Tract conçu dans le cadre du Comité
Girondin pour le Non au traité constitutionnel européen
- Ce traité n’est pas démocratique…
- par les modalités de son élaboration (il n’est
pas l’œuvre d’une assemblée constituante élue
à cet effet, il n’y a pas de débats publics organisés,
il n’a même pas été à l’ordre du
jour des dernières élections européennes de 2004
!)
- par la forme et le contenu (c’est un texte démesurément
long et illisible, qui définit jusque dans le détail les
politiques à mener pendant les décennies prochaines : quel
sera alors le choix possible pour les électeurs, lors des prochains
scrutins ?)
- par la répartition des pouvoirs (l’essentiel du pouvoir
échoit à des organismes non élus et non directement
contrôlés par les citoyens : Conseil des ministres, Commission
de Bruxelles, Banque Centrale européenne indépendante, Cour
de Justice européenne par sa jurisprudence)
- par la quasi-impossibilité de réviser le traité,
ainsi immuable pour des décennies
- Ce traité « constitutionnalise » des politiques néolibérales…
- par son principe majeur qui est une « économie ouverte
où la concurrence libre et non faussée » (dès
l’Article I-3 et maintes fois répétée dans
la partie III)
- par l’assujettissement des droits sociaux à la compétitivité
de l’économie
- par les missions attribuées à la Banque Centrale Européenne,
en particulier l’objectif de la stabilité des prix au détriment
de la croissance et de l’emploi : c’est le choix des rentiers
- par la stricte orthodoxie monétariste
- Ce traité organise une régression sociale manifeste…
- par la porte ouverte aux délocalisations industrielles
et au dumping fiscal et social (en raison de l’interdiction apportée
à toute restriction à la liberté d’établissement
des entreprises, de la liberté de circulation des capitaux sans
le moindre contrôle, de l’impossibilité de procéder
à une harmonisation fiscale ou sociale)
- par la disparition du « droit au travail » qui devient
un simple « droit de travailler » !!! (Article II–75)
- par l’adoption, pour les questions sociales, de la règle
de l’unanimité, source de blocages
- par la soumission totale des droits sociaux au principe de la
loi du marché et de la concurrence
- Ce traité sacrifie les services publics…
- par la réduction des services publics à des «
services d’intérêt économique général
» (SIEG) totalement soumis aux règles de la concurrence et
de la rentabilité comme n’importe quelle entreprise capitaliste
(Article III-166 alinéas 1 et 2)
- par l’assimilation des aides publiques à des distorsions
au dogme de la « concurrence libre et non faussée »
(Article III-167 alinéa 1)
- Ce traité impose l’augmentation des dépenses militaires
sous la dépendance de l’OTAN
- parce que la politique de sécurité et de défense
commune de l’Union est soumise aux obligations découlant
du traité de l’Atlantique Nord et doit être compatible
avec celle de l’OTAN (Article I-41 alinéa 2)
- parce que l’OTAN reste le fondement de la défense collective
de l’Europe et l’instance de sa mise en œuvre (Article
I-41 alinéa 7)
- parce que les pays doivent s’engager à « améliorer
progressivement leurs capacités militaires » (Article I-42
alinéa 3)
- Ce traité ignore ou contourne la laïcité…
- par « l’oubli » de la référence
à la laïcité ou à la séparation de l’État
et des Églises dans l’article I-2 consacré aux «
valeurs de l’Union »
- par l’obligation constitutionnelle de maintenir un dialogue
permanent avec les Eglises (Article I-52 alinéa 3)
- par la liberté de manifester sa religion ou sa conviction
individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par
le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement
des rites (Article II-70 alinéa 1 qui consacre la fin de la neutralité
de la sphère publique) : à quand les chapelles, mosquées
et synagogues dans les écoles publiques ?
Ceux qui disent que l’on va voter « pour ou contre
l’Europe » mentent ! On va voter pour une manière
de faire l’Europe : au service des citoyens ou au service du marché
? Dire non à ce traité constitutionnel est indispensable
pour construire l’Europe sociale et démocratique.
Voici ce qu’en pensait Pierre Mendès-France devant l’Assemblée
nationale à l’occasion du débat du 18 janvier 1957
relatif à la ratification du traité de Rome (texte auquel
il s’était opposé) :
« Le projet du marché
commun, tel qu’il nous est présenté, est basé
sur le libéralisme classique du XIX° siècle, selon lequel
la concurrence pure et simple règle tous les problèmes.
[…] L’abdication d’une démocratie peut prendre
deux formes, soit elle recourt à une dictature interne par la remise
de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit à la
délégation de ses pouvoirs à une autorité
extérieure laquelle au nom de la technique exercera en réalité
la puissance politique, car au nom d’une saine économie on
en vient aisément à dicter une politique monétaire,
budgétaire, sociale, finalement une politique, au sens le plus
large du mot, nationale et internationale ».
|