alliances avec des communautaristes plus ou moins endurcis apparaissent de fait inenvisageables.

            Il existe cependant un danger que les défenseurs passionnés de la laïcité doivent éviter avec résolution et fermeté. C’est de la déconnecter des réalités sociales, ce qui conduirait immanquablement à l’assécher. L’idéal laïque doit puiser sa force dans la vitalité d’un projet politique de transformation sociale : il est impératif que l’irrigation avec la prise en considération prioritaire des rapports de classes se fasse en permanence. La laïcité ne peut donc par conséquent pas non plus servir d’alibi à des arrière-pensées parfois rétrogrades que des postures de principe peuvent masquer (comme par exemple espérer s’affranchir de l’impératif de mixité sociale à l’Ecole de la République en invoquant de manière restrictive la laïcité…). Des postures qui confineraient en définitive à des impostures.
            La laïcité ? Une valeur d’avenir et qui n’est nullement négociable. Et indispensable à toute tentative sérieuse de refondation de la gauche. Elle fait partie du patrimoine de celle-ci et il ne saurait être question de la brader. La laïcité contribuera à réconcilier massivement les classes populaires et la gauche. Il s’agit à n’en point douter d’un des passages obligés de la reconquête idéologique et électorale à laquelle nous sommes conviés dans les années à venir.     

François COCQ et Francis DASPE  24 / 06 / 2007

  • Communiqué relatif à l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité et du gaz aux particuliers

Il s’agit d’un communiqué du Mouvement de Sauvegarde, de Promotion et de Démocratisation des Services Publics en Sud-Gironde.

Une directive européenne va ouvrir à la concurrence, à partir du 1° juillet 2007, les marchés de l’électricité et du gaz pour les particuliers français. Deux possibilités s’offriront alors à eux :

  1. soit rester aux tarifs réglementés, fixés par les pouvoirs publics et uniquement délivrés par EDF et Gaz de France, en ne souscrivant à aucune nouvelle offre.
  2. soit quitter les tarifs réglementés et choisir une offre aux prix de marché. Ces offres seront proposées par tous les fournisseurs, y compris EDF et Gaz de France.

Nous souhaitons alerter nos concitoyens sur quelques unes des dispositions qui peuvent occasionner à plus moins brève échéance des déconvenues. Dès lors que le consommateur aura fait le choix de souscrire à une offre au prix de marché, il ne lui sera plus possible de revenir au tarif réglementé. De plus, le changement éventuel de contrat n’est pas lié à la personne qui le souscrit, mais à l’habitation : par conséquent, en cas de déménagement, le nouvel occupant de l’habitation, qu’il soit propriétaire ou locataire, se verra imposer le fournisseur choisi par l’ancien occupant, tout retour aux tarifs réglementés étant désormais impossible.
Il était initialement prévu que le tarif réglementé ne puisse pas s’appliquer pour les contrats concernant les logements neufs après le 1° juillet 2007. Mais un amendement dans la loi sur le droit opposable au logement de mars 2007 a limité cependant les dégâts : il stipule que le tarif réglementé demeure applicable aux contrats souscrits pour des logements neufs jusqu’au 1° juillet 2010 (ce sursis de 3 ans pour l’électricité est certes bienvenu, mais il ne s’appliquera pas pour les contrats de gaz pour lesquels les tarifs réglementés seront prohibés dès le 1° juillet 2007 !).

Nous dénonçons les risques de très fortes augmentations des prix sur le marché libre. A titre d’exemple et de comparaison, on peut signaler que l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité pour les entreprises effectuée précédemment s’est soldée par une hausse de 65 %  de la facture annuelle. L’abandon des tarifs réglementés se révèlera sans aucun doute comme une illusion aux conséquence négatives et coûteuses pour les particuliers.

Il s’agit d’une nouvelle illustration du dogme libéral prôné par la Commission européenne de Bruxelles et validé par le gouvernement français. Illustration pour le moins curieuse qui imposera de fait au consommateur, au nom de la concurrence, un renchérissement de la facture d’électricité, alors que l’argument couramment utilisé par les tenants de la concurrence à tout crin fait miroiter un gain financier pour les consommateurs. Il n’en sera rien pour l’électricité. L’irréversibilité du choix qui serait fait en faveur des tarifs libres est également choquante : les entreprises ont gardé la possibilité de retour au tarif réglementé qui est dénié aux particuliers !
Nous recommandons par conséquent à chacun de conserver les tarifs réglementés qui offrent une garantie de sécurité face aux risques d’inflation incontrôlée. Il sera également sûrement nécessaire et prudent de résister aux démarchages abusifs s’appuyant sur des propositions, apparaissant au premier abord alléchantes, qui ne manqueront pas de se multiplier, sous peine de déchanter très rapidement, comme l’on fait amèrement bon nombre d’entreprises tentées par les sirènes du marché libre.

Francis DASPE   24 / 06 / 2007

[1] Voir sur le site www.agaureps.net le texte intitulé « Préservation et extension de la laïcité » de Francis DASPE, février 2003.