- La loi Le Chapelier, le nouvel horizon des libéraux ?
La loi Le Chapelier a été votée le 14 juin 1791 par l’Assemblée constituante, deux ans après le début de la Révolution française. Elle déclarait illégale toute association ou coalition de travailleurs ou de patrons, et ceci au nom de la liberté du travail. Elle s’inscrivait dans le prolongement de la suppression des corporations de l’Ancien Régime jugées trop étouffantes pour l’activité économique.
Affectant de placer sur un pied d’égalité patrons et travailleurs, elle allait laisser au contraire ces derniers presque totalement désarmés tout au long du XIX° siècle face au capitalisme conquérant. Elle ne représentait pas réellement une contrainte pour les patrons qui, par le fait de leur petit nombre, pouvait s’entendre discrètement. C’est pour cela que l’on peut affirmer que la loi Le Chapelier est une loi de nature fondamentale libérale : la liberté ainsi présentée ne sert que les intérêts des plus favorisés. Une version de la loi du plus fort ou du renard dans le poulailler…
Le mouvement ouvrier visant à l’obtention de conquêtes sociales a en fait concentré ses efforts contre cette loi déséquilibrante pour les relations du travail en ce siècle de révolution industrielle naissante. Son abrogation s’est en définitive réalisée en deux étapes. En 1864, sous le II° Empire et en raison de la pression croissante des idées socialistes commençant à populariser la notion de lutte des classes (cette année voyait également la création de la I° Internationale), les ouvriers se virent dotés du droit de grève. Vingt ans plus tard, la III° République, par l’entremise de la loi Waldeck-Rousseau du 21 mars 1881, octroyait à chacun la liberté syndicale. C’en était terminé des interdictions affichées par la loi Le Chapelier.
Aujourd’hui, au motif de modernisation et d’adaptation, certaines voix s’élèvent pour demander un retour plus ou moins effectif aux conditions qui prévalaient au temps de la loi Le Chapelier. C’est ainsi que le droit de grève est continuellement et sournoisement remis en cause et que les syndicats sont accusés d’être des empêcheurs de tourner en rond. S’agirait-il de l’horizon auquel aspirent les libéraux de tout crin en ce début de millénaire ? Inquiétant projet « d’avenir » que ce retour plus ou moins subreptice à la Loi Le Chapelier !
Francis DASPE 29 / 11 / 2006
- Communiqué du MARS sur la directive Bolkestein
Le MARS est le Mouvement pour une Alternative Républicaine et Sociale.
C’est une crise profonde et grave. Le 15 novembre restera gravé dans l’histoire de l’Europe. Nous ne pouvons accepter cette directive Bolkestein et demandons à tous et à toutes de combattre le plus possible son application.
Le référendum du 29 mai en France a montré la gravité de cette directive qui fut une des raisons du Non français. Les peuples ne se reconnaissent pas dans cette constitution. Les français ne veulent pas de cette directive. C’est un fait, une réalité. Les sondages dans chaque pays, nous montrent l’énorme différence de point de vue entre les élites de chaque nation et le peuple. C’est donc une crise grave qui ne pourra pas se régler par de petites modifications par ci par là de la constitution ou de cette directive Bolkestein mais par une remise à plat des valeurs à promouvoir en Europe et par la prise en compte impérative de la souveraineté populaire.
Nous sommes des partisans résolus d’une Europe du plein emploi, mobilisée contre le chômage, la précarité et la dégradation du cadre de vie. Une Europe qui renforce les garanties sociales, met en œuvre un développement économique compatible avec les équilibres écologiques, défend la diversité culturelle et reconnaît enfin aux femmes l’égalité et les droits qu’elles revendiquent.
Voilà pourquoi nous souhaitons que soient prises rapidement des mesures concrètes illustrant immédiatement un nouveau cours pour la politique européenne telles que le retrait définitif de la directive Bolkestein et de toutes les décisions qui vont dans le même sens, l’abandon du pacte de stabilité, la suspension des directives imposant la mise en concurrence des services publics, la remise en question de l’indépendance de la BCE.
Il est urgent de donner à l’Europe de nouvelles fondations qui l’émancipent du capitalisme financier, qui la réconcilient avec le progrès social, la paix, la démocratie, le développement durable, la coopération entre les peuples de la planète. Un traité digne des peuples, négocié sous leur contrôle et pour eux et qui pourra les fédérer progressivement vers un projet commun. Cette directive Bolkestein va dans le sens contraire.
René ASSANDRI 30 / 11 / 2006
- Ségolène Royal : méconnaissance du dossier « Education »
La vidéo qui circule actuellement sur le net, instrumentalisée ou pas, témoigne de la méconnaissance de Ségolène Royal de la réalité du collège.
Un professeur certifié donne actuellement 18 heures de cours à ses élèves et complète cet horaire avec un travail hors de leur présence, pour les préparations de cours, recherches, corrections de copies, réunions diverses entre collègues ou rencontres avec les parents, pour une moyenne annuelle, (chiffre du Ministère), de 42 heures semaine. Demander à ce même professeur de passer 35 heures au collège supposerait qu'il ait un bureau pour son usage personnel, seul le silence permettant le travail intellectuel nécessaire aux préparations et aux corrections. Les conseils généraux vont être ravis de devoir construire des extensions, à savoir une cinquante de bureaux par établissement ...
S'il est évidemment souhaitable de faire du soutien individualisé (c'est déjà le cas, mais en groupe), cela ne peut être qu'en abaissant le nombre d'heures déjà effectuées par les professeurs. Il est actuellement impensable de demander à des adultes épuisés par les difficultés du métier d'être encore plus présents et d'assurer encore plus d'heures en présence d'élèves ; ça n'est tout bonnement pas possible. Le métier est devenu très difficile, trop difficile, les effectifs sont surchargés, l'hétérogénéité des élèves rendant le travail épuisant : il s'agit de faire coexister des jeunes qui aspirent à bac + 5 ou 8 et des élèves qui refusent totalement l'école et le savoir...
Evidemment, Ségolène Royal ne relève pas que les jeunes qui fréquentent les cours privés sont ceux qui, en classe, cherchent à apprendre et n'empêchent pas les autres de travailler. Il se trouve également que les parents, favorisés socialement, de ces élèves, déduisent de leurs impôts une partie du coût des cours. C'est donc la collectivité publique qui finance les écoles privées ! Et il faudrait que les efforts nécessaires pour les autres soient faits uniquement par les professeurs, gratuitement, qui plus est ?
Enfin, je trouve scandaleuse l'accusation mensongère de S. Royal : les professeurs ne feraient pas de soutien dans leurs établissements pour mieux se vendre aux écoles privées. Honte sur elle. Un très petit nombre de professeurs titulaires d'un poste donnent, en plus, des cours ailleurs. Ceux qui le font (et c'est une minorité) le font sur leur temps libre, au lieu de regarder la télévision ou de jouer au tennis, ils ne lèsent en rien leur employeur public !!! Enfin, ces quelques enseignants, souvent obligés de chercher des compléments financiers ailleurs, ne le font que parce que le niveau de vie des professeurs baisse de plus en plus ; un professeur débutant gagne 1,25 smic, est obligé de quitter sa région, de déménager, et de travailler dans des endroits où peu de gens voudraient aller… Enfin, les divorces les difficultés financières particulières peuvent expliquer que quelques-uns soient tenus de chercher à « mettre du beurre dans les épinards ». Est-ce une raison pour désigner ainsi à la vindicte publique toute une profession ?
Christine TASIN 02 / 12 / 2006
- Les républicains de gauche saluent la victoire d’Hugo Chavez et vibrent au souffle de l’espoir latino
Il s’agit d’un communiqué du MRC (Mouvement Républicain et Citoyen) de la part de son premier secrétaire, Georges SARRE.
La victoire d’Hugo CHAVEZ, particulièrement massive, est une bonne nouvelle pour le Venezuela, l’Amérique Latine, et l’autre monde qui est à construire : un monde multipolaire, de peuples libres. La légitimité de cette victoire ne saurait être contestée sur des bases objectives.
Cette victoire est d’abord celle d’un peuple, qui a réaffirmé sa souveraineté face à l’Empire et sa liberté face au bourrage de crâne des médias mondiaux bien-pensants. Cette victoire dans les urnes fait litière des écrits et propos de ceux qui défendent l’ordre établi. Cette victoire est celle de principes et de valeurs, ceux du primat du politique et de la solidarité sur la logique financière mondiale. Cette victoire est celle d’un bilan social positif, et d’un projet social ambitieux.
La France n’est pas le Venezuela. Mais il ne nous est pas interdit d’espérer devant cette belle victoire…
Georges SARRE 04 / 12 / 2006
- Parlons-nous de la même réforme de la Banque centrale européenne ?
La décision annoncée par la Banque centrale européenne de relever pour la sixième fois en un an son taux directeur pour le porter à 3,50 % a relancé le débat. Ségolène Royal a même fustigé cette initiative en pointant la nécessité d’une réforme des statuts de la BCE. Rappelons pour mémoire qu’il s’agissait d’un des arguments majeurs des partisans du non pendant la campagne référendaire de mai 2005.
Mais de quelle réforme s’agit-il pour la candidate socialiste qui avait voté oui lors du référendum du 29 mai 2005 ? L’urgence serait de mettre fin à l’indépendance de l’institution siégeant à Francfort afin d’affirmer le primat du politique sur l’économique. C’est une question élémentaire de démocratie et de respect de la souveraineté populaire exprimée par les citoyens que d’exiger qu’enfin les orientations économiques ne soient plus soumises aux humeurs de Jean-Claude Trichet et de ses acolytes, mais au contraire dépendent de dirigeants démocratiquement élus. Il ne semble visiblement pas que cela soit le projet de la candidate socialiste.
En effet, elle se limiterait pour l’instant, en dépit d’un ton résolument offensif, à modifier les missions de la BCE en y ajoutant des objectifs en terme de croissance et d’emploi (et pas seulement de lutte contre l’inflation). Ce qui constitue certes une étape indispensable mais pas suffisante. Les propos tenus quelques jours après par François Hollande corroborent cette impression. Il estimait qu’il était prioritairement nécessaire de « revenir à l’esprit des traités avant de vouloir les modifier ». Nulle velléité dans tout cela de remettre en cause le dogme européiste de l’indépendance de la BCE qui constitue pourtant un goulet d’étranglement. Tout cela pour ne pas fâcher les Allemands qui y sont extrêmement attachés.
Mais dans ces conditions la politique de l’euro cher gardera de beaux jours devant elle et continuera de répandre ses effets nocifs notamment pour les catégories populaires. Celles précisément que la candidate socialiste se fait fort de ramener dans le giron de la gauche de gouvernement.
Les dernières polémiques ne doivent pas nous induire en erreur : la réforme de la Banque centrale européenne que nous appelons de nos vœux n’est pas celle que susurre, sans grande conviction faut-il avouer, Ségolène Royal. Quand on clamait qu’une victoire du non au référendum du 29 mai 2005 obligerait à privatiser les cantines de la région Poitou-Charentes, difficile de croire que l’on puisse militer avec sincérité pour l’indépendance de la BCE. Que ne dirait-on pas pour conquérir l’Elysée…
Francis DASPE 15 / 12 / 2006
La mort de l’ancien dictateur chilien Augusto Pinochet a été accueillie comme il se devait. D’abord par des regrets de voir que le tyran de Santiago ne répondrait jamais de ses exactions devant la justice. Ensuite par des paroles de compassion à l’encontre des familles des victimes ou disparus. Et pour finir en constatant que le règne de Pinochet fut la période la plus sombre et douloureuse de l’histoire du Chili. Même l’administration Bush tint un discours similaire, c’est dire !
Une seule réaction a notoirement déparé dans ce concert qui n’était pas de louanges : celle de Margaret Thatcher. Cette dernière reconnaît des mérites à Augusto Pinochet et une amitié personnelle à son égard. Propos particulièrement choquants ! Il est vrai que la première femme ayant occupé les fonctions de Premier ministre au Royaume-Uni fut un des soutiens les plus acharnés du régime militaire chilien au cours des années 1980. Il convient d’indiquer qu’il existait une proximité idéologique manifeste entre ces deux personnes : le Chili en Amérique du Sud dès les années 1970, la Grande-Bretagne en Europe au début des années 1980, furent de manière identique des laboratoires des théories néolibérales des « Chicago boys » de l’économiste Milton Friedman.
Ajoutons de surcroît qu’elle apporta une caution constante au régime pourtant agonisant de l’apartheid en Afrique du Sud tandis que Nelson Mandela croupissait en prison… Décidément, drôles de fréquentations ! Gageons que Margaret Thatcher doit être fière de la politique pro-bushiste et belliciste actuellement menée par Tony Blair, qui pourtant appartient au camp d’en face…
Il serait certainement pertinent d’établir en toute objectivité le « livre noir » de l’exercice du pouvoir de Miss Maggie, tant au niveau des politiques intérieures que des engagements extérieurs qu’elle a favorisés. Et dire qu’un des arguments couramment utilisés par ses partisans consistait à dire qu’une femme apporterait une sensibilité différente et des préoccupations plus proches du quotidien dans une pratique politique assurément rénovée. Argument qui n’en est pas un, mais plutôt un simple prétexte pour justifier précisément une absence criante d’arguments.
Quand le genre des candidats devient l’argument principal et un slogan d’une campagne marketing, cela signifie assurément que le niveau zéro de la politique est en passe d’être atteint. Heureusement qu’en France, nation politique par excellence, nous sommes à l’abri de telles dérives !
Sylvie ERBANI 15 / 12 / 2006 |