- Une nouvelle donne en Bolivie ?
Les élections présidentielles de Bolivie viennent de porter à la tête du pays Evo Morales. L'évènement est d'importance : pour la première fois en Amérique latine, un Indien accède à la présidence. Le dirigeant du MAS (Mouvement vers le socialisme), qui est un indien aymara, s'est en effet proclamé « premier président indigène de la Bolivie ». La Bolivie, dont près des deux tiers des 9 millions d'habitants sont les descendants de populations amérindiennes ( la minorité indigène andine ), notamment Aymaras, Quechuas ou Guaranis, a connu une histoire notoirement chaotique depuis son indépendance en 1825 (1).
Le paysage politique bolivien devrait connaître des changements significatifs au cours des prochains mois. Deux des engagements forts de la campagne inquiètent d'ores et déjà la Maison Blanche. Evo Morales, qui est aussi l'ancien chef des planteurs de coca, les cocaleros , prône pour les paysans la liberté de cultiver la coca (plante à usage médicinal mais servant de base à la fabrication de la cocaïne…), ainsi qu'un renforcement du contrôle de l'Etat, pouvant peut-être aller jusqu'à la nationalisation, sur les compagnies pétrolières étrangères qui exploitent les gisements de gaz.
La culture de la coca apparaît comme vitale, en tout cas bien plus rémunératrice que la culture du maïs, pour les populations les plus déshéritées de l'Etat le plus pauvre d'Amérique du sud tandis que les profits de l'exploitation des immenses ressources gazières (les deuxièmes réserves du continent après le Venezuela) ne bénéficient que très marginalement aux Boliviens. Pour ces raisons, Evo Morales est en passe de devenir la nouvelle bête noire de l'administration Bush, et ce d'autant plus qu'il n'a jamais caché ses liens de sympathie avec Hugo Chavez ou Fidel Castro.
La victoire remportée par Evo Morales suscite d'immenses espoirs parmi les plus humbles des Boliviens, mais aussi à l'échelle du continent américain où l'impérialisme bushiste rencontre de plus en plus d'opposition, en témoigne l'accueil pour le moins glacial qui a été réservé dernièrement à Georges Bush à l'occasion du sommet des Amériques tenu en Argentine. Un pôle de résistance à l'impérialisme néo-conservateur américain est en train de s'édifier dans ce qui était considéré depuis plus d'un siècle comme la chasse gardée des Etats-Unis. La possibilité d'une alternative à la mondialisation libérale et l'espoir de l'élaboration d'un mode réellement multipolaire en sortent renforcés.
Se référer à l'article intitulé Singularité et exemplarité du cas bolivien de Francis DASPE, Novembre 2003, sur le site www.agaureps.fr.st
Francis DASPE 22 / 12 / 2005
- Méthodes d'apprentissage de la lecture : une déni de réalité
Le débat sur les méthodes d'apprentissage de la lecture a pris une ampleur nouvelle au cours des derniers mois. Les tenants de la méthode dite globale et de celle dite syllabique ont continué d'en découdre à la suite du souhait émis par le ministre d'interdire la première.
L'argument principalement utilisé par les tenants de la méthode globale fut d'affirmer que celle-ci n'était plus utilisée depuis fort longtemps, et par conséquent qu'elle ne serait pas responsable des résultats alarmants enregistrés à l'entrée au collège en matière de lecture et d'orthographe. Ce serait des méthodes mixtes que les professeurs des écoles primaires utiliseraient désormais.
Cela n'est pas faux, mais l'argument s'apparente néanmoins à un véritable déni de réalité… Rappelons à cet effet que si la méthode globale « pure » n'est pas utilisée, ou alors de manière très marginale, c'était aussi le cas de la méthode syllabique « pure » depuis… 1887 ! C'est en effet à cette date que Fernand Buisson recommanda aux maîtres la méthode Schüler qui reposait sur l'apprentissage simultané de phonèmes et de graphèmes. En dépit de ces nuances, on parlait pourtant de méthode syllabique, et ce aussi bien de la part des défenseurs que des opposants de cette façon de procéder qui permit de transmettre les rudiments du lire et écrire à de nombreuses générations.
La remarque pourrait être aujourd'hui identique : si la méthode intégralement globale est une vue de l'esprit, il s'agit de méthodes dites mixtes, mais à dominante globale ou à départ global . Ce qui pour l'occasion importe est que les méthodes utilisées relèvent (ou pas) d'une logique et de mécanismes de la méthode globale. Et, même si l'on sait qu'il pourrait y avoir autant de méthodes que de professeurs des écoles, c'est effectivement le cas depuis plusieurs décennies. Nul ne peut nier que les générations actuelles d'enfants ont appris à lire avec une méthode, plus ou moins globale certes, mais bel et bien globale
La stratégie des partisans plus ou moins déclarés (de moins en moins ouvertement, faut-il préciser, en raison des ravages occasionnés) de la méthode globale relève du pillonage dénégatif (1). Il s'agit de nier la réalité afin d'atténuer ses propres responsabilités et d'esquiver tout débat argumenté (on pourrait aussi dire de s'exonérer de tout droit d'inventaire appliqué à soi-même…). Il faut n'avoir aucune crainte à affirmer que les méthodes (le pluriel étant certainement plus approprié que le singulier) ont causé d'énormes dégâts, même si tous ceux-ci ne leur sont pas imputables. Pour rendre compte de situations complexes, point de causes uniques, cela tombe bien évidemment sous le sens ! Mais ce n'est pas une raison pour, au moyen de circonvolutions dilatoires, éluder les débats de fond au seul motif qu'ils conduiraient à de douloureuses révisions.
A propos de ce concept de « pillonage dénégatif », on peut consulter ces quelques extraits d'un texte de Francis DASPE intitulé Itinéraires de découvertes : réformite et mystification , Janvier 2002 (voir site www.agaureps.fr.st ):
« Cette stratégie consiste à ne pas reconnaître comme totalement siennes les réformes envisagées. En cas d'échec de ces dernières, ce qui ne manque d'arriver, c'est un jeu d'enfant de s'en désolidariser, en regrettant que les mesures incriminées ne concordaient pas exactement avec ses projets, qu'il s'est agit d'une fâcheuse incompréhension dans la mise en application de la réforme. C'est la tactique du double jugement que reprend à son compte François Dubet à propos de la présente réforme des collèges : un premier jugement positif (forcément, puisque le fond porte la trace de son influence), un second jugement plus négatif (portant davantage sur des questions de méthodes et de forme, bref de quoi pouvoir se désolidariser le moment venu de l'échec du dispositif et redemander un blanc- seing afin de réformer en profondeur le système scolaire). Autrement dit, jamais responsables, encore moins coupables, mais toujours partants pour un tour de plus ! Les pédagogistes n'ont décidément pas froid aux yeux et ne doutent de rien.
En outre, ils y associent la pratique quasi-pavlovienne de la dissimulation de leurs réelles intentions (ce que faisait mal Claude Allègre) : on affirme défendre le niveau d'exigence, les contenus disciplinaires, la valeur normative de programmes définis nationalement, l'autorité des maîtres, mais dans la réalité, on prend des mesures qui produisent des effets contraires. Amalgamez, d'une part, cette propension à la réformite aigue et à la mystification par la pratique du pillonage dénégatif, de la stratégie du double jugement, de la dissimulation de ses intentions à, d'autre part, un pédagogisme à tout crin suffisant, jargonneux, mais conquérant, et vous obtenez un cocktail explosif, en passe d'être mortifère pour l'école de la République.
Francis DASPE 23 / 12 / 2005
- Le football, définitivement du business ?
La Commission européenne de Bruxelles vient de franchir une étape supplémentaire dans sa volonté de réduire plus que jamais le sport à une simple activité économique. Elle vient en effet de demander à la France de modifier sa législation afin de permettre aux clubs professionnels d'entrer en Bourse, au motif que l'interdiction actuellement en vigueur « constitue une entrave injustifiée à la libre circulation des capitaux, en violation de l'article 56 du Traité européen ». Cette injonction de mettre fin à l'exception sportive française s'assortit d'un délai de deux mois, faute de quoi une action devant la Cour de justice des Communautés européennes pourra être lancée.
Dans ce combat qui s'annonce, la Commission européenne se targue de l'appui des principaux clubs de football français : ce jugement est la suite d'une plainte datant de quatre ans de la part de huit d'entre eux contre l'Etat français. Les trois griefs avaient trait à l'interdiction d'entrer en Bourse, à l'impossibilité d'investir dans plusieurs clubs et à la propriété des droits audiovisuels. Cette dernière revendication ayant été satisfaite en 2003, restaient les deux premières exigences. Voulant croire que l'appel public à l'épargne est un gage de transparence, les clubs s'estiment pour l'heure satisfaits.
Deux conceptions du sport, et plus largement deux visions politiques, s'affrontent. Le sport est perçu par certains comme une activité économique classique devant répondre aux impératifs de la loi du marché symbolisés jusqu'à la caricature par la fameuse concurrence libre et non faussée ou les non moins récurrentes libertés de circulation des capitaux et d'établissement, qui constituaient l'ossature du traité constitutionnel massivement rejeté par les citoyens français le 29 mai dernier. Pour d'autres il s'agit d'un domaine qui doit être régulé afin d'échapper partiellement au marché. La Commission a fait son choix depuis longtemps : pour elle, c'est la première option qui doit prévaloir.
L'éthique du sport est mise en danger : la rentabilité de l'investissement consenti par les actionnaires a toutes les chances de passer au premier plan, au détriment de la recherche de la meilleure performance sportive. Beaucoup craignent que cela corresponde à l'avènement de championnats fermés. Ce ne serait plus que le meilleur gagne, mais davantage que le plus riche fasse le maximum de profits, et accessoirement, l'emporte, afin de gagner encore plus…
Francis DASPE 27 / 12 / 2005
- Rappels en guise de contribution au débat sur les méthodes d'apprentissage de la lecture
Cette rapide et succinte analyse est une réaction électronique dans le cadre d'un échange de points de vue relatif au débat sur les méthodes d'apprentissage de la lecture consécutivement à la décision du ministre de l'Education d'interdire désormais la méthode globale à l'école primaire.
Il me semble qu'afin de contribuer à éclaircir un débat qui a malheureusement trop tendance à s'obscurcir ces derniers temps il soit nécessaire de formuler quelques remarques liminaires:
- il est évident que le gouvernement est à la recherche de contre-feux dans le but de faire passer au second plan les mesures régressives qui s'accumulent et qui sont d'inspiration libérale.
- on ne peut pas non plus minorer l'impact négatif des méthodes globales qui sont encore en vigueur (vu la méthode globale « pure » n'existe plus ou qu'elle n'a jamais existé, il est préférable de parler de méthode mixte à dominante globale, mixte à départ global, etc...)
- on ne peut pas oublier que certains militants de la méthode globale avaient milité pour la suppression de la méthode syllabique qui pourtant elle aussi n'a jamais vraiment été « pure »).
- il faut rappeler aussi que la méthode globale s'inscrivait dans l'offensive des « pédagogistes » et des docteurs ès sciences de l'éducation qui n'avaient de cesse de stigmatiser les points de vue républicains et sociaux de l'Ecole.
- il faut rappeler également que l'imposition de la méthode globale s'est fondée en son temps sur des thèses contestables, voire franchement fantaisistes, telles que « l'élève au centre », « l'élève acteur et initiateur du processus d'acquisition de son savoir », « partir du vécu de l'élève » en opposition avec les modalités de transmission propres à l'Ecole, « la méthode globale donnerait du sens aux apprentissages contrairement à la méthode syllabique qui s'apparenterait à inculquer des automatismes et donc à un dressage ».
- il faut rappeler les menaces d'inspection incendiaire (ou de chantage à la non titularisation) pour les collègues qui s'obstineraient à ne pas obéir aux injonctions pour se persuader que les prophètes de la méthode globale ne sont aucunement les défenseurs de la diversité pédagogique en la matière.
- enfin, et cela me semble le plus important, nous ne devons pas céder, quelles que soient nos options sur cette délicate question, à la tentation (à la paresse...) de croire que les problèmes d'apprentissage de la lecture puissent trouver leur solution par les vertus d'une méthode qui serait LA méthode susceptible de résoudre tous les problèmes. Ce serait la victoire des « pédagogistes » de tout poil pour qui les questions scolaires se résument à de simples modalités techniques accordant la primauté à la procédure sur le contenu, et bien sûr ils seraient les détenteurs quasi exclusifs de cette « technologie de l'enseignement » validée par leurs éminentes recherches parfois déconnectées des réalités de terrain. C'est en cela que réside « l'illusion pédagogiste » qui a causé tant de dégâts à l'institution scolaire.
Francis DASPE 08 / 01 / 2006
- Privatisation des services publics ! Quelles conséquences sur la vie des femmes ?
Article paru le 28 / 12 / 2005 dans la rubrique « Regards de femmes » du journal La Marseillaise . Monique DENTAL est animatrice du Réseau Féministe Ruptures . Elle est aussi membre de l'AGAUREPS-Prométhée.
La libéralisation et la privatisation des services publics vont avoir des conséquences sévères pour les populations. Et si tout le monde est concerné par le démantèlement des droits sociaux, les femmes le sont au premier chef car cette situation ne peut qu'aggraver les inégalités et la précarisation qui les touchent déjà majoritairement. Le recul des services publics va faire retomber sur elles la responsabilité des tâches qui ne seront plus assurées par la collectivité. Cette manoeuvre est déjà à l'œuvre avec les menaces de fermeture des petites classes d'écoles maternelles, par exemple.
Ce cadre libéral préserve et même réactive l'organisation patriarcale de la société. En effet, ce projet très rétrograde ramène les femmes à des activités de confort sociétal : garde des enfants, soins aux personnes âgées, service d'entraide, bénévolats multiples qui les soustrait aux activités salariées.
Les premières évaluations des programmes européens d'ajustements structurels montrent déjà que la plupart des tâches réalisées par les Etats dans le passé sont désormais prises en charge gratuitement par les femmes . C'est pourquoi nous réaffirmons que les services publics doivent être maintenus - et même renforcés - parce qu'ils sont des éléments d'égalité et de justice sociale. C'est pourquoi il est nécessaire également que les services publics soient étendus dans les pays de l'Union qui n'en bénéficient pas encore.
Lors du Forum social qui s'est tenu à Bruxelles en 2002, des associations comme le réseau européen WIDE , « Femmes en développement », « Le Monde des Femmes » et « La Marche mondiale des Femmes » ont lancé des initiatives et organisé des ateliers sur « Genre et Globalisation » et sur « L'impact de la privatisation des services sur la vie des femmes ». Ces débats, qui ont été encore approfondis depuis trois ans, ont fait ressortir la nécessité d'alerter sur les conséquences très spécifiques de la libéralisation de l'économie pour les femmes du Nord comme pour celles du Sud, lesquelles souffrent particulièrement de la privatisation des soins de santé. Il est donc extrêmement important de tenir compte de l'expérience de ces femmes précarisées et appauvries pour ne pas mettre en place de nouvelles privatisations.
Si de nombreuses voix s'élèvent contre la marchandisation de l'eau, de l'éducation et des soins, l'impact des privatisations sur la vie des femmes n'est pas encore suffisamment pris en compte et reconnu. C'est pourquoi nos voix de femmes doivent être entendues dans ce débat puisque ONG, syndicats, organisations et partis ne prennent pas toujours en considération la dimension féministe de cette question, alors même que de nombreux témoignages montrent que les effets des privatisations des services publics ne sont pas neutres et que l'impact de celles-ci est différent selon le sexe.
La dimension féministe des privatisations doit donc être visible au sein de nos composantes et de nos mobilisations, et la démarche féministe être présente dans tous les comités locaux et les groupes de travail traitant des services publics, afin que puissent être partagées nos réflexions, nos expériences et nos luttes contre la mondialisation néo-libérale dans laquelle les femmes constituent une nouvelle main-d'œuvre particulièrement flexible et vulnérable. Il appartient donc de trouver de nouvelles formes de solidarité en intégrant pleinement l'analyse féministe et son exigence de justice sociale.
Monique DENTAL transmis le 10 / 01 / 2006
- Et maintenant, cap sur Bolkestein !
Déclaration de Francis Wurtz, président du groupe de la Gauche unitaire européenne - gauche verte nordique (GUE-NGL) au Parlement européen. Elle fait suite au rejet par le Parlement européen du projet de directive sur la libéralisation des services portuaires.
Bravo les dockers! Unis et déterminés, nous pouvons faire échec à l'Europe libérale! Voilà la leçon de ce vote exemplaire du 18 janvier. À moins d'un mois du vote, au Parlement européen, sur la "directive Bolkestein", qui prolonge et amplifie la même logique libérale, il est utile de rappeler comment ont été réunies les conditions de cette première victoire de 2006. Il a fallu la conjonction durable de mobilisations sociales puissantes et d'une action politique continue jusque dans les institutions européennes.
Inlassablement, depuis plusieurs années, le Groupe GUE-NGL a étroitement coopéré, tant avec l'ensemble des alliés possibles au sein du Parlement qu'avec les deux fédérations syndicales européennes de dockers, les associations de salariés des services nautiques et les organisations professionnelles concernées, pour rompre cette course à la déréglementation et au laminage des acquis sociaux par la mise en concurrence des travailleurs.
Depuis qu'existe la "directive Bolkestein", nous n'avons pas caché qu'il s'agissait, en fait, dans les deux cas, d'un même combat pour tourner l'Europe de son obsession libérale vers une ambition sociale. Ce lundi encore, à Strasbourg, c'est avec leur banderole "Non à la directive Bolkestein" que les députés du groupe GUE-NGL sont allés à la rencontre de la manifestation des dockers. Symptomatiquement, sous les applaudissements nourris de manifestants, les responsables syndicaux nous ont aussitôt invités à nous placer avec notre banderole, à la tête de l'immense cortège. Tout un symbole!
Il y a un mois, sous le titre "aidez-nous", notre groupe lançait un appel aux acteurs sociaux dans toute l'Europe, pour qu'ils expriment avec force aux parlementaires européens leur exigence de rejet de la "directive Bolkestein". Jeudi dernier, au Parlement européen, il réitérait cette invitation devant plus de deux cents responsables syndicaux, associatifs et altermondialistes de toute l'Europe. Le vote d'aujourd'hui montre que c'est la bonne voie. Les rassemblements prévus les 11 et 14 février prochains à Strasbourg pèseront lourd sur la suite des évènements...
Après le succès du rejet de la "Bolkestein des ports" et à quatre semaines du vote sur la vraie "Directive Bolkestein", notre appel est plus actuel que jamais: les conditions de la victoire de la mi-janvier nous montrent le chemin vers un possible succès à la mi-février. "Aidez-nous"!
Francis WURTZ 18 / 01 / 2006
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