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- Autogestion, qu'es-tu devenue ?
Extrait de l'intervention de Tony Andréani intitulée Surmonter les contradictions de l'autogestio n au second Forum social européen (FSE).
Je vais surtout vous parler des malheurs de l'autogestion et de la voie pour les surmonter. Qu'est-il donc arrivé à l'autogestion pour qu'elle finisse à se retourner en son contraire ?
Ce qui était un mouvement anarchiste de gauche, lié à une vielle tradition du mouvement ouvrier, est devenu un projet anarchiste de droite, synonyme de désétatisation, de privatisation, de dérégulation. Ce qui devait être une réhabilitation du politique, une exaltation du plan démocratique, est devenu une soumission aux lois de l'économie de marché.
Voyez par exemple le parcours de Michel Rocard. Ce qui était un appel à l'autogouvernement des travailleurs, est devenu accompagnement social de la gestion capitaliste, voire participation à la propriété (actionnariat salarié). Voyez l'évolution de la CFDT. Que s'est-il passé ? […]
Transmis par Eric COSSEVIN le 15 / 10 / 2005
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Logement, pauvreté et précarité à Paris
Récemment, une information distillée dans les médias aurait dû retenir l'attention de nombre de commentateurs. Or, de manière certainement significative, elle est passée quasiment inaperçue ou a été très vite oubliée. Il s'agit pourtant d'une des données les plus alarmantes et les plus scandaleuses qu'il nous soit donné de vivre.
Devant la recrudescence des difficultés de logement, une enquête stipulait que 30 % des SDF (sans domicile fixe) de Paris possèdent un emploi ! Pour une bonne partie, il ne s'agit donc pas d'exclus du monde du travail ou de marginaux ayant plus ou moins choisi un tel mode de vie, comme on a trop souvent tendance à les décrire. Mais de personnes occupant un emploi, se levant le matin (ou ne dormant pas nuit…) pour aller travailler. Et pourtant, celles-ci n'arrivent pas à trouver un logement stable et décent !
La résolution de la question ô combien délicate du logement (¹) ne doit pas être déconnectée de l'inquiétant gonflement du nombre des travailleurs pauvres (²). C'est une vision globale des ces problèmes qu'il faille mettre en avant si l'on veut obtenir des résultats probants en la matière.
L'actuel gouvernement n'en prend malheureusement pas la direction. La construction de logements doit constituer à la fois une urgence sociale et une priorité budgétaire. Ce n'est pas non plus en se contentant de multiplier les cadeaux aux catégories les plus aisées, détentrices de logements non occupés ou susceptibles d'en construire, par des incitations fiscales dont on sait pertinemment et par expérience qu'elles dépassent rarement le simple « effet d'aubaine » pour privilégiés (³).
Dans le même temps, il apparaît nécessaire d'inverser la tendance de dégradation continue du pouvoir d'achat des salariés les plus modestes. Les salaires doivent faire l'objet de réévaluations significatives. De même, la généralisation croissante de la précarité rend encore plus difficile l'obtention d'un logement quand on sait que des cautions de plus en plus élevées et des garanties de plus en plus drastiques sont demandées.
Le logement ne saurait être une marchandise comme une autre, et encore moins un objet de vile spéculation pour nantis. L'enjeu est trop crucial : il en va de la cohésion sociale nationale !
(¹) Voir sur le site de l'AGAUREPS-Prométhée ( www.agaureps.fr.st ) dans les Brèves de Mai 2004 le texte de Sylvie ERBANI intitulé « La dégradation de la question du logement .
(²) Voir le texte de François COCQ intitulé « Halte aux travailleurs pauvres ! » de février 2005 sur le site de l'AGAUREPS-Prométhée : www.agaureps/fr.st
(³) Consulter les Actes de la réunion de travail de l'AGAUREPS-Prométhée par Francis DASPE, « La loi Borloo dite de cohésion sociale », avril 2005 sur www.agaureps.fr.st
Sylvie ERBANI 02 / 11 / 2005
- Actualité et urgence de la question des impôts
L'offensive néolibérale ne se dément pas depuis plusieurs décennies. Elle prend à l'occasion des formes et des procédures pour le moins variées. La thématique de l'impôt sur le revenu constitue à cet égard un angle d'attaque privilégié. Plusieurs projets l'ont montré sans ambiguïté. L'objectif recherché est clair : rompre définitivement avec l'idée d'un impôt sur le revenu redistributif.
Le gouvernement français, sous couvert de simplification, a proposé de réduire le nombre de tranches d'imposition à 4. Sans oublier d'en profiter au passage pour réduire le taux des tranches supérieures, afin, nous dit-on sans plaisanter, de revaloriser le travail et de récompenser le mérite. Comme si seules les personnes aux revenus élevés réalisaient un travail véritablement utile qui justifierait de tels cadeaux fiscaux.
Une étape supplémentaire fut franchie en Allemagne par celui qui était annoncé comme le futur ministre des Finances en cas de victoire aux élections de septembre dernier de la candidate de la CDU, Angela Merkel. Pour Paul Kirchhof, il s'agissait d'un projet fiscal absolument révolutionnaire puisque, dans un souci de simplification là aussi, il promettait une tranche d'imposition unique fixée à 25 %, quel que soit le type de revenu. Autrement dit, riche et pauvre devraient s'acquitter de l'impôt sur le revenu dans la même proportion ! Prendre un quart d'un salaire minimum ou un quart de revenus boursiers juteux ou (et) de parachutes en or ne représente pas le même effort à consentir…
Un autre projet consiste à modifier l'esprit de l'ensemble du système fiscal. Jacques Marseille, historien s'étant fait depuis quelques années l'inlassable propagateur des idées libérales, estime que l'impôt sur le revenu est devenu injuste en raison notamment de la multiplication des niches fiscales. La solution qu'il préconise serait de lui substituer un impôt général sur la consommation, une sorte de super TVA généralisée. Puisque les riches consomment plus que les pauvres (et pour cause…), ils paieraient davantage d'impôt ! Argument se voulant imparable. Vieille antienne libérale que de substituer aux citoyens liés entre eux par un ensemble de droits et de devoirs de nature politique des consommateurs isolés les uns des autres.
Les projets d'iniquité fiscale sont renforcés par la pente actuelle incitant à substituer un ensemble d'impôt locaux et de taxes indirectes à une part de plus en plus élevée des impôts sur le revenu (sachant que l'ISF, impôt de solidarité sur la fortune, est actuellement dans le collimateur du gouvernement). Or, il faut savoir que les impôts locaux et les taxes indirectes sont particulièrement injustes car elles ne dépendent pas de la capacité contributive des citoyens et du niveau de leurs revenus. Le raisonnement s'appuie sur un cynisme de fort mauvais aloi en la circonstance : puisque les pauvres sont nettement plus nombreux que les riches, faisons payer les pauvres !
La question fiscale, et de l'impôt sur le revenu plus particulièrement, représente une donnée fondamentale pour l'élaboration d'un projet de gauche cohérent et crédible. C'est ce qui permettra de donner les marges de manœuvre nécessaires à sa mise en pratique. Il s'agit aussi d'un des fondements du modèle social français sur lequel repose le pacte républicain.
Francis DASPE 02 / 11 / 2005
- Du « mollétisme » inversé ?
Aujourd'hui, dans la plupart des partis ou associations de gauche, l'accusation de « mollétisme » est marqué du sceau de l'ignominie et discrédite ceux qui en sont taxés. Du nom de Guy Mollet, ancien dirigeant emblématique d'une SFIO alors déclinante et président du Conseil en 1956 et 1957 d'une IV° République également déclinante, rappelons que le « mollétisme » consiste à utiliser un discours radical, voire jusqu'au-boutiste ou révolutionnaire, quand on est dans l'opposition, pour ensuite, une fois parvenu au pouvoir, et donc en situation de mettre en pratique ses promesses, de mener une politique des plus timides, très nettement en deçà des espérances suscitées.
Voici un extrait lu récemment et qui a retenu notre attention :
« L'un des traits les plus originaux de la période, dans le champ des structures sociales, et qui est aussi l'un des plus troublants, est l'émergence d'un nouveau groupe dominant. Cette nouvelle aristocratie émerge d'une alliance implicite entre des grands dirigeants d'entreprise, des financiers, des cadres élevés de l'industrie et des services, certains hauts fonctionnaires de l'Etat et des privilégiés des médias.
Tout en invoquant le modernisme et sous prétexte d'adaptation à l'époque, ce groupe opère un retour en arrière pour adopter une vision des rapports sociaux qui s'inspire d'un passé lointain, dans le sens où il distingue totalement son sort de celui des autres. Il est en quelque sorte le nouveau « groupe » de prestige du monde moderne. Ce groupe enjoint les autres catégories sociales de faire des sacrifices, au nom de la compétition mondiale ou de l'équilibre de l'économie, mais ne consent pour lui-même à aucun effort ou renoncement et ne conçoit même pas que la question se pose.
Le discours des représentants de ce groupe nouveau oscille constamment entre l'insensibilité sociale et la bonne conscience idéologique. »
A ces quelques lignes, nous n'ajouterons ni ne retrancherons quoi que soit tant nous partageons les fondements de cette analyse, considérant qu'elle décrit avec justesse la situation actuelle, mettant en exergue les vrais privilégiés de la société d'aujourd'hui.
Le seul bémol, c'est quand on regarde qui en est l'auteur… Il s'agit d'un morceau choisi du tout dernier livre de Lionel Jospin, intitulé Le monde tel que je le vois . Car, si l'on se souvient bien, le gouvernement dirigé par l'exilé volontaire de l'île de Ré a accumulé les décisions qui ne mettait pas en cause le moins du monde, et c'est un doux euphémisme, l'émergence et la suprématie de cette « nouvelle aristocratie » bouffie d'arrogance, de morgue et de condescendance. Que l'on songe pour s'en convaincre à la baisse de l'impôt sur le revenu pour les tranches supérieures, à la défiscalisation des stocks-options, aux ouvertures à la concurrence du capital des entreprises publiques, à la signature des traités d'Amsterdam (pour commencer…) et de Barcelone (pour finir…).
Habituellement, c'est avant d'avoir exercé le pouvoir que l'on tient un discours aussi radical ; après l'épreuve des responsabilités et des reniements qui vont trop souvent de concert, vient le temps des auto-justifications où l'on s'évertue d'expliquer que l'on ne pouvait pas faire autrement au nom de la réalité et de l'adaptation au monde. Le dernier ouvrage de Michel Rocard en offre d'ailleurs à cet égard un exemple significatif.
Mais avec Lionel Jospin, rien de tout cela : le « mollétisme » vient après l'exercice du pouvoir ! Tant et si bien que l'on pourrait y discerner en creux une autocritique en règle. Ce qui, pourtant, n'est certainement pas le genre de la maison !
A moins que nous nous trompions tous : ce livre est peut-être le prémisse d'une future campagne électorale… pour 2007…
Francis DASPE 03 / 11 / 2005
- Les remplacements de courte durée ou le libéralisme illustré
Le décret en date du 26 août 2005 fournit les précisions nécessaires à la mise en application d'un des éléments majeurs de la loi d'orientation Fillon, les remplacements dits de courte durée. Le principe en est extrêmement simple : les classes d'un professeur absent pour une durée inférieure à 15 jours pourront être prises en charge par un ou plusieurs de ses collègues du même établissement en plus de leurs obligations de service hebdomadaires statutaires. Le remplacement pouvant se faire plus ou moins au pied levé, éventuellement par un collègue d'une autre matière ou n'ayant pas la classe habituellement, car en la matière aucune règle n'est fixée : l'objectif est de faire en sorte que les élèves aient à chaque moment de la journée un adulte devant eux.
Cette disposition en apparence anodine, voulant de surcroît se draper des oripeaux du bons sens et de l'évidence au motif de « mieux assurer la continuité du service public », constitue en fait une parfaite illustration d'une gestion libérale que l'on voudrait imposer à l'Ecole. Deux aspects sont prioritairement concernés dans cette volonté.
Il s'agit en premier lieu d'une attaque en règle contre les statuts, de professeur en particulier et de fonctionnaire en général. Pour les libéraux, le statut de fonctionnaire tel qu'il est défini pour les enseignants par le décret du 25 mai 1950 constitue une insupportable « rigidité » qu'il faudrait éradiquer au plus vite. Pour ce faire, déréglementation, dérégulation, polyvalence accrue et flexibilité doivent être à l'ordre du jour. Et si au passage, on procède à un appesantissement et à une intensification des tâches demandées, ce sera tout bénéfice !
D'autant plus que les gisements d'économies budgétaires se profilent en arrière-plan de cette mesure : extinction programmée des titulaires-remplaçants jugés trop onéreux (mais pourtant nécessaires), diminution attendue des personnels de vie scolaire, puisque les professeurs assureront une partie des tâches de surveillance qui incombaient jusqu'à présent aux maîtres d'internat et surveillants d'externats (MISE) déjà transformés en assistants d'éducation (AE).
Cette « révolution copernicienne » d'inspiration libérale sur le modèle anglo-saxon du statut et des missions des enseignants, Claude Allègre en avait rêvé : le duo Fillon/De Robien est en passe de la réaliser !
La question est de savoir également à qui incombe la responsabilité d'assurer les remplacements. Jusqu'à présent, dans le cadre d'un service public national d'enseignement, il était convenu qu'il s'agissait d'une responsabilité d'Etat exercée dans chaque académie par les rectorats. Pour les fervents adeptes d'une gestion libérale, la stratégie consiste à transférer les responsabilités (et les charges financières ou autres tracas administratifs qui vont avec) aux échelons inférieurs. Et ce au nom d'une plus grande autonomie et d'une décentralisation accrue, toutes deux parées de nombreuses vertus, bien entendu… C'est ainsi que le choix a été fait de faire reporter sur les établissements cette responsabilité.
En premier lieu, aux chefs d'établissement puisque de plus en plus on voudrait les transformer en chefs d'entreprise ou en managers. Ensuite, l'idée d'y associer les professeurs a germé. C'est l'objet des protocoles locaux qui est doivent être négociés et élaborés au sein de chaque établissement. Le protocole est sensé fixer les objectifs, les priorités et les modalités pratiques d'organisation de ces remplacements de courte durée. Présentés en conseil d'administration, les protocoles ont pour but de définir des règles communes afin que celles-ci s'imposent à ceux qui auraient l'outrecuidance de les récuser. Une étape supplémentaire serait de la sorte franchie dans le souhait de transformer les professeurs, fonctionnaires chargés d'une mission de service public définie nationalement, en simples salariés du conseil d'administration représentants le plus souvent d'intérêts locaux.
Voilà une mesure qui pourrait passer pour anodine, mais qui en réalité s'inscrit dans un plan d'ensemble pour faire passer un des derniers bastions de résistance sous les fourches caudines du libéralisme.
Francis DASPE 10 / 11 / 2005
- Une face peu reluisante de la constitution irakienne
L'administration Bush s'est félicitée de la tenue du référendum portant sur la ratification de la future constitution irakienne. Les Irakiens se sont donc donnés, malgré les bombes qui ont explosé ici ou là et les attentats-suicides qui ont émaillé le scrutin, une nouvelle règle du jeu politique destinée à en finir définitivement avec les heures sombres de l'ère Saddam Hussein. Les commentateurs ont dans l'ensemble loué les vertus du texte : il symboliserait le retour à la démocratie d'un Irak libéré par les forces américaines.
Mais quelques uns des aspects ont semble-t-il échappé à la sagacité de certains. Il en va ainsi de l'article 2 qui stipule qu'« aucune loi ne pourra contredire les lois incontestées de l'islam » ! Cela signifie qu'au final, et en cas de litige, ce seront les autorités religieuses qui auront le dernier mot. Dans ces conditions, point n'est besoin de Conseil constitutionnel à la française ou de Cour suprême à l'américaine : les chefs religieux se chargeront d'édicter ce qui est autorisé et ce qui ne l'est pas, possédant toute latitude pour interpréter à leur guise les sourates du Coran…
Autrement dit, on risque de se rapprocher plus vite qu'on ne le pense de la situation existant en Iran ou en Arabie saoudite. La laïcité n'aura pas droit de cité en Irak. A cela se surajoute la pente de plus en plus accentuée vers un démantèlement du pays sur une base ethnico-cléricale, entre sunnites, chiites ou kurdes pour ne citer que les principales composantes de la population irakienne.
Difficile de se satisfaire béatement d'une telle évolution réservée à l'ancienne Mésopotamie. Que ne ferait-on pas pour quelques litres de pétrole en plus…
Francis DASPE 12 / 11 / 2005
- Les enseignements des élections polonaises
La Pologne vient de connaître des échéances électorales qui se sont terminées par la victoire de Kaczynski et de … Kaczinski. Les deux rounds électoraux ont été remportés par les frères jumeaux Kaczynski, Jaroslav, vainqueur des élections législatives de septembre, et Lech, triomphateur des présidentielles d'octobre. Notons au passage que pour ne pas hypothéquer les chances de succès aux présidentielles de Lech, Jaroslav avait renoncé à devenir chef du gouvernement.
La nouvelle configuration de l'échiquier politique polonais apparaît singulièrement déséquilibrée. Le glissement à droite est d'une netteté à la fois prodigieuse et inquiétante. Les deux partis désormais dominants se situent à droite : les catholiques conservateurs du PiS (Droit et Justice) et les libéraux du PO (Plate-forme civique). Tous deux, d'un poids quasiment équivalent, sont issus de la mouvance historique du syndicat Solidarité (Solidarnosc) .
La débâcle de la gauche polonaise est totale. Les sociaux-démocrates, dont une grande partie provient de l'ancien parti communiste, ont dégringolé à 11 % lors des législatives et n'ont même pas été en mesure de présenter un candidat aux présidentielles. Pourtant, le président sortant, qui ne pouvait pas se présenter une nouvelle fois au terme de deux mandats, Aleksander Kwasniewski, était membre du SLD , le parti social-démocrate. Mais il faut dire que, de sa lointaine filiation avec le parti communiste d'antan, le SLD au pouvoir au cours des dernières années avait conservé bien de peu de choses : il s'est rallié très largement à une gestion libérale de l'économie et a versé dans l'atlantisme en étant un des plus fermes soutiens de l'intervention américaine en Irak. En dépit de cela, un des thèmes les plus présents au cours des campagnes a été celui de la « décommunisation » de la société polonaise.
Mais la question qui fut au centre des débats fut celle du libéralisme économique. Les programmes économiques des deux principaux partis de droite était tellement divergents qu'ils n'ont pu s'entendre pour former une coalition gouvernementale comme cela était initialement prévu. Le glissement accentué à droite du fait de l'émergence de formations politiques nettement situées à droite, quand ce n'est pas davantage, a servi de solution de repli au PiS . C'est en effet sur ces partis que le nouveau premier ministre Kazimierz Marcinkiewicz s'est appuyé pour constituer son gouvernement. On y note le soutien de la droite populiste de Samoobrona (Autodéfense), de l'extrême droite catholique, de la Ligue des familles polonaises (LFP) et du parti paysan.
Le PiS a construit son succès sur un double discours qui lui a permis de ratisser large : une posture d'extrême droite se caractérisant par une intransigeance notoire dans le domaine des mœurs et des questions de société, une rhétorique à certains égards néo-communiste par un refus des solutions libérales que préconisaient le PO . Le PiS s'est alors fait le héraut d'une sorte de protectionnisme social qui a permis le ralliement autour de lui d'une coalition pour le moins hétéroclite rassemblant intégristes catholiques, antisémites fascisants, homophobes impénitents, ouvriers et paysans nostalgiques d'un socialisme sécuritaire.
Les résultats de ces élections confirment quelques tendances lourdes qui s'affirment un peu partout en Europe. Une fois de plus, le projet libéral est massivement rejeté par les populations. Mais quand la gauche se trouve dans l'incapacité de proposer un programme alternatif suffisamment crédible, ce sont les forces populistes qui raflent la mise en prospérant sur la peur et le désarroi. Et quand cela est le cas, le glissement à droite, particulièrement net, notamment en termes idéologiques, laisse malheureusement augurer d'un cycle de régressions préoccupantes. Il faut y ajouter si l'on compléter le tableau la très forte abstention qui a avoisiné les 60 %. Les désillusions portent en leur sein la régression comme la nuée l'orage. A méditer…
Francis DASPE 15 / 11 / 2005
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