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Communiqué de presse de l'AGAUREPS-Prométhée : « Quand le Peuple retrouve sa souveraineté »Le dimanche 29 mai 2005 est désormais un jour à marquer d'une pierre blanche. C'est en effet le retour du peuple souverain au premier rang du jeu politique. Avec une ferveur qui a dépassé toutes les espérances, il s'est en effet approprié un texte dont la complexité avait pour seule volonté de l'en tenir éloigné. En démontant un à un les faux arguments qu'on voulait lui faire avaler, le peuple de Gauche a non seulement signifié à ses dirigeants qu'il reprenait le contrôle de sa destinée, mais il lui a encore signifié son refus de l'enfermement dans un carcan libéral dont il n'a eu déjà que trop l'occasion de percevoir les effets régressifs et néfastes. Nul doute que les nombreux collectifs locaux pour un non de Gauche, qui ont si superbement travaillé dans l'unité au cours de cette campagne, sauront maintenant lui définir une nouvelle marche à suivre. L'AGAUREPS-Prométhée, de par son rôle au cours de cette campagne et sa vocation affirmée de participer à la reconstruction de la Gauche, souhaite désormais que le message fort sorti des urnes soit entendu et pris en compte. Unis dans la campagne, nous devons l'être pour construire plus qu'une alternance : une alternative. François COCQ 29 / 05 / 2005 Comment François Hollande a perdu avant le 1 er tour de 2007Tout auréolé de ses succès aux élections régionales et européennes en 2004, François Hollande se voyait sur une voie royale, un boulevard devant le conduire à être le candidat du PS à la présidentielle de 2007. Plus que la défaite au référendum, le premier secrétaire du PS va payer pendant longtemps son comportement auprès du peuple de Gauche enfin réuni. A trois jours du scrutin, l'évidence de la victoire du Non jetait déjà le trouble chez les responsables du PS partisans du Oui. François Hollande relançait l'idée de sanctions et voulait couper des têtes pour, se justifiait-il, ne pas laisser aux militants du oui l'impression d'avoir subi les foudres de Laurent Fabius, Jean-Luc Mélenchon ou Henri Emmanuelli sans qu'une quelconque réaction ne voit le jour. Quel curieux retournement de situation, quel autisme et quel manque de conscience de ce qu'a vécu le peuple de Gauche au cours de cette campagne. Les propos outranciers ont certes existé, mais pas dans le sens que prétend M. Hollande. Il fût d'ailleurs lui-même l'un des principaux artisans de cette calomnie organisée, en jetant à la figure des militants de Gauche favorables au Non qu'ils faisaient la campagne de Le Pen ! ! ! Non content d'insulter notre intelligence et notre foi en un idéal auquel lui ne croit plus, M. Hollande allait même jusqu'à faire circuler dans un premier temps, avant de se rétracter, des affiches poussant plus loin encore l'ignominie. L'histoire retiendra sans doute que tout cela n'était que pour faire face à une campagne dans laquelle il n'avait aucun argument sérieux. Mais le présent et l'avenir retiennent déjà que le premier secrétaire du PS est singulièrement passé à côté de la plus grande résurgence populaire depuis des décennies, qu'il a laissé passer sous son nez la réappropriation de la politique par le Peuple. Celui-ci comme toujours lui pardonnera un jour. Lointain. La fracture qui s'est créée ces six derniers mois n'est pas prête de se refermer. Elle ne le sera pas en 2007. Et nombreux, très nombreux, sont ceux qui se refuseront à l'avenir à lui apporter la moindre caution, fut-ce dans un second tour. Plus que le parti socialiste, François Hollande a perdu la Gauche. Sans regrets. François COCQ 30 / 05 / 2005 Souveraineté populaire et responsabilité politique : pour un appel à la dissolutionEn démocratie, le peuple est le Souverain. Cette idée saugrenue aux yeux de certains constitue une des héritages de la Révolution française, gravé dans le marbre de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789. Le peuple exprime sa souveraineté par le truchement du suffrage universel à l'occasion de consultations électorales ou… référendaires. Les résultats du référendum de ce 29 mai portant sur le traité établissant une constitution pour l'Europe doivent amener à s'interroger sur les nécessaires liens entre expression de la souveraineté populaire et responsabilité politique de ceux et celles qui exercent le pouvoir , à quelque échelon que ce soit. La victoire du Non constitue à l'évidence un cinglant désaveu pour tous ceux qui se sont engagés en faveur de la ratification du texte en question. Et plus particulièrement pour le premier d'entre eux, le président de la République, dont les intervention successives, bien souvent totalement déphasées et contre-productives, n'ont pas été en mesure d'inverser la tendance. Dans le prolongement des élections régionales, cantonales et européennes de l'année 2004, le chef de l'Etat essuie un échec supplémentaire qui ne souffre d'aucune contestation. Un échec qui prend les allures d'une véritable motion de censure grandeur nature à l'encontre de la politique menée depuis sa réélection en 2002, car il est évident que les citoyens français ont compris la filiation qui existait entre la politique de casse sociale entreprise depuis 2002 sous les auspices du président Chirac et le contenu du traité constitutionnel élaboré par la convention Giscard. Les deux avaient pour but d'inscrire comme unique horizon les principes d'une économie libérale triomphante et arrogante. Il s'agit désormais de ne plus esquiver les questions de fond et d'en tirer les conséquences politiques immédiates. Il apparaît impossible de faire comme si rien ne s'était passé. Un signal fort doit venir très rapidement en provenance de l'Elysée. Le départ de Jean-Pierre Raffarin de Matignon représente une première option. C'est certainement celle qui sera retenue, le premier ministre ayant cristallisé sur sa personne trop de critiques et de ressentiments, constituant de ce fait la victime expiatoire parfaite. Une solution de facilité en somme, mais qui ne serait pas en mesure de répondre à elle seule à l'immense aspiration qui s'exprime depuis plusieurs mois dans ce pays. Car son remplacement par Villepin, Alliot-Marie, Douste-Blazy ou consort ne signifierait pas un changement de cap de la politique gouvernementale. Une mesure vraisemblablement nécessaire, mais certainement pas suffisante pour la circonstance. La seconde possibilité réside dans la démission du chef de l'Etat. Il n'est guère contestable d'affirmer que sa légitimité et sa crédibilité en ont sérieusement pris un coup à cette occasion. Mais rien dans la Constitution française ne l'oblige à en tirer de telles conséquences : juridiquement il a le pouvoir de rester en place, légalement rien ne le force à partir, politiquement il avait pris soin de ne pas mettre son mandat en jeu. Cette option apparaît d'autant plus improbable qu'il y a bien longtemps que Jacques Chirac a cessé d'être réellement gaulliste, et plus encore gaullien, et qu'il devient manifeste que son seul projet consiste à préserver le pouvoir suprême qui lui a été conféré lors des élections présidentielles. Il nous apparaît que la solution la plus appropriée en la circonstance consisterait à procéder à la dissolution de l'Assemblée nationale afin de consulter les citoyens français. Car voilà plusieurs années que les Français rejettent pleinement et sans ambiguïté la politique libérale orchestrée de concert par le gouvernement Raffarin et le Medef, que ce soit par la voie des urnes ou dans la rue. Pour reprendre une formule que Jacques Chirac avait faite sienne dans les années 1980, le fossé entre le pays légal et le pays légitime ne cesse de se creuser. Si Jean-Pierre Raffarin avait déclaré non sans morgue en 2003 que ce n'est pas la rue qui gouverne, il devient véritablement attentatoire à l'idéal démocratique de vouloir diriger le pays contre l'avis des urnes ! Il en va de la vitalité de notre démocratie, pour laquelle il suffit d'observer la richesse des débats au cours de la campagne référendaire ou le taux de participation élevé pour se persuader qu'elle n'est pas aussi moribonde que certains discours catastrophistes voudraient bien le laisser entendre. Faisant confiance au degré de maturité d'un peuple que les partisans du oui les plus aigris rêveraient de dissoudre sur le champ, nous estimons au contraire primordial qu'il puisse à nouveau exprimer sont point de vue à l'occasion d'élections législatives anticipées. Nous en appelons donc solennellement à la dissolution de l'Assemblée nationale dans les plus brefs délais. Puisque le président de la République ne veut point se démettre de ses fonctions, et cela reste son droit le plus absolu, au moins qu'il accepte de se soumettre au message lancé par près de 55 % des suffrages exprimés dimanche 29 mai. Francis DASPE 30 / 05 / 2005 Quel avenir pour les collectifs unitaires ?Au petit jeu des gagnants et des perdants, le grand vainqueur du dernier scrutin est sans conteste le peuple qui s'est réapproprié plus que la vie politique : le débat politique. A cet égard, les près de 1000 collectifs unitaires qui ont fleuri aux cinq (!) coins de la France ont été une formidable courroie de transmission de l'information en même temps qu'un véritable espace de débat public et d'engagement citoyen. Pendant ces quelques mois, des personnes issus d'associations, de partis politiques ou de syndicats variés, ou plus simplement de « simples » citoyens, ont appris à travailler ensemble, à partager, à discuter, à aller au delà de leurs a priori et à mettre en commun leur engagement pour, au nom d'une idée supérieure, dépasser leurs clivages partisans. Pendant ces quelques mois, les tribunes de France ont été prises simultanément d'assaut par des dirigeants des diverses organisations de la Gauche anti-libérale. Olivier Besancenot avouait lors de son meeting au zénith de Paris le 14 avril que c'était la première fois qu'il pouvait répondre ainsi à une invitation du parti communiste français. Ce dernier, par son ouverture et les relais qu'il a su créer, a répondu pleinement aux attentes de la Gauche en ce sens et entend, d'après les dernières déclarations de Marie-Georges Buffet, continuer dans cette voie. Car le scrutin est maintenant derrière nous et il nous convient de mettre à profit cet énorme acquis. Nous devons savoir le faire dans les collectifs locaux. Les partis et organisations doivent aussi y prendre toute leur place. Ils ne peuvent faire l'impasse sur ce qui est le nouveau lieu du politique. Leur présence donne corps et sens aux collectifs. Mais les collectifs sont aussi maintenant ceux qui doivent apporter l'oxygène aux partis. C'est un travail dans lequel nous avons tous notre tâche à assurer pour faire encore un bout de chemin ensemble. Tous n'ont pas joué à fond le jeu de ces collectifs. Il n'est pas trop tard pour qu'ils y prennent réellement leur place à défaut de collectifs dans lesquels ils ne font l'unité qu'avec eux-mêmes. Les partisans du Oui sont bien sûr invités à venir découvrir ce qu'est une entreprise de terrain ou chacun met une part de lui-même pour que nous fassions demain un gros tout. Notre campagne était certes facilitée par le fait que tous les arguments étaient en notre faveur. Elle a pourtant dû surmonter la vindicte médiatique, l'arrogance et les insultes des dirigeants tenants du Oui. Mais de toute cette petite histoire de quelques mois, il peut en sortir une nouvelle façon de vivre la politique. Nous garderons bien sûr les uns et les autres nos domaines de compétence privilégiés. Mais c'est justement la foi qui est la notre, pour chacun d'entre nous, en certaines valeurs spécifiques qui fera que le projet que nous pourrons porter ensemble sera étoffé. En avant camarades, tout ceci n'est qu'un début ! François COCQ 30 / 05 / 2005 Communiqué de l'AGAUREPS-Prométhée relatif au référendum aux Pays-Bas :« Quand les peuples ont la parole… »Les Français l'ont remis à sa place dimanche, les Néerlandais l'ont définitivement enterré trois jours plus tard. Le traité constitutionnel européen est en effet mort-né après le raz-de-marée pour le Non lors du référendum aux Pays-Bas. La participation massive pour ce pays signifie là encore que le peuple s'est saisi avec acuité de l'enjeu et a rejeté avec force ce traité qu'on voulait lui imposer. Les 55 % français et les 63 % néerlandais, s'ils reposent sans doute sur des perceptions différentes de l'Europe, n'en sont pas moins des injonctions que les peuples ont données à leurs représentants. Celles de refuser une Europe qui continuerait à se construire dans le sens actuel. C'est aussi une responsabilité pour nous tous, ensemble désormais, de redéfinir un modèle européen à la hauteur des attentes de nos concitoyens. L'AGAUREPS-Prométhée entend avec d'autres s'atteler dès maintenant à la tâche. François COCQ 01 / 06 / 2005 |