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La Droite telle qu’elle estIl est loin le temps où, au tournant du XX° siècle,
le terme péjoratif et un peu méprisant « d’opportunistes
» était affublé aux personnages d’une droite
modérée qui, derrière Raymond Poincaré, se
revendiquaient de la gauche (celle de l’établissement de
la République) et en étaient souvent issus. Il est bien
plus récent celui où au début des années 1990
certains observateurs différenciaient encore une droite libérale
(celle d’une Europe des régions, des communautés…),
d’une droite républicaine (centralisatrice, interventionniste
pour partie étatiquement, parfois nationaliste…). Car qu’en
est-il aujourd’hui de cette dernière ? Si l’UDF entretient,
malgré sa mise sous tutelle par l’UMP, la flamme d’un
certain libéralisme des mœurs et des idées, le parti
chiraquien (ou juppéiste, c’est à voir !) n’a
plus rien de commun avec la notion de République. Et s’il
en a un jour pour partie assimilé les contraintes à défaut
des exigences, c’est pour mieux les démanteler, les détricoter
dirait-on selon une forme qui est dans l’air du temps. François COCQ 07 12 2003 Quelle égalité pour l’impôt sur le revenu? Les discussions style « café du commerce » permettent
parfois d’apporter des clarifications nécessaires. Le cas
de la prétendue injustice de l’impôt sur le revenu
s’y prête à merveille.
Durand et Du Pont paient chacun 50 euros d’impôt. Si Du Pont gagne davantage, c’est donc qu’il le mérite et il n’y a aucune raison qu’il paie davantage d’impôt que Durand ! Certains (au gouvernement, c’est-à-dire au MEDEF en réalité…) pensent que c’est le principal moyen de revaloriser le travail… Du Pont s’acquittera d’un montant de 910 euros, Durand de 10 euros. Il restera à chacun la somme de 90 euros. La vraie égalité ! D’autres contesteront en parlant d’égalitarisme niveleur. Tous deux donneront 20 % de leurs revenus, soit 200 euros pour Du Pont
et 20 euros pour Durand. Du Pont gagne 10 fois plus que Durand, il paie
10 fois plus d’impôt, quoi de plus logique ? Il reste 800
euros à Du Pont, 80 à Durand. Mais les hiérarchies
n’auront pas été modifiées pour autant. Du Pont pourrait payer 50 %, soit 500 euros tandis que Durand paie 5 %,
soit 5 euros. Cela semble aux yeux du plus grand nombre une solution à
la fois « équilibrée, juste et équitable ».
La vraie égalité ! Elle a en fait un nom : l’impôt
progressif sur le revenu… Deux caractéristiques sont indispensables à l’impôt pour qu’on puisse parler d’égalité. Un projet affirmé de solidarité et une volonté claire de redistribution des richesses doivent en constituer les piliers. L’impôt progressif sur le revenu en possède les exigences intrinsèques. C’est donc, non point à sa destruction qu’il faut en appeler, mais bien au contraire à son renforcement dans le sens du double impératif de solidarité et de redistribution. C’est à cet effet qu’il faut rassembler nos énergies et tout notre sens pédagogique militant. Francis DASPE 12 12 2003 Dépasser les oppositions factices et stériles pour l’EcoleLe récent débat sur l’Ecole aura eu au moins le mérite de confronter des points de vue parfois différents quant au devenir de l’institution scolaire. Cependant, des convergences sont à l’occasion apparues nettement. C’est le cas par exemple de la nécessité de dépasser une bonne fois pour toutes les fausses oppositions qui parasitent la réflexion sur l’Ecole. Des oppositions que l’on peut sans peine qualifier de factices et stériles. La principale de celles-ci concerne l’antagonisme supposé entre instruction et éducation. Pour certains, le rôle de l’Ecole serait avant tout d’éduquer, secondairement d’instruire. Cette assertion se double d’une critique de l’école de Jules Ferry qui aurait fait le choix d’instruire, délaissant la fonction éducative. C’est oublier à l’évidence que cette école s’était donnée pour mission fondamentale de procéder à la socialisation des enfants qui lui étaient confiés. C’est également oublier prestement l’idéal des philosophes des Lumières du XVIII° siècle qui servit de pierre angulaire à l’institution scolaire : par l’acquisition de connaissances, chacun pourrait accéder aux conditions de sa propre liberté et émancipation. Pour pouvoir éduquer, socialiser comme d’autres auraient dit, l’acte d’instruire ne constitue-t-il pas une condition absolument nécessaire ? Et à l’inverse, pour pouvoir transmettre dans de bonnes conditions une instruction, ne serait-il pas préférable d’avoir affaire à des élèves éduqués ? Faire l’effort pour combler des lacunes d’éducation ne doit-il pas être considéré comme un préalable, et non comme une fin en soi ? Ceux qui ont opposé de manière artificielle les deux termes avaient en tête d’instruire moins, car jugé trop contraignant et relevant soi-disant de pratiques pédagogiques encyclopédiques. Au final, on s’est aperçu qu’ils n’éduquaient pas mieux pour autant : le développement de ce qui est pudiquement qualifié d’incivisme et d’incivilité prend racine, pour partie seulement car il convient de ne point exagérer non plus, dans la dissociation entre instruction et éducation. L’opposition récurrente entre prévention et répression a conduit de la même sorte à des effets négatifs et à des dérives regrettables. Il semble pourtant tomber sous le sens que les deux sont complémentaires et constituent les deux versants indispensables d’une même action éducative réellement efficace. Nous pourrions ajouter, non sans perfidie, que les formes de « prévention dissuasive et coercitive » sont parfois à privilégier car à haute valeur éducative. En somme, ce que certains pourraient appeler de la répression ! Dans la filiation des deux oppositions factices précédentes, une troisième a pris progressivement corps. L’Ecole nourrirait une incompatibilité irréductible entre le processus de construction des savoirs et celui de construction des personnes. Comme si on pouvait construire la personnalité de l’élève en dehors de, ou pire, résolument contre, l’acquisition de savoirs ! Comme si la transmission de savoirs se faisait de manière désincarnée, en ignorant la personnalité de chacun ! Il en est allé de même en ce qui concerne les connaissances et les méthodes, autrement dit des savoirs et des savoir-faire. L’apprentissage de connaissances fut dévalorisé au profit de la maîtrise de méthodes : alors que les premières étaient taxées d’encyclopédisme (la tête trop pleine), les secondes étaient considérées comme les seules à être réellement formatrices (la tête bien faite). Cette exagération s’est incarnée dans la formule qui fit florès : le fameux « apprendre à apprendre » qui se gardait bien d’apprendre quoi que ce soit. La déconnexion entre le contenu (les savoirs) et la méthode (les savoir-faire) a tendu à réduire l’acte d’enseigner à une simple procédure, un vague technicisme sur lequel les IUFM ont fait leur fonds de commerce. Le bon sens pédagogique semble pourtant indiquer que la maîtrise de méthodes va de pair avec l’acquisition de connaissances. En douter confine au pédagogisme. Ces faux débats qui prennent appui sur des oppositions en réalité factices et au final stériles nuisent véritablement à toute réflexion approfondie sur l’Ecole de la République. Il est impératif d’en sortir au plus tôt. Francis DASPE 13 12 2003 Défendre le peuple qui travaille et souffre… La raison d’être d’une Gauche fidèle à
des idéaux semble consister en la défense de la cause du
peuple. Pour cela, encore ne faudrait-il pas faire de confusions ou de
contresens. Confusion en assimilant quelque peu prestement les catégories
populaires à un vaste magma indistinct appelé classes moyennes
pour qui les revendications sociétales portées par les médiatiques
bo-bos l’emportent sur les revendications sociales. Contresens en
considérant que les aspirations populaires sont essentiellement
populistes, ringardes ou corporatistes, car relevant d’une «
France moisie ». Francis DASPE 14 12 2003 |