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A propos de la Loi Organique relative aux Lois de Finance (LOLF)En ce qui concerne la modernisation des finances de l'Etat, il s'agit d'une loi organique du 1° août 2001 : la LOLF, votée à l'unanimité par le parlement (proposition de loi de Didier Migaud, rapporteur du rapport du même nom). Il s'agit en simplifiant d'un changement radical qui ne dit pas son nom, de l'influence du Parlement sur le fonctionnement des services de l'Etat. La France était un des seuls pays du monde industrialisé à ne pas fonctionner par la gestion par programme. Ce sera fait le 1° janvier 2006 (l'Australie a changé en 2000). Dorénavant, le Parlement ne votera plus le budget sous forme d'un seul vote forcé des "services votés" représentant 94% du budget et se bagarrer sur les 6% qui restent "mesures nouvelles". Le Parlement votera chaque mission une à une et les ministères devront justifier l'emploi de leurs crédits, atteindre ensuite les objectifs validés par le pouvoir politique et subir une évaluation continue (objectifs assignés et indicateurs de résultats). A l'américaine. Un programme contiendra les ressources de son objectif: crédits de personnels, de fonctionnement et d'investissement. Ces crédits seront fongibles entre eux. Mais que dans un sens : il sera possible de diminuer les crédits de personnels au profit d'autres besoins, mais pas l'inverse. La responsabilité de cette fongibilité fait l'objet en ce moment d'une lutte de pouvoir inquiétante qui conférera un rôle de Baron de la République à son gestionnaire (qui du Préfet, Trésorier payeur général, préfet de région, ministères, etc...). Pour l'instant, c'est promis, on crée les programmes et on ne
les enlèvera pas. Mais dans le futur, qu'adviendra-t-il des agents
d'un programme supprimé ? Comme aux Etats-Unis : licenciement sec
avec la fin des crédits? L'armée américaine fonctionne
depuis toujours comme cela (l'Acountability). Pour prouver son efficacité
et sa nécessité, donc ses crédits, l'Armée
a tout intérêt à guerroyer, donc à désigner
des ennemis quitte à en créer en cas de besoin. Je vois
très bien Sarkozy avec ce genre de manipulations... Pour info: l'enseignement supérieur et la recherche seront regroupés dans une même mission interministérielle sur lesquels viendront se greffer les programmes de recherche de tous les ministères. Cette réforme très technique est une réforme politique d'envergure qui se cache bien sous son coté d'obscure machine à gaz. 20 / 06 / 2004 Réflexions sur la « privatisation » de la Sécurité sociale Le plan de sauvetage de l’assurance-maladie présenté
le 16 juin 2004 par Philippe Douste-Blazy suscite des interprétations
parfois contradictoires. Une des questions en débat consiste à
savoir si le projet peut être considéré comme une
étape décisive vers la privatisation. Plutôt que de se concentrer sur la portée de telle ou telle
mesure à la fois technique et financière, il semblerait
plus opportun de consacrer notre pédagogie sur la méthode
gouvernementale déjà utilisée pour les retraites
et à l’œuvre pour EDF-GDF. Les similitudes sont frappantes
et significatives de la volonté gouvernementale. Nous ne devons pas nous faire abuser par une quelconque stratégie dilatoire en tombant dans le piège (si tant est qu’il s’agisse d’un piège…) des arguties de court terme d’ordre purement technique. C’est la philosophie d’ensemble du projet qu’il faut appréhender afin d’en discerner clairement les objectifs à moyen terme. Sans quoi les Français se réveilleront un jour en constatant que la Sécurité sociale, fondement du pacte social qui les unit et leur permet de mettre en pratique le vivre-ensemble éminemment républicain et social, a été privatisée. Sûrement après EDF-GDF qui elle-même fera suite à d’autres pour lesquels on nous avait pourtant assuré qu’il n’en serait rien… Francis DASPE 28 / 06 / 2004 Eléments sur la situation politique en IndeLes élections nationales du 15 mai 2004 ont modifié quelque peu la situation politique de l’Union Indienne. Elles ont vu le retour au pouvoir du Parti du Congrès. Si Sonia Gandhi a finalement renoncé à devenir chef du gouvernement, la victoire de la coalition structurée autour du Parti du Congrès a permis à Manmohan Singh d’accéder au poste de premier ministre. Promettant aux pauvres de l’Inde un « New Deal » lors de son premier discours à la nation, il a en outre déclaré que « la croissance économique n’est pas une fin en soi. C’est le moyen de créer des emplois, de bannir la pauvreté, la faim et l’absence de toit, d’améliorer les conditions de vie de la masse de notre peuple ». Puissent ces déclarations de (bonnes) intentions s’incarner dans des mesures quotidiennes concrètes. Et qu’elles soient entendues par les dirigeants de nos pays industrialisés… Le Parti du Congrès a exercé le pouvoir quasiment sans
interruption depuis 1947. Etroitement associée à l’indépendance
de l’Inde, la formation politique de Gandhi et de Nehru avait dû
cependant céder le pouvoir aux nationalistes hindous du Parti du
peuple indien (BJP), permettant à Atal Bihari Vajpayee de devenir
premier ministre. Un événement avait alors profondément
divisé la mouvance nationaliste hindoue : les émeutes de
2002 dans la province du Gujarat qui avaient vu près de 2 000 musulmans
être tués par des foules hindoues mues par un brusque accès
de haine. Le troisième parti indien est désormais le Parti communiste
de l’Inde marxiste (PCIM). Soutenant la coalition organisée
autour du Parti du Congrès, il a obtenu la présidence de
l’Assemblée nationale grâce au Bengali Somnath Chatterjee.
Deux raisons peuvent expliquer le succès des communistes lors des
dernières élections. La première est somme toute
classique. L’importance de la pauvreté urbaine visible dans
les bidonvilles et la persistance de la crise agraire, dans un pays où
60 % du milliard d’habitants vivent de l’agriculture, se sont
conjuguées dans vote qu’en Occident on qualifierait de contestataire.
Pour autant, considérer le vote en faveur du PCIM comme une réaction
de désespoir de la part des nombreux « laissés pour
compte » que compte l’Union Indienne serait particulièrement
réducteur. Francis DASPE 29 / 06 / 2004 Les Verts sont dans le fruitFaire de la politique nécessite, si l’on se dégage
de toute ambition carriériste, avoir une vision du monde et de
la société, s’engager et se battre afin que celle-ci,
sinon s’impose, du moins pèse sur les débats afin
d’améliorer les situations (de tout ou partie du peuple selon
la forme d’engagement !). Ainsi donc, c’est la vision d’un
idéal qui décrit le monde auquel on aspire qui permet ensuite
de décliner les différents thèmes à l’envi
afin de les faire entrer en cohérence avec l’objectif affiché. Pour autant, dégager de cette ambition une vision de société,
c’est, répétons-le, faire le chemin à l’envers.
C’est partir du particulier pour en dégager un modèle
collectif. C’est être libéral. C’est exactement
ce que sont les Verts. Un parti qui se fixe des objectifs propres à
un socle électoral tout en voulant les imposer, sous couvert de
modernité et d’émancipation sociétale, à
tout un peuple alentour. Un exemple flagrant en est la mairie de Paris
(ville bourgeoise par excellence), où, forts de leur place de choix
donnant une majorité absolue à Bertrand Delanoë, les
élus Verts se taillent la part du lion en attirant à eux
les mesures les plus spectaculaires (couloirs de bus, tramway, nuits blanches)
et ce au détriment du « petit peuple » parisien. Foin
de l’augmentation du chômage (11,5%) dans la capitale ou de
l’augmentation spectaculaire de la demande des logements sociaux
(100 000demandes), il faut selon eux privilégier un certain mode
de vie, rendre à la Ville lumière son oxygène et
son espace (des immeubles moins hauts). C’est cela faire de la ségrégation
positive. Conserver et multiplier pour une minorité électorale
bobo des avantages dans la qualité de vie. Entre le libéralisme
économique du gouvernement Raffarin et le libéralisme sociétal
de Contassot, Riou, Baupin ou encore Mamère, seule la bonne conscience
différencie les bénéficiaires de ces deux types de
corporatisme. Lorsque la Gauche en général, et le parti socialiste en particulier, succombent aux sirènes Vertes, c’est tout leur idéal qui s’en trouve dénaturé. C’est leur modèle de société qui se trouve bafoué. Ce n’est pas auprès d’eux que la Gauche doit chercher une quelconque modernité. Les Verts n’ont par essence pas la légitimité pour être un parti. Faire de la politique, c’est bien plus que cela. François COCQ 05 / 07 / 2004 Le retour de bâtonC’est avec un plaisir non feint que l’on a pu constater les
retournements de situation de l’affaire du RER D. Pour rappel, une
jeune femme de 23 ans déclarait s’être faite attaquée,
insultée, violentée avec derrière tout ceci un caractère
raciste non dissimulé qui aurait eu pour point d’orgue le
dessin au feutre de trois croix gammées sur son ventre. Durant
l’agression, qui aurait duré près d’un quart
d’heure, pas une des vingt personnes présentes ne serait
intervenue. Or voilà, il est avéré 72 heures plus
tard que tout ceci n’est que pure élucubration, que cette
jeune femme n’est qu’une « mytho » comme on dirait
au cœur de la banlieue au sein de laquelle elle aurait été
attaquée. François COCQ 13 / 07 / 2004 |