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Les Brèves du mois de l'AGAUREPS-Prométhée

 

Février 2006

  • Campagne du 29 mai et mobilisation pour le rejet de la directive Bolkestein : une même logique ?

    Cette brève est un échange par courriel avec une militante des Verts , Sandrine R., sur la nature de la lutte à mener en vue du rejet de la directive Bolkestein. L'articulation avec la campagne référendaire du 29 mai 2005 offre quelques divergences d'appréciation.

    Camarade Sandrine, bonsoir,

    Il est évident que le projet de directive nommée Bolkestein représente un grave danger pour le modèle social français sur lequel repose notre pacte républicain. En conséquence, nous sommes fortement mobilisés pour y faire résolument obstacle. Cette mobilisation s'inscrit dans le prolongement de la campagne pour un Non de gauche au référendum. C'est donc dans le cadre unitaire des Comités du 29 mai  que s'effectue cette intense mobilisation.

    Nous considérons en effet que les principes de la directive Bolkestein étaient inclus dans le TCE (il suffit d'amalgamer les articles 3 et 4 qui érigeaient en norme constitutionnelle la concurrence libre et non faussée, la liberté d'établissement, la libre circulation des capitaux et des ervices, sans compter la partie III...).  Perfidement, je vous demanderai si vous pensiez qu'il était possible de concilier en cohérence l'acceptation de la concurrence libre et non faussée (jusqu'à plus soif dans le TCE) et le rejet d'une directive de libéralisation comme celle de Bolkestein qui nous est à nouveau proposée au mépris de l'expression du vote émis le 29 mai dernier. Tout aussi perfidement, je vous demanderai dans quel camp vous trouviez-vous au sein de votre parti: dans la légère majorité qui s'était prononcée pour un oui ou au contraire dans la minorité (fort heureusement) conséquente qui avait fait en conscience le choix du non? Ce qui, vous en conviendrez aisément, modifie notoirement la perspective...

    Nous prenons acte avec plaisir de votre refus d'une telle directive. Mais sachez que, quant à nous, nous avions mené avec résolution la lutte dès avant le 29 mai. Car nous sommes persuadés que l'urgence consiste à résister coûte que coûte à la déferlante libérale qui démantèle méthodiquement les acquis sociaux conquis de haute lutte.

Francis DASPE 01 / 02 / 2006

 

  • Liberté d'expression : le retour de l'Inquisition

    Après le limogeage du directeur de France-Soir, coupable d'avoir publié des caricatures représentant Mahomet parues dans la presse danoise, il convient de rappeler, comme l'ont fait beaucoup que la liberté d'expression, la liberté de la presse, sont des garanties de notre propre liberté et de la démocratie.

    Ce n'est pourtant pas évident pour tout le monde. Ainsi, les responsables religieux se sont-ils tous placés du côté de la censure, ne supportant pas la critique et la dérision à leur encontre. Evêques et rabbins ont emboîté le pas aux imams, soutenus par les régimes les plus outrancièrement antidémocratiques que compte la communauté internationale, avec Le Pen en encombrant renfort. Lorsqu'en 2005 une représentation d'une pièce de Voltaire doit se faire sous protection policière dans l'Ain, lorsque le cinéaste néerlandais Theo Van Gogh est abattu pour avoir osé critiquer une religion et la députée Ayan Hirsi Ali vit sous protection permanente aux Pays-Bas, quand on sait aussi comment les évêques de France ont fait condamner un détournement par voie d'affiche de la Cène de Léonard de Vinci, c'est bien le délit de blasphème qui fait son retour sur le continent européen, c'est bien la Sainte Alliance des responsables religieux qui veut édicter ses principes, ceux contre lesquels les Lumières (et notamment Voltaire) se sont dressées et dont on pensait sans doute naïvement qu'ils n'avaient plus cours sous nos latitudes.

    Lorsque les menaces de mort se multiplient à l'encontre de ceux qui osent railler la religion, lorsque certains vont jusqu'à payer de leur vie leur liberté d'expression, il y a menace pour la démocratie. Ceux qui encouragent en permanence le communautarisme, qui pratiquent l'ingérence d'Etat dans les affaires religieuses notamment, ne doivent pas s'étonner que les religieux demandent maintenant à s'ingérer dans les affaires de l'Etat et à dicter leur loi.

    Contre le retour de l'Inquisition et de ses alliés, le combat pour la liberté de conscience n'est décidément pas terminé.

Communiqué du Comité Laïcité République 03 / 02 / 2006