| Le dossier qui suit est constitué de 3 documents.
Il s’agit d’un échange épistolaire entre Jacques
DELAVEAU, président du Mouvement de Sauvegarde, de Promotion et
de Démocratisation des Services Publics en Sud – Gironde,
et le Directeur de l’Hypermarché LECLERC de LANGON.
La première lettre est
une lettre ouverte signée Jacques DELAVEAU en date du 05 septembre
2003. Dans celle-ci, il regrettait que les vigiles du supermarché
en question interdisent la distribution de tracts informant sur l’évolution
des régimes de retraite et sur la remise en cause des Services
publics. L’autorisation de pouvoir distribuer des tracts en toute
liberté était alors demandée.
La deuxième lettre est
la réponse de M. le Directeur de l’Hypermarché Leclerc
de Langon datée du 03 octobre 2003.
La dernière lettre est
une nouvelle lettre ouverte de Jacques DELAVEAU en date du 30 avril 2004.
Jacques DELAVEAU est président du Mouvement de Sauvegarde,
de Promotion et de Démocratisation des Services Publics en Sud-Gironde.
Il est également membre de l’AGAUREPS-Prométhée.
Sommaire :
- Page 2 : Lettre ouverte du 05 09 2003 de Jacques DELAVEAU
- Page 3 : Réponse de M. le Directeur de l’Hypermarché
Leclerc de LANGON du 03 10 2003
- Page 4 : Seconde lettre ouverte du 30 04 2004 de Jacques DELAVEAU
Lettre ouverte
| Mouvement de Sauvegarde, |
Le 05 / 09 / 03, |
| de Promotion et de Démocratisation |
| des Services Publics |
à Mr le Responsable |
| en Sud-Gironde |
du Centre Leclerc de Langon |
Monsieur,
Lors d’une distribution de tracts informant sur l’évolution
des régimes de retraite et sur la remise en cause des Services
Publics nationaux, nous avons été interpellés par
vos vigiles qui nous ont interdit de distribuer tant sur les véhicules
de vos clients que sur ceux de vos employés. Nous savons que cette
interdiction est systématique.
Nous voudrions vous informer que nous ne sommes pas des délinquants
(ni casseurs, ni voleurs) à part de considérer que les militants
du mouvement social sont des « criminels » en puissance comme
tentent de le faire croire certains. Notre seule ambition est d’informer
l’ensemble de nos concitoyens (salariés du privé ou
du public, artisans, retraités, chômeurs, jeunes en formation…)
du caractère anti-social et régressif des mesures Balladur,
Fillon et Ferry et de leurs impacts sur l’avenir des retraites par
répartition et des Services Publics de qualité (Santé,
Education…).
La baisse du montant de la retraite peut aller jusqu’à 30%
pour un départ à 60 ans par rapport au montant versé
avant les mesures Balladur (partiellement en place) et Fillon à
venir. La baisse engendrée par ces décrets et ces lois ne
pourra qu’influer négativement sur la consommation des retraités
et de l’ensemble de la population. Tout le monde sait que si la
consommation est restée stable en France alors qu’elle baissait
dans les autres pays européens, c’est parce que de nombreux
retraités ont pu aider leurs enfants (chômage, salaires faibles…)
et petits enfants (poursuivant des études sans bourse…).
La décentralisation du financement des Services Publics ne pourra
qu’engendrer une augmentation des impôts locaux, qui sont
injustes car leur montant ne dépend pas des revenus. Ce sont les
salariés qui constituent votre clientèle qui seront les
plus frappés. D’autre part moins de Sécurité
Sociale et de Services Publics c’est plus de dépenses pour
se soigner, s’éduquer…
Les conséquences d’un tel scénario ne pourront qu’être
négatives sur l’activité de votre magasin et sur l’avenir
professionnel de votre personnel.
Il nous semble d’autre part que favoriser la circulation des idées
et des propositions ne peut qu’être bénéfique
au développement de la démocratie, du dialogue social et
à l’élévation du niveau de vie dont certains
ont tant besoin. Vous revendiquez un label écologique à
travers votre opération de suppression des poches ; il serait tout
à votre honneur de faire en sorte d’obtenir le label social
et démocratique.
Nous vous demandons donc de donner l’ordre à vos vigiles
de ne plus nous importuner lorsque nous distribuons sur les véhicules
de vos clients et sur ceux de vos employés.
Vous allez nous faire une objection : c’est un parking privé
et vous êtes donc seul maître à bord. Nous vous ferons
remarquer que nos boites aux lettres sont notre propriété
et pourtant vous n’hésitez pas à les faire bourrer
sans vergogne de publicité. (Vous n’êtes pas sans savoir
qu’un bon pouvoir d’achat est plus efficace pour relancer
l’activité économique que la publicité). Un
refus de votre part ne pourrait être interprété que
comme la volonté d’imposer un pouvoir patronal sans partage.
Venir vous demander l’autorisation à chaque distribution
comme nous le suggère vos vigiles n’est pas techniquement
possible.
En conclusion, nous vous proposons une rencontre pour faire
le tour des questions abordées dans ce courrier. Nous ne doutons
pas d’une réponse positive car dans vos campagnes de pub
vous prétendez comme nous, vouloir défendre le pouvoir d’achat
des consommateurs.
Veuillez recevoir, Monsieur, nos salutations citoyennes.
Jacques DELAVEAU
E.LECLERC
« Moléon » 33210 LANGON
A Monsieur Jacques Delaveau
Président du Mouvement de Sauvegarde, de Promotion et de
Démocratisation des Services Publics en Sud – Gironde
33 490 Saint – Pierre d’Aurillac
Langon, le 3 octobre 2003,
Nous avons lu avec intérêt votre lettre ouverte dans laquelle
vous avez tenté de nous sensibiliser sur l’avenir des retraites
et la qualité du service public.
Vous nous avez suggéré de « …nous honorer
d’un label social et démocratique en favorisant la libre
circulation des idées et des propositions… » et
il vous a semblé opportun et pertinent de nous demander de «
…ne plus vous importuner lorsque vous distribuez des tracts sur
les véhicules de nos clients et personnels … ».
Il ne nous est toutefois pas possible de vous satisfaire, en raison même
de notre attachement à cette démocratie que vous défendez.
Quelles que soient la noblesse ou le fondement des causes exposées,
nous avons pris le parti de ne pas exposer notre clientèle et nos
personnels à de tels débats alors qu’ils sont captifs
de notre stationnement et que leur présence sur celui-ci n’est
pas librement motivée autour de votre combat.
Par ailleurs, comment pourrions-nous autoriser une telle distribution
qui finirait, hélas majoritairement à terre, tout en nous
affichant avec notre enseigne, pour la protection de la nature et l’environnement
?
La liberté des uns finit où commence celle des autres,
nous apprenait-on à l’école !
Restons-en là … et tout comme vous ne souhaitez pas «
…vous voir imposer un pouvoir patronal sans partage… »,
gardez votre sens des valeurs et, pour le bien-être du plus grand
nombre, ne nous obligez pas, à intervenir à nouveau.
Tout en vous remerciant par avance, veuillez agréer, citoyen
président, nos salutations respectueuses.
Loïc LURASCHI, Directeur Hypermarché Langon
Lettre ouverte
| Mouvement de Sauvegarde, |
Le 30/04/04, |
| de Promotion et de Démocratisation |
| des Services Publics |
à Mr le Responsable |
| en Sud-Gironde |
du Centre Leclerc de Langon |
Monsieur le Directeur,
Après échanges avec d’autres associations, nous
tenons à faire un commentaire à votre réponse du
03/10/2003 et à en informer nos concitoyens le plus largement possible.
« ne pas exposer notre clientèle et nos personnels
à de tels débats alors qu’ils sont captifs…
»
Permettez-nous de vous dire que pour nous, un salarié ou un consommateur
est un citoyen en tous lieux et en tous temps. Le terme « captifs
» n’est-il pas révélateur de la nature
de la psychologie patronale ?
« comment pourrions-nous autoriser une telle distribution
qui finirait, hélas majoritairement à terre, tout en nous
affichant avec notre enseigne, pour la protection de la nature et de l’environnement
? »
Vous supposez que la majorité de nos concitoyens se désintéressent
de l’avenir de la Sécurité Sociale (retraites, maladies…)
et des Services Publics (éducation, santé, transports…).
Sachez que pour les salariés, l’organisation solidaire de
la société est primordiale pour leur vie quotidienne. Tout
le monde n’a pas les moyens de payer des écoles privées…
surtout dans le contexte actuel de baisse du pouvoir d’achat.
N’oubliez pas d’autre part que vous n’avez pas de leçon
d’écologie à nous faire, vu le nombre d’arbres
que vous sacrifiez sur l’autel de la pub et le nombre d’emballages
en polystyrène que vos clients sont obligés de jeter.
« La liberté des uns finit où commence celle
des autres… »
Etes-vous sûr qu’il n’y a pas de frontière dans
votre établissement ? On connaît la légendaire liberté
du renard dans un poulailler libre ! Malheureusement la liberté
syndicale des salariés finit où commence celle des profits
des actionnaires !
Pour finir, nous tenons à vous remercier pour votre campagne
de pub concernant la baisse du pouvoir d’achat. Mais permettez-nous
de vous faire encore deux remarques.
Vous avez mis du temps pour vous rendre compte de cette baisse (ce qui
n’est pas le cas des salariés, des retraités et des
chômeurs). La lecture de notre information vous aurait fait gagner
du temps (le temps c’est de l’argent !). Si vous aviez permis
la distribution de notre information aux consommateurs et aux salariés,
votre campagne n’en aurait été que plus efficace.
Vous auriez même peut-être pu vous en passer et faire des
économies pour satisfaire les appétits des actionnaires
! Encore une fois, vous êtes en contradiction avec votre campagne
de protection de l’environnement et de la nature car les affiches,
ce sont des arbres abattus.
Enfin, nous vous invitons à refaire une lecture approfondie de
notre courrier du 05/09/2003 pour comprendre qu’un bon pouvoir d’achat,
c’est plus efficace que la pub. Sachez que seule l’action
des salariés, des chômeurs, des consommateurs pourra obtenir
une augmentation du pouvoir d’achat.
Veuillez recevoir, Monsieur, nos salutations citoyennes.
Jacques DELAVEAU
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